L’Algérie révolutionne sa gestion de l’eau face au climat

L’Algérie a engagé une transformation technologique sans précédent pour contrer la crise hydrique qui frappe le Maghreb. Selon un rapport publié récemment par le média panafricain Afrik, le pays mise sur des solutions innovantes pour éviter les tensions régionales et sécuriser ses ressources en eau. Cette stratégie, portée par le gouvernement de Abdelmadjid Tebboune, marque un tournant dans la gestion des ressources naturelles du pays.

Des barrages aux usines de dessalement

Le barrage de Beni Haroun, l’un des plus grands du pays, a vu son taux de remplissage chuter à 30 % en 2024, selon les données de l’ANBT. Pour compenser, le gouvernement a lancé un plan de réhabilitation des réseaux de distribution, avec un budget de 50 milliards de dinars. « L’objectif est de réduire les pertes, qui atteignent 40 % dans certaines wilayas », précise un responsable du ministère.

La coopération maghrébine, une nécessité

À Béjaïa, un atelier algéro-tunisien a réuni en avril 2026 des chercheurs des deux pays pour échanger sur la préservation de la biodiversité et l’adaptation au changement climatique. « Les solutions doivent être régionales, car les défis le sont aussi », déclare Fatima Zohra, directrice du Centre national des technologies de l’eau (CNTE).

L’agriculture, secteur clé de la transition

Cependant, les défis persistent. Les producteurs de blé français, confrontés à la chute des cours, pourraient exporter davantage vers l’Algérie, mettant en péril les producteurs locaux. « Nous devons renforcer notre souveraineté alimentaire, surtout face aux aléas climatiques », souligne un responsable de la Chambre nationale d’agriculture.

Une stratégie nationale ambitieuse

Le gouvernement mise aussi sur la sensibilisation des citoyens. Des campagnes de communication, comme celle lancée par l’Office national de l’assainissement (ONA), visent à promouvoir les économies d’eau. « Chaque Algérien doit prendre conscience que l’eau est une ressource rare », affirme un responsable de l’ONA.

Des résultats encourageants, mais des défis persistants

« La révolution technologique est en marche, mais elle doit s’accompagner d’une gouvernance rigoureuse et d’une coopération régionale », estime Karima Benrabah, consultante en ingénierie environnementale. Pour l’Algérie, l’enjeu est double : sécuriser ses ressources en eau tout en préservant son environnement pour les générations futures.

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