Une stratégie ambitieuse pour professionnaliser le secteur
La ministre du Tourisme et de l’Artisanat, Houria Meddahi, a officiellement lancé cette semaine Alcazar Collection, la première marque hôtelière algérienne, lors d’une cérémonie à Tlemcen. L’hôtel Renaissance, rebaptisé Alcazar Tlemcen, devient le premier établissement sous cette enseigne, avec 204 chambres et 11 suites. Ce projet, porté par la Société d’investissement hôtelier (SIH