Le Maroc a annoncé un objectif ambitieux : atteindre l’autosuffisance en blé d’ici un an, selon un article publié récemment par La Nouvelle Tribune. Cette déclaration, qui s’inscrit dans une stratégie plus large de sécurisation alimentaire au Maghreb, intervient dans un contexte marqué par des tensions sur les marchés internationaux des céréales et des défis climatiques persistants.
Une stratégie agricole renforcée
Cette initiative s’appuie sur les résultats encourageants enregistrés ces dernières années. Le Maroc a déjà réduit sa dépendance aux importations de blé, notamment grâce à des récoltes record en 2023 et 2024. Les chiffres officiels montrent une progression constante de la production nationale, qui a couvert près de 70 % des besoins du pays en 2024, contre environ 50 % il y a cinq ans.
Comparaison avec l'Algérie : des défis similaires
Cependant, les autorités algériennes ont récemment engagé des réformes pour stimuler la production locale. Le Plan national de développement agricole (PNDA) prévoit des investissements dans les infrastructures de stockage, l’irrigation et la mécanisation. Malgré ces efforts, l’Algérie reste loin de l’autosuffisance en blé, avec une production couvrant seulement 30 à 40 % de ses besoins annuels, selon les données du ministère de l’Agriculture.
Enjeux économiques et géopolitiques
Sur le plan social, la stabilité des prix des produits de base, comme le pain, est un enjeu majeur. Les émeutes de la faim, qui ont secoué plusieurs pays africains et arabes ces dernières années, rappellent l’importance de garantir un approvisionnement régulier et abordable. En Algérie, le pain est subventionné par l’État, ce qui représente un coût budgétaire important. Une augmentation de la production locale pourrait atténuer cette pression financière.
Défis climatiques et technologiques
Pour surmonter ces défis, les deux pays misent sur l’innovation. Le Maroc a lancé des programmes de recherche pour développer des variétés de blé résistantes à la sécheresse et aux maladies. L’Algérie, de son côté, explore des solutions comme l’irrigation goutte-à-goutte et la réutilisation des eaux usées traitées pour l’agriculture. Ces technologies, bien que coûteuses à déployer, pourraient s’avérer décisives pour améliorer la productivité.
Perspectives régionales
Pour l’Algérie, l’exemple marocain offre une feuille de route, mais aussi un avertissement. Sans une accélération des réformes et des investissements, le pays risque de rester vulnérable aux chocs externes. Les prochains mois seront cruciaux pour évaluer l’efficacité des mesures mises en place et ajuster les stratégies en conséquence.
En attendant, les yeux sont tournés vers Rabat, où les autorités affichent une confiance mesurée. « Nous avons les moyens et la volonté d’y parvenir », a déclaré récemment un responsable du ministère marocain de l’Agriculture, cité par La Nouvelle Tribune. Reste à savoir si les conditions climatiques et économiques permettront de tenir cette promesse.