L’Algérie et l’Espagne ont récemment intensifié leur collaboration dans le domaine de la sécurité, marquant une étape significative dans les relations bilatérales entre les deux pays. Cette alliance, qualifiée d’ »acteur clé » par La Nouvelle Tribune, s’inscrit dans un contexte régional marqué par des défis sécuritaires croissants, notamment la lutte contre le terrorisme et la criminalité transfrontalière.
Un partenariat stratégique face aux menaces régionales
Selon des sources proches des ministères de l’Intérieur des deux pays, cette coopération s’articule autour de plusieurs axes prioritaires. Parmi eux, la surveillance des frontières, le partage de renseignements et la formation conjointe des forces de sécurité. La Nouvelle Tribune souligne que l’Espagne considère l’Algérie comme un partenaire indispensable pour stabiliser la région du Maghreb, en particulier face à l’instabilité en Libye et aux risques de radicalisation.
Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a récemment évoqué cette dynamique lors d’une rencontre avec des responsables espagnols. Les discussions ont porté sur le renforcement des patrouilles maritimes en Méditerranée occidentale, une zone où les trafics illicites et les migrations irrégulières restent une préoccupation majeure.
Lutte contre le terrorisme et cybermenaces
Un autre volet de cette coopération concerne la lutte contre le terrorisme. L’Algérie, qui a accumulé une expertise reconnue dans ce domaine, partage son expérience avec les autorités espagnoles, notamment en matière de détection des cellules dormantes et de prévention de la radicalisation en ligne. Lediplomate.media a récemment publié une analyse mettant en lumière le rôle de la Libye comme « pivot stratégique » de l’arc djihadiste transsaharien, soulignant l’importance d’une réponse coordonnée entre les pays de la région.
Les deux pays travaillent également sur des protocoles de cybersécurité, dans un contexte où les attaques informatiques ciblant les infrastructures critiques se multiplient. Des exercices conjoints ont été organisés en 2025, impliquant les agences de renseignement algériennes et espagnoles, pour tester leur capacité à répondre à des scénarios de crise.
Sécurité énergétique et stabilité économique
La coopération sécuritaire entre Alger et Madrid ne se limite pas aux questions militaires. Elle s’étend également à la protection des infrastructures énergétiques, un enjeu crucial pour les deux pays. L’Algérie, premier fournisseur de gaz de l’Espagne, joue un rôle central dans la sécurité énergétique européenne. Le Courrier d’Algérie a récemment rappelé que cette relation repose sur une « confiance mutuelle », renforcée par des accords bilatéraux garantissant la stabilité des approvisionnements.
Les autorités algériennes ont mis en place des mesures strictes pour sécuriser les gazoducs et les terminaux d’exportation, en collaboration avec les forces navales espagnoles. Cette vigilance s’est avérée nécessaire après plusieurs incidents en Méditerranée, comme celui impliquant un méthanier russe hors de contrôle en mars 2026, qui a suscité des inquiétudes jusqu’en Tunisie (Webdo).
Perspectives et défis
Si cette coopération est saluée par les observateurs, elle n’en reste pas moins confrontée à des défis. La porosité des frontières sahariennes, le trafic d’armes et la résurgence de groupes armés en Libye exigent une coordination accrue. Les deux pays envisagent d’élargir leur collaboration à d’autres partenaires maghrébins, comme le Maroc et la Tunisie, pour une approche régionale plus intégrée.
Les prochains mois pourraient voir la signature de nouveaux accords, notamment dans le domaine du renseignement et de la lutte contre le blanchiment d’argent. Pour l’Algérie, cette alliance avec l’Espagne représente une opportunité de consolider son rôle de puissance stabilisatrice en Méditerranée, tout en renforçant sa position sur la scène internationale.