Le projet minier de Tala Hamza, situé dans la wilaya de Béjaïa, suscite à nouveau des tensions en Kabylie. Annoncé comme l’un des plus importants gisements de zinc et de plomb d’Afrique du Nord, ce site cristallise les oppositions entre les autorités algériennes et les populations locales. Selon Mondafrique, qui a publié une enquête récente, le déploiement de forces de sécurité autour du périmètre minier alimente les craintes d’une militarisation de la région.
Le gisement de Tala Hamza, découvert dans les années 1980, est exploité depuis 2013 par l’Entreprise nationale des produits miniers non ferreux et des substances utiles (ENOF), en partenariat avec des investisseurs étrangers. Les réserves sont estimées à 34 millions de tonnes de minerai, avec une teneur moyenne de 4,5 % en zinc et 1,5 % en plomb. Pourtant, malgré ce potentiel économique, le projet peine à convaincre sur le terrain.
Un projet minier sous haute surveillance
La présence accrue de gendarmes et de militaires autour du site, justifiée par les autorités comme une mesure de protection contre les intrusions, est perçue comme une tentative d’étouffer les contestations. « C’est une stratégie de contrôle, pas de sécurisation », estime un élu local, qui préfère garder l’anonymat. Les rassemblements pacifiques organisés contre le projet ont parfois été dispersés, alimentant un climat de méfiance.
Des promesses économiques en suspens
L’ENOF, contactée par plusieurs médias, n’a pas répondu aux demandes d’éclaircissements sur les retards dans la mise en œuvre des compensations sociales et environnementales. Le ministère des Mines, quant à lui, a publié un communiqué en 2024 réaffirmant l’importance stratégique du projet pour l’Algérie, sans aborder les critiques.
Un modèle d’exploitation contesté
La Kabylie, région historiquement encline aux mouvements de protestation, n’est pas la seule concernée. D’autres projets, comme celui de la mine d’or d’Amesmessa dans le Hoggar, ont également suscité des tensions. Pourtant, des pays comme le Maroc ou la Mauritanie ont réussi à développer leur secteur minier en associant les communautés locales et en adoptant des normes environnementales strictes.
Vers une régulation plus stricte ?
Pour les habitants de Tala Hamza, l’urgence est ailleurs. « Nous ne sommes pas contre le développement, mais nous voulons qu’il soit équitable et respectueux de l’environnement », résume un membre d’une association locale. Sans réponse concrète des autorités, le projet minier risque de rester un symbole des dysfonctionnements du secteur, plutôt qu’un levier de croissance pour la région.