Imane Khelif boycotte les Mondiaux de boxe 2025

La boxeuse algérienne Imane Khelif a décidé de ne pas s’inscrire aux Championnats du monde de boxe féminine prévus en 2025, selon une information confirmée par L’Équipe en septembre 2025. Cette absence intervient dans un contexte de tensions persistantes avec la Fédération internationale de boxe (World Boxing), qui a récemment remis en question sa participation aux compétitions féminines en raison de tests génétiques jugés controversés.

Une décision sous le feu des polémiques

Le ministère algérien de la Jeunesse et des Sports a réagi en publiant un communiqué le 5 septembre 2025, qualifiant les tests de « non conformes aux principes d’équité sportive » et appelant à une « révision urgente des protocoles ». Le ministre, Abderrazak Sebgag, a déclaré à l’APS que l’Algérie « ne tolérera aucune forme de stigmatisation » envers ses athlètes, ajoutant que des démarches étaient en cours auprès du Comité international olympique (CIO) pour contester ces procédures.

Des tests génétiques au cœur du débat

World Boxing, qui a succédé à l’AIBA après sa suspension par le CIO en 2023, maintient cependant sa position. Dans un document interne consulté par Le Monde, la fédération affirme que ses protocoles sont « basés sur des preuves scientifiques » et visent à « garantir l’équité des compétitions ». Pourtant, plusieurs fédérations nationales, dont celles de l’Algérie, du Maroc et de la Tunisie, ont exprimé leur scepticisme, accusant World Boxing de cibler spécifiquement les athlètes africaines et asiatiques.

L’Algérie en première ligne

Le président de la Fédération algérienne de boxe (FAB), Mohamed Hattab, a annoncé le 10 septembre 2025 la création d’une commission d’enquête pour « documenter les irrégularités » subies par Khelif. Dans une interview accordée à El Watan, il a précisé que des juristes spécialisés dans le droit sportif étaient mobilisés pour « défendre les droits des athlètes algériennes sur la scène internationale ». Par ailleurs, la FAB a lancé une pétition en ligne, soutenue par plus de 50 000 signatures en une semaine, exigeant la fin des « tests discriminatoires ».

Quelles suites pour Khelif ?

Interrogée par El Khabar en août 2025, sa coach, Samia Meddah, a déclaré que Khelif « ne baissera pas les bras » et pourrait même envisager une reconversion dans le coaching ou l’arbitrage. « Elle a déjà prouvé qu’elle était une championne, malgré les obstacles. Maintenant, c’est au tour des institutions de la protéger », a-t-elle ajouté.

Un enjeu au-delà du sport

Pour l’avocate spécialisée en droit du sport, Fatima-Zohra Benbrahim, contactée par TSA, cette crise révèle un « vide juridique » dans les règlements internationaux. « Les fédérations ont le droit de fixer des critères, mais ceux-ci doivent être transparents, scientifiquement validés et appliqués de manière uniforme. Or, dans le cas de Khelif, on a l’impression d’un deux poids, deux mesures », a-t-elle analysé.

Vers une mobilisation panafricaine ?

En Algérie, la mobilisation dépasse le cadre sportif. Des associations féministes, comme Femmes en Mouvement, ont organisé des rassemblements devant le siège du ministère des Sports pour exiger « la fin des tests humiliants ». Sur les réseaux sociaux, le hashtag #JusticePourImane a été partagé plus de 200 000 fois, avec des messages de soutien de personnalités comme la chanteuse Souad Massi ou l’écrivaine Kaouther Adimi.

Un tournant pour le sport féminin algérien ?

Pour l’instant, la boxeuse garde le silence sur ses projets. Mais une chose est sûre : son combat dépasse désormais le ring. Il interroge la place des femmes, des Africains et des Algériens dans un système sportif mondial où les règles semblent parfois taillées sur mesure pour les puissants.

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