Plus de 200 000 agriculteurs et agricultrices des zones arides algériennes vont bénéficier d’un programme conjoint du Fonds international de développement agricole (FIDA) et de la Banque asiatique de développement (BAsD). Selon ifad.org, cette initiative vise à renforcer la résilience des exploitations familiales face aux défis climatiques et à améliorer leur productivité grâce à des technologies d’irrigation adaptées.
Un partenariat ciblant les régions vulnérables
Les deux institutions prévoient d’investir dans des systèmes d’irrigation économes en eau, comme le goutte-à-goutte et l’irrigation solaire, déjà testés avec succès dans d’autres pays africains. Ces technologies permettent de réduire la consommation d’eau de 30 à 50 % tout en augmentant les rendements de 20 à 40 %, selon des études citées par le FIDA. En Algérie, où l’agriculture consomme près de 70 % des ressources hydriques disponibles, cette approche pourrait atténuer les tensions sur les nappes phréatiques surexploitées.
Des retombées économiques et sociales attendues
Les femmes, qui représentent près de 40 % de la main-d’œuvre agricole dans les zones ciblées, seront particulièrement accompagnées. Le programme prévoit des formations spécifiques pour les groupements féminins, ainsi que des mécanismes de microcrédit pour leur permettre d’investir dans des équipements adaptés. Cette dimension genre s’inscrit dans la stratégie nationale de promotion de l’agriculture familiale, qui mise sur l’inclusion des femmes pour dynamiser les économies rurales.
Un modèle reproductible pour l’Afrique du Nord
Les autorités algériennes ont salué ce partenariat, soulignant son alignement avec les objectifs du Plan national de développement agricole (PNDA) 2020-2024. Ce dernier vise à accroître la production locale de 30 % d’ici 2024, notamment dans les filières stratégiques comme les dattes, l’olivier et les légumes de saison. Les zones arides, souvent négligées par le passé, deviennent ainsi un levier pour atteindre l’autosuffisance alimentaire, un enjeu crucial dans un contexte de volatilité des prix mondiaux.
Des défis logistiques et financiers
Le second défi est financier. Bien que le FIDA et la BAsD aient mobilisé des fonds importants, le coût global du programme n’a pas été divulgué. Les bénéficiaires devront contribuer à hauteur de 10 à 20 % des investissements, ce qui pourrait freiner l’adhésion des plus précaires. Pour y remédier, des mécanismes de subvention et de prêt à taux zéro sont envisagés, en coordination avec les banques publiques algériennes.
Vers une agriculture plus résiliente
Les premiers résultats sont attendus d’ici deux à trois ans, avec une évaluation des impacts sur les rendements et les revenus des bénéficiaires. Si le projet tient ses promesses, il pourrait inspirer d’autres initiatives similaires, notamment dans le cadre de la coopération Sud-Sud promue par l’Algérie. Une chose est sûre : dans un contexte de changement climatique, l’innovation agricole n’est plus une option, mais une nécessité.