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**L’Algérie, laboratoire des tensions géopolitiques et des métamorphoses internes**
L’Algérie se tient aujourd’hui à l’intersection de plusieurs récits contradictoires. D’un côté, une puissance énergétique courtisée par l’Europe en quête de diversification post-guerre en Ukraine, de l’autre, une société en ébullition où les défis hydriques, la jeunesse entrepreneuriale et les fractures mémorielles dessinent les contours d’un pays en quête d’un nouveau contrat social. Ces actualités, apparemment disparates, tracent en réalité les lignes de faille d’un système où se heurtent héritages postcoloniaux, urgences écologiques et recompositions géoéconomiques. Derrière les accords gaziers et les salons des jeunes entrepreneurs se cachent des questions plus profondes : l’Algérie est-elle en train de devenir un hub énergétique pour l’Europe au prix de sa souveraineté hydrique ? La modernisation économique peut-elle se passer d’une refonte politique ? Et comment concilier mémoire et innovation dans un pays où l’histoire reste un champ de bataille ?
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**L’énergie, nouvelle monnaie d’échange : l’Algérie entre dépendance et levier stratégique**
L’accord énergétique avec l’Italie et le projet SoutH2 Corridor – ce gazoduc hydrogène reliant l’Afrique du Nord à l’Europe – ne sont pas de simples contrats commerciaux. Ils révèlent une bascule géopolitique : l’Algérie, longtemps marginalisée dans les équations énergétiques européennes, devient un acteur clé dans la transition du Vieux Continent. Pourtant, cette nouvelle centralité pose une question cruciale : l’Algérie est-elle en train de troquer une dépendance (celle du marché européen pour son gaz) contre une autre (celle des technologies et des financements étrangers pour développer l’hydrogène vert) ?
Le paradoxe est saisissant. D’un côté, le pays mise sur les énergies renouvelables pour diversifier son économie, comme en témoigne l’inauguration du bureau du Global Green Growth Institute (GGGI) à Alger, co-présidé par Ban Ki-moon. De l’autre, il reste prisonnier d’un modèle extractiviste où 90% des recettes d’exportation proviennent des hydrocarbures. La transition énergétique algérienne ressemble ainsi à une course contre la montre : comment financer les infrastructures vertes (désalinisation, solaire, éolien) sans tomber dans le piège de la dette ou de la privatisation déguisée ?
Cette tension se reflète dans le projet de gazoduc transsaharien avec le Nigeria, présenté comme une alternative au gaz russe. Mais qui en tirera réellement les bénéfices ? Les populations locales, souvent exclues des retombées économiques, ou les élites politiques et les multinationales ? La question de la redistribution des richesses énergétiques rejoint ici celle de la gouvernance : dans un pays où la corruption reste un fléau structurel (comme le rappelle l’actualité sur la lutte anti-corruption), comment garantir que les revenus du gaz et de l’hydrogène ne finiront pas dans les mêmes circuits opaques ?
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**L’eau, l’autre or noir : quand la crise hydrique révèle les limites du système**
Si l’énergie est le levier de la diplomatie algérienne, l’eau en est le talon d’Achille. Les mesures annoncées pour garantir l’approvisionnement en eau potable cet été – alors que 50% des barrages sont à sec – et la refonte du système de gestion ordonnée par le président Tebboune soulignent une urgence : l’Algérie est en train de payer le prix de décennies de gestion clientéliste et court-termiste de ses ressources hydriques.
Le contraste avec le Maroc, évoqué dans les actualités, est éclairant. Rabat a su investir dans des infrastructures de désalinisation et une gestion décentralisée de l’eau, y compris après le séisme de 2023. L’Algérie, elle, reste prisonnière d’un modèle centralisé et inefficace, où les pertes dans les réseaux de distribution atteignent 40%. Pire : la crise de l’eau exacerbe les inégalités territoriales. Les grandes villes (Alger, Oran) sont prioritaires, tandis que les régions rurales et les wilayas du Sud, déjà marginalisées, subissent des coupures chroniques.
Cette crise hydrique n’est pas qu’une question technique. Elle est politique. Elle révèle l’incapacité de l’État à planifier sur le long terme, mais aussi la défiance des citoyens envers les institutions. Comment croire en un système qui promet des solutions depuis des années sans jamais les concrétiser ? Les startups appelées à gérer les espaces verts à Oran (comme le suggère l’actualité) sont une réponse partielle, mais elles ne peuvent remplacer une politique publique cohérente. Sans une révolution dans la gouvernance de l’eau, l’Algérie risque de voir ses tensions sociales s’aggraver, surtout dans un contexte de changement climatique où les sécheresses seront plus fréquentes.
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**La jeunesse entrepreneuriale : entre innovation et précarité**
Le Salon national du jeune entrepreneur à Mascara et l’émergence de startups agroalimentaires « écologiques » sont des signes encourageants. Ils montrent une jeunesse algérienne dynamique, connectée aux enjeux globaux (climat, digitalisation) et prête à innover. Pourtant, cette effervescence entrepreneuriale se heurte à des obstacles structurels : bureaucratie étouffante, accès limité au financement, et surtout, un marché du travail saturé où le secteur informel reste la principale soupape.
