Loi sur les coopératives agricoles attendue fin mars

Le gouvernement algérien s’apprête à finaliser un texte législatif visant à réformer le cadre des coopératives agricoles, avec une adoption prévue avant la fin du mois de mars. Selon El Watan, cette loi devrait faciliter l’accès des agriculteurs au matériel agricole, un enjeu crucial pour la filière céréalière, qui représente près de 3,5 millions d’hectares cultivés chaque année.

Le projet de loi, en discussion depuis plusieurs mois, prévoit des mécanismes de mutualisation des ressources entre producteurs. Il s’agit notamment de permettre aux coopératives d’acquérir des équipements lourds – moissonneuses-batteuses, semoirs, tracteurs – et de les mettre à disposition de leurs membres à des tarifs subventionnés. Une mesure qui répond à une demande récurrente des petits et moyens exploitants, souvent contraints de recourir à des prestataires privés, dont les coûts pèsent sur leur rentabilité.

Un secteur en quête d’autonomie
L’Algérie importe encore près de 70 % de ses besoins en blé, malgré une production nationale oscillant entre 3 et 5 millions de tonnes par an. Les autorités misent sur l’amélioration des rendements pour réduire cette dépendance, mais les obstacles restent nombreux : fragmentation des terres, manque d’investissements dans les infrastructures de stockage et de transformation, et difficultés d’accès au crédit.

Les coopératives, déjà actives dans certaines wilayas comme Sétif, Tiaret ou Mascara, pourraient jouer un rôle clé dans ce processus. « Elles permettent de regrouper les moyens et de négocier des prix plus avantageux pour les intrants, explique un responsable du ministère de l’Agriculture. Mais leur développement est freiné par un cadre juridique obsolète et des lourdeurs administratives. »

Des subventions ciblées
Le texte en préparation devrait également clarifier les modalités d’accès aux subventions publiques. Actuellement, les aides de l’État – comme le Fonds national de développement agricole (FNDA) – sont souvent perçues comme inéquitables, favorisant les grandes exploitations au détriment des petits producteurs. La nouvelle loi pourrait instaurer un système de quotas ou de critères de performance pour répartir ces financements.

« L’objectif est de rendre les coopératives plus attractives, notamment pour les jeunes agriculteurs, souligne un expert du secteur. En Algérie, près de 60 % des terres céréalières sont cultivées par des exploitants de plus de 50 ans. Sans renouvellement des générations, la filière risque de s’essouffler. »

Défis logistiques et portuaires
La réforme intervient dans un contexte marqué par des tensions sur les infrastructures. En septembre 2024, les ports algériens avaient été saturés par l’afflux de récoltes, révélant des lacunes dans les capacités de stockage et de manutention. Ports et Corridors avait alors pointé du doigt le manque d’investissements dans les silos et les terminaux céréaliers, un problème que le gouvernement tente de résoudre via des partenariats public-privé.

Par ailleurs, les importations de blé restent un poste de dépense majeur pour l’Algérie. En janvier 2026, les importateurs se sont tournés vers l’Argentine et les pays de la mer Noire, délaissant le blé français en raison de son coût élevé. Une tendance qui pourrait se poursuivre si les prix internationaux restent volatils, comme l’a souligné Portail Réussir.

Coopération avec l’enseignement supérieur
Pour renforcer la productivité, le ministère de l’Agriculture a signé récemment deux conventions avec le secteur de l’enseignement supérieur. L’objectif : développer la recherche appliquée sur les semences résistantes à la sécheresse et les techniques d’irrigation économes en eau. « Ces partenariats sont essentiels pour adapter notre agriculture aux changements climatiques, estime un universitaire. L’Algérie perd chaque année des milliers d’hectares de terres arables à cause de la désertification. »

Prochaines étapes
Le projet de loi doit encore être examiné par le Conseil des ministres avant son adoption définitive. Une fois promulguée, la réforme nécessitera un déploiement rapide sur le terrain, avec la création d’unités régionales de soutien aux coopératives. « Le texte est une première étape, mais son succès dépendra de son application concrète », tempère un syndicaliste agricole.

Si la filière céréalière algérienne a connu une année 2024 « fructueuse » selon AL24 News, avec une production record, les défis structurels persistent. La nouvelle loi sur les coopératives pourrait constituer un levier pour réduire la dépendance aux importations, à condition que les moyens suivent.

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