Un artisan plombier algérien gagne son procès contre l’administration française
L’artisan, recruté par la SAS Construction Maisons Individuelles en juin 2024, avait vu sa demande rejetée par le consulat de France à Alger dès le premier dépôt. Après un recours devant la Commission de recours contre les refus de visa (CRRV), puis un silence administratif de près de deux ans, le dossier a finalement abouti devant les juges. Le tribunal a estimé que l’administration n’avait pas justifié sa décision de manière suffisante, ouvrant la voie à un réexamen.
Pour les entrepreneurs algériens, ce cas illustre un paradoxe : la France manque cruellement de main-d’œuvre qualifiée dans le BTP, tandis que des milliers de demandeurs de visa se heurtent à des refus systématiques. En 2025, près de 200 000 Algériens ont vu leur demande de visa rejetée, selon des données croisées par TSA-Algérie et des associations comme Ligue des droits de l’homme (LDH). Parmi eux, des métiers en tension comme la plomberie, l’électricité ou la mécanique, où les entreprises françaises peinent à recruter localement.
Un marché du travail français qui ignore ses propres besoins
Prenons l’exemple des plombiers. En 2025, plus de 12 000 postes dans ce métier étaient vacants en Île-de-France seule, selon la Dares (ministère français du Travail). Or, les entreprises algériennes d’export, comme celles spécialisées dans les équipements sanitaires ou les systèmes de chauffage, pourraient combler ce gap. Mais sans visa, impossible d’embaucher. « Un refus de visa équivaut à une interdiction d’exporter du savoir-faire algérien », résume un responsable d’une PME de Tizi Ouzou active dans les énergies renouvelables.
Le problème va au-delà des compétences individuelles : il touche à la compétitivité des entreprises algériennes qui cherchent à s’implanter en Europe. Une étude de la Chambre de commerce et d’industrie algéro-française (CCIAF) estime que 30 % des PME algériennes exportatrices vers la France se heurtent à des difficultés administratives liées aux visas pour leurs cadres ou techniciens.
La diaspora algérienne, un atout économique sous-utilisé
Prenons le cas des électriciens. En 2025, la France a importé pour 1,8 milliard d’euros de matériel électrique depuis l’Algérie, mais seulement 5 % des techniciens algériens formés dans ce domaine ont obtenu un visa de travail. « Nous avons des écoles de formation professionnelle en Algérie qui diplôment chaque année des centaines de techniciens supérieurs en électricité et en plomberie. Mais sans visa, ces compétences ne servent à rien », explique un responsable de l’Office national des anciens combattants et victimes de guerre (ONACVG), partenaire de formations avec des entreprises françaises.
Pour les entrepreneurs algériens, cette situation crée un double handicap :
1. Perte de marchés : Impossible d’envoyer des experts sur des chantiers ou dans des usines partenaires.
2. Frein à l’innovation : Les PME algériennes qui développent des technologies (comme les panneaux solaires ou les systèmes de gestion de l’eau) ne peuvent pas déployer leurs équipes en Europe.
Que faire pour débloquer la situation ?
Côté entrepreneurs, certaines PME algériennes contournent le problème en recrutant directement sur place via des filiales européennes. Mais cette solution reste coûteuse et complexe pour les petites structures.
À retenir pour les entrepreneurs
Sources
TSA-Algérie
Le Jour d’Algérie
Sources
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