L’université Paris-Dauphine, via son campus tunisien, a lancé récemment un programme d’executive education dédié à la finance islamique. Selon Jeune Afrique, cette initiative vise à répondre à la demande croissante de professionnels qualifiés dans ce secteur, notamment en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Si le projet est basé en Tunisie, il pourrait avoir des répercussions directes sur le marché algérien, où la finance islamique peine encore à s’imposer malgré un potentiel important.
Un programme adapté aux besoins des entreprises
En Algérie, où la finance islamique reste marginale malgré l’adoption de la loi bancaire en 2020, cette formation pourrait combler un vide. Les banques locales, comme Al Baraka Bank ou Al Salam Bank, peinent à recruter des profils spécialisés, faute d’offre académique locale. La formation de Dauphine Tunis, bien que dispensée en Tunisie, pourrait attirer des Algériens en quête de compétences pointues.
Un marché algérien en attente de structuration
Le gouvernement algérien a pourtant affiché sa volonté de développer la finance islamique, notamment pour capter l’épargne des ménages qui évitent les banques conventionnelles pour des raisons religieuses. En 2022, le ministre des Finances avait annoncé la création d’un comité dédié à la promotion de ces produits, mais les avancées concrètes restent limitées. La formation de Dauphine Tunis pourrait servir de catalyseur, en formant des professionnels capables de proposer des solutions innovantes.
Des opportunités pour les entreprises et les investisseurs
En Algérie, l’émission de sukuk pourrait financer des projets publics sans alourdir la dette conventionnelle. Cependant, l’absence de spécialistes locaux freine cette dynamique. Le programme de Dauphine Tunis pourrait ainsi jouer un rôle clé, en formant des experts capables de structurer ces produits et de convaincre les régulateurs de leur pertinence.
Un modèle à importer en Algérie ?
Le succès de cette initiative dépendra aussi de l’engagement des autorités. En 2023, la Banque d’Algérie a publié des directives pour encadrer les produits islamiques, mais leur mise en œuvre reste lente. Une formation de qualité, comme celle proposée par Dauphine Tunis, pourrait inciter les banques à investir davantage dans ce segment, en leur fournissant les compétences nécessaires pour innover.
Des défis à relever
Le programme de Dauphine Tunis ne résoudra pas ces problèmes à lui seul, mais il pourrait contribuer à les atténuer en formant des professionnels capables de proposer des solutions adaptées. Selon Jeune Afrique, l’université tunisienne prévoit déjà d’étendre son offre à d’autres pays africains, ce qui pourrait renforcer les échanges régionaux et favoriser l’émergence d’un écosystème plus dynamique.
En Algérie, où la demande pour des produits financiers conformes à la charia existe, mais reste insatisfaite, cette initiative pourrait marquer un tournant. Reste à savoir si les acteurs locaux sauront en tirer parti pour structurer un marché encore embryonnaire.