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**L’Algérie, laboratoire des paradoxes modernes**
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**Énergie : le gaz comme monnaie d’échange, la transition comme mirage ?**
Le vrai défi n’est pas technique, mais politique. Mourad Louadah, CEO d’IRIS JC IND, évoque le « partenariat » comme clé de la transition, mais qui sont les partenaires ? Les PPP (partenariats public-privé) en Afrique, note une étude citée, peinent à décoller en raison d’un manque de confiance institutionnelle. En Algérie, où l’État a historiquement verrouillé les secteurs stratégiques, la transition énergétique risque de devenir un nouveau champ de bataille entre logiques néolibérales et souveraineté nationale. Le gaz, aujourd’hui atout, pourrait demain être un boulet si l’Algérie ne parvient pas à industrialiser sa production d’énergies renouvelables – un secteur où elle dispose pourtant d’un potentiel solaire inégalé.
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**Femmes et visages effacés : le symptôme d’une société en crise de représentation**
Cette invisibilisation systémique contraste avec l’effervescence culturelle autour de Yennayer, le Nouvel An berbère, célébré avec faste à Paris comme à Béjaïa. Pourquoi l’Algérie peine-t-elle à reconnaître ses femmes comme actrices politiques, alors qu’elle exalte son patrimoine amazigh ? La réponse tient peut-être dans la nature même de ce patrimoine : Yennayer, fête agraire et solaire, incarne une tradition préislamique et précoloniale, donc « neutre » politiquement. Les femmes, elles, sont perçues comme un enjeu de pouvoir – d’où leur exclusion symbolique des espaces de décision.
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**Culture et patrimoine : l’Algérie entre folklorisation et réappropriation**
Pourtant, ces manifestations culturelles ne sont pas que des vitrines. Elles révèlent aussi une soif de réappropriation identitaire, notamment chez les jeunes générations. Le Nouvel An berbère, longtemps marginalisé, est aujourd’hui un marqueur de fierté nationale – et même un enjeu de soft power. Mais cette dynamique bute sur un écueil : l’État algérien, qui a longtemps nié la dimension amazighe de l’identité nationale, tente aujourd’hui de récupérer ce mouvement, comme en témoigne le programme culturel « officiel » à Béjaïa. La culture algérienne oscille ainsi entre résistance et instrumentalisation, entre subversion et folklorisation.
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**Diversification économique : le mirage des mines et le piège de la rente**
La vraie diversification nécessiterait une révolution industrielle et éducative. Or, les universités algériennes, malgré des dispositifs comme les bourses étudiantes, restent sous-financées et coupées des besoins du marché du travail. Le projet de loi de finances 2026, qui prévoit des budgets pour l’« action extérieure de l’État », ne dit rien des investissements dans la recherche ou l’innovation. Résultat : l’Algérie forme des ingénieurs et des médecins, mais peine à les retenir, faute d’un écosystème économique dynamique. La diversification, pour être crédible, devrait commencer par une refonte du système éducatif – ce qui supposerait une remise en cause des élites en place.
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**Mobilité et infrastructures : le métro comme métaphore d’un pays en mouvement (et en panne)**
Le métro d’Alger, fleuron des infrastructures algériennes, est aussi un symbole de l’ambivalence du pays. Conçu comme un projet pharaonique pour moderniser la capitale, il reste sous-utilisé en raison d’un réseau de bus défaillant et d’une culture de la voiture individuelle. Cette dichotomie entre infrastructures de prestige et services publics défaillants se retrouve dans d’autres domaines : l’Algérie construit des autoroutes et des ports, mais peine à développer un tissu de PME dynamiques. La mobilité, physique comme sociale, reste un privilège – et non un droit.
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**Artisanat et tourisme : le Sahara comme nouvelle frontière (néocoloniale ?)**
Le tourisme saharien, quant à lui, risque de reproduire les schémas du tourisme balnéaire : une exploitation des ressources naturelles et culturelles au profit d’une élite économique, sans retombées pour les populations locales. L’Algérie a ici une opportunité historique : développer un tourisme communautaire, ancré dans les savoir-faire traditionnels, plutôt que de céder aux sirènes du tourisme de masse. Mais cela supposerait une refonte des politiques publiques – et une remise en cause des logiques de prédation qui gangrènent le secteur.
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**Journalisme et cannabis : la légalisation comme miroir des tabous algériens**
Pourtant, cette audace reste marginale. Le journalisme algérien, comme le montrent les débats sur l’inclusion en Espagne ou l’accès à la culture en France, est pris en étau entre une presse officielle, souvent complaisante, et des médias indépendants, fragilisés par les pressions économiques et politiques. La question du cannabis, comme celle des femmes ou de la corruption, est symptomatique d’une société qui refuse de regarder ses propres contradictions en face. Légaliser le cannabis, ce serait reconnaître l’échec des politiques répressives – et donc remettre en cause le discours sécuritaire qui structure le pouvoir algérien depuis des décennies.
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**Synthèse prospective : l’Algérie à l’heure des choix**
1. Le scénario de la continuité : l’Algérie reste un État rentier, diversifiant superficiellement son économie (mines, tourisme) tout en maintenant un contrôle autoritaire sur la société. Les infrastructures se développent, mais les inégalités se creusent. La jeunesse, privée de perspectives, émigre ou se radicalise. La culture et le patrimoine deviennent des produits d’exportation, vidés de leur sens politique.
2. Le scénario de la rupture : une crise économique ou sociale (chute des prix du gaz, explosion du chômage) force l’État à engager des réformes structurelles. La transition énergétique devient une priorité, les PPP se multiplient, et l’Algérie s’ouvre aux investissements étrangers – au risque de perdre sa souveraineté. Les femmes et les minorités (amazighes, jeunes) gagnent en visibilité, mais