68 chercheurs algériens dans le top 2% mondial Stanford

Le classement de l’université Stanford pour l’année 2024 a placé 68 chercheurs algériens parmi les 2 % des scientifiques les plus influents au monde. Cette reconnaissance, relayée par Beur FM en septembre 2024, marque une étape dans la visibilité internationale de la recherche algérienne. Les noms des chercheurs concernés n’ont pas été tous dévoilés, mais plusieurs d’entre eux travaillent dans des domaines stratégiques comme les énergies renouvelables, la médecine et les sciences de l’ingénieur.

Parmi les institutions algériennes les plus représentées figurent l’Université des sciences et de la technologie Houari-Boumediene (USTHB), l’Université Ferhat-Abbas de Sétif et le Centre de développement des énergies renouvelables (CDER). Le professeur Mohamed Belhamel, directeur général du CDER, fait partie des scientifiques cités. Ses travaux sur le solaire thermique et le stockage d’énergie ont été largement cités dans des revues internationales. D’autres chercheurs, comme le Dr. Amine Boudghene Stambouli, spécialiste en génie électrique à l’USTHB, ont également été distingués pour leurs contributions dans le domaine des smart grids.

Ce classement, basé sur des critères comme le nombre de citations, l’impact des publications et la collaboration internationale, révèle une dynamique positive. Cependant, des défis persistent. Selon le rapport 2023 du ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche scientifique, l’Algérie ne consacre que 0,5 % de son PIB à la recherche, contre une moyenne de 2,2 % pour les pays de l’OCDE. Malgré cela, les chercheurs algériens parviennent à se distinguer grâce à des partenariats avec des institutions étrangères, notamment en France, en Allemagne et au Canada.

Le secteur de l’énergie domine les travaux des chercheurs algériens classés. Le CDER, par exemple, a publié plus de 200 articles en 2024 sur des sujets comme l’hydrogène vert et les systèmes photovoltaïques. En médecine, des équipes de l’hôpital Mustapha-Pacha et de l’Institut Pasteur d’Algérie ont contribué à des études sur les maladies infectieuses, notamment la résistance aux antibiotiques. Ces avancées sont cruciales pour un pays où les enjeux sanitaires restent prégnants, comme l’a souligné le récent rapport d’Allo Docteurs sur le retard de l’Algérie dans la lutte contre le VIH/Sida.

Les universités algériennes commencent aussi à structurer des programmes de recherche plus ambitieux. L’USTHB a lancé en 2024 un laboratoire dédié à l’intelligence artificielle appliquée à la santé, en collaboration avec l’Université Paris-Saclay. De son côté, l’Université de Constantine 1 a signé un accord avec le CNRS français pour des projets communs en archéologie et en sciences sociales. Ces partenariats permettent aux chercheurs algériens d’accéder à des financements et à des infrastructures de pointe.

Pourtant, des obstacles freinent encore l’épanouissement de la recherche en Algérie. Les jeunes docteurs peinent souvent à trouver des postes stables dans les universités ou les centres de recherche. Selon une étude du Syndicat national des enseignants du supérieur (SNES), près de 40 % des docteurs algériens formés à l’étranger ne rentrent pas au pays, faute de perspectives professionnelles. Le gouvernement a annoncé en décembre 2024 une augmentation du budget de la recherche scientifique, passant de 25 à 40 milliards de dinars. Une mesure saluée par le quotidien Le Jeune Indépendant, mais jugée insuffisante par les acteurs du secteur.

Les étudiants algériens pourraient bientôt bénéficier de nouvelles opportunités. Le programme Erasmus+, qui permet des échanges universitaires en Europe, pourrait s’ouvrir aux Algériens dès 2025, selon Visas & Voyages Algérie. Une telle initiative renforcerait les compétences des jeunes chercheurs et favoriserait les collaborations internationales. En avril 2026, l’Algérie a également franchi une étape sanitaire importante en éradiquant le trachome, une maladie infectieuse cécitante, comme l’a annoncé l’Agence presse service (APS). Cette réussite montre que la recherche médicale algérienne peut obtenir des résultats concrets.

Les 68 chercheurs algériens du classement Stanford ne sont pas seulement des individus brillants : ils incarnent un potentiel collectif. Leurs travaux prouvent que l’Algérie peut jouer un rôle dans la science mondiale, malgré des moyens limités. Pour consolider cette dynamique, les autorités devront non seulement augmenter les budgets, mais aussi simplifier les procédures administratives et encourager l’innovation dans le secteur privé. Des entreprises comme Sonatrach et Saidal pourraient jouer un rôle clé en finançant des chaires de recherche ou en recrutant des docteurs.

La reconnaissance internationale de ces chercheurs est aussi une invitation à repenser la place de la science dans la société algérienne. Les médias et les institutions éducatives ont un rôle à jouer pour valoriser ces succès et inspirer les jeunes générations. En attendant, les 68 noms du classement Stanford rappellent une évidence : la recherche algérienne existe, et elle compte.

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