La Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf) représente une opportunité que les entreprises algériennes ne peuvent plus ignorer. Selon Econostrum.info, les acteurs économiques du pays sont invités à renforcer leur présence sur le continent, où les barrières douanières s’effacent progressivement. Lancée en 2021, cette initiative panafricaine vise à créer un marché unique de 1,3 milliard de consommateurs, avec un PIB combiné de 3 400 milliards de dollars. Pourtant, l’Algérie, malgré son potentiel industriel et énergétique, reste en retrait des échanges intra-africains.
Un marché sous-exploité par les entreprises locales
Les chiffres parlent d’eux-mêmes : l’Algérie exporte moins de 5 % de ses produits vers l’Afrique, loin derrière des pays comme le Maroc ou l’Afrique du Sud. Les secteurs les plus prometteurs pour une percée algérienne incluent l’agroalimentaire, les matériaux de construction, les produits pharmaceutiques et les énergies renouvelables. Selon Econostrum.info, des filières comme la transformation des dattes ou la production de médicaments génériques pourraient trouver des débouchés immédiats en Afrique subsaharienne, où la demande est forte mais l’offre locale insuffisante.
Les obstacles ne manquent pas. Les entreprises algériennes citent souvent la méconnaissance des marchés africains, les difficultés logistiques et les risques de non-paiement comme freins à l’export. Pourtant, des solutions existent. La Banque africaine d’import-export (Afreximbank) propose des mécanismes de garantie pour sécuriser les transactions, tandis que des pays comme le Rwanda ou la Côte d’Ivoire ont simplifié leurs procédures douanières pour attirer les investisseurs étrangers.
L’État algérien en soutien, mais des lacunes persistent
Le gouvernement algérien a pris des mesures pour encourager les exportations vers l’Afrique. En 2023, il a lancé un fonds de soutien aux entreprises exportatrices, doté de 100 millions de dollars, et a signé des accords bilatéraux avec plusieurs pays du continent pour faciliter les échanges. Le ministère du Commerce a également organisé des missions exploratoires au Sénégal, en Éthiopie et au Kenya, où des partenariats dans les secteurs de l’énergie et des infrastructures ont été évoqués.
Cependant, des défis structurels persistent. Le système bancaire algérien reste peu adapté aux transactions internationales, et les délais de dédouanement aux frontières africaines peuvent décourager les PME. Par ailleurs, la concurrence est rude : des pays comme la Turquie, la Chine ou l’Inde ont déjà pris des positions solides sur le continent, proposant des produits à bas coûts et des financements attractifs.
Des secteurs clés pour une percée africaine
Parmi les filières les plus prometteuses, l’agroalimentaire se distingue. L’Algérie, premier producteur de dattes au monde, pourrait augmenter ses exportations vers des pays comme le Nigeria ou l’Égypte, où la demande dépasse largement l’offre locale. Les entreprises algériennes comme Cevital ou Groupe Benamor ont déjà commencé à explorer ces marchés, mais leur présence reste marginale comparée à celle des acteurs marocains ou tunisiens.
Le secteur pharmaceutique offre également des opportunités. Avec une production locale en croissance, l’Algérie pourrait exporter des médicaments génériques vers des pays où l’accès aux soins reste limité. Des laboratoires comme Saidal ou Biopharm ont déjà obtenu des certifications internationales, mais leur expansion en Afrique se heurte à des normes sanitaires variables d’un pays à l’autre.
Enfin, les énergies renouvelables pourraient devenir un levier majeur. L’Algérie, avec son ensoleillement exceptionnel, a les moyens de devenir un fournisseur d’électricité verte pour des pays comme le Mali ou le Niger, où l’accès à l’énergie est un enjeu crucial. Des projets pilotes, comme la centrale solaire de Hassi R’Mel, pourraient servir de modèle pour des partenariats africains.
Une dynamique à accélérer
La Zlecaf n’est pas une option, mais une nécessité pour l’Algérie. Selon Econostrum.info, les entreprises qui tarderont à s’adapter risquent de perdre des parts de marché au profit de concurrents plus agiles. Les autorités algériennes en ont conscience et multiplient les incitations, mais le changement doit aussi venir du secteur privé. Des initiatives comme la création de zones économiques spéciales dédiées à l’export vers l’Afrique ou le renforcement des liens avec les diasporas algériennes sur le continent pourraient donner un coup d’accélérateur.
L’Afrique représente aujourd’hui 17 % du commerce mondial, un chiffre qui devrait doubler d’ici 2050. Pour l’Algérie, se tourner vers ce marché n’est pas seulement une question économique, mais aussi une stratégie de diversification face à la dépendance aux hydrocarbures. Les entreprises algériennes ont les moyens de réussir, à condition de surmonter leurs réticences et de saisir les outils mis à leur disposition.