Les startups algériennes, comme celles qui se lancent dans la gestion des espaces verts à Oran, sont souvent des initiatives individuelles portées par des diplômés au chômage. Elles manquent de soutien institutionnel et de visibilité. Le contraste avec la Côte d’Ivoire, où des figures comme Asta-Rosa Cissé (AGL) structurent un écosystème entrepreneurial régional, est frappant. En Algérie, l’entrepreneuriat reste un parcours du combattant, où les réussites sont des exceptions plutôt que la norme.
Cette précarité entrepreneuriale rejoint une autre réalité : celle des femmes. L’actualité sur « l’Algérie d’hier et les luttes d’aujourd’hui » rappelle que les femmes algériennes, actrices majeures de la guerre d’indépendance, restent aujourd’hui en première ligne des combats sociaux (chômage, accès au logement, violences). Pourtant, leur place dans l’économie formelle reste marginale. Les startups dirigées par des femmes sont rares, et celles qui existent peinent à obtenir des financements. La modernisation économique de l’Algérie ne pourra se faire sans une inclusion réelle de la moitié de sa population.
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**Télécommunications et IA : le mirage de la révolution numérique**
L’Algérie tente de rattraper son retard dans le domaine des technologies de l’information, comme en témoignent les déclarations de Fadhel Kraiem sur l’IA comme « levier stratégique ». Pourtant, le pays reste à la traîne comparé à des voisins comme le Maroc ou la Tunisie, sans parler du Cameroun, qui élabore une stratégie nationale pour l’IA.
Le problème n’est pas tant le manque de compétences – les ingénieurs algériens sont nombreux et recherchés à l’étranger – que l’absence d’un écosystème favorable. Les infrastructures télécoms sont vétustes, la 4G est encore limitée, et l’accès à internet reste cher et inégal. Dans ce contexte, parler d’IA relève presque de la science-fiction. Comment développer des applications d’intelligence artificielle quand les PME algériennes peinent encore à se digitaliser ?
Cette fracture numérique est aussi une fracture générationnelle. La Gen Z algérienne, évoquée dans les actualités, est hyperconnectée et consciente des enjeux globaux (climat, droits humains). Mais elle se heurte à un système politique et économique qui ne lui offre aucune perspective. Les jeunes entrepreneurs, les développeurs, les activistes numériques sont souvent contraints à l’exil ou à la précarité. Sans une véritable politique d’innovation, l’Algérie risque de rater le coche de la révolution technologique, aggravant ainsi son isolement économique.
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**Politique étrangère : l’Algérie entre BRICS, Europe et non-alignement**
La question des BRICS et de la Nouvelle banque de développement (NBD) est emblématique des dilemmes de la politique étrangère algérienne. D’un côté, le pays cherche à diversifier ses partenariats, notamment avec la Chine et la Russie, pour réduire sa dépendance à l’Europe. De l’autre, il reste ancré dans une tradition de non-alignement et de défense des souverainetés nationales, comme en témoigne son soutien aux causes palestinienne et sahraouie.
Pourtant, cette posture est de plus en plus difficile à tenir. L’Algérie a besoin des investissements européens pour sa transition énergétique, mais elle doit aussi composer avec les pressions des États-Unis et de l’OTAN, qui voient d’un mauvais œil ses rapprochements avec Moscou et Pékin. Le projet de gazoduc transsaharien avec le Nigeria, s’il se concrétise, pourrait renforcer son rôle de hub énergétique, mais il la place aussi en concurrence directe avec le Maroc, soutenu par les États-Unis.
Cette complexité se reflète dans les débats sur l’aide publique au développement (APD). L’Algérie, qui a longtemps été un pays bénéficiaire, commence à jouer un rôle de donateur, notamment en Afrique. Mais cette nouvelle posture soulève des questions : comment concilier solidarité panafricaine et intérêts nationaux ? Et comment éviter que l’APD ne devienne un outil de soft power au service d’une diplomatie économique ?
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**Mémoire et identité : l’histoire comme champ de bataille**
Les actualités sur la kasbah berbère et les parcs culturels de la Saoura rappellent que l’Algérie est un pays où l’histoire est encore un enjeu politique. La création d’un sixième parc culturel dans la Saoura, région riche en sites archéologiques, est une bonne nouvelle pour la préservation du patrimoine. Mais elle intervient dans un contexte où la mémoire nationale reste clivée.
D’un côté, l’État algérien tente de promouvoir une histoire officielle centrée sur la guerre d’indépendance et le rôle du FLN. De l’autre, les revendications identitaires (berbères, mozabites, sahraouies) et les mémoires concurrentes (harkis, pieds-noirs, victimes de la décennie noire) continuent de fracturer la société. La kasbah berbère, présentée comme un « archétype touristique », est aussi un symbole de cette tension : comment concilier patrimonialisation et reconnaissance des identités plurielles ?
Cette question mémorielle rejoint celle de la jeunesse. La Gen Z algérienne, née après la guerre civile, ne se reconnaît plus dans les récits des aînés. Elle réclame une histoire plus inclusive, où les femmes, les minorités et les victimes des violences post-indépendance auraient leur place. Sans une refonte de l’enseignement de l’histoire et une ouverture du débat mémoriel, l’Algérie risque de voir ses fractures identitaires s’aggraver.
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**Conclusion : l’Algérie face à son destin**
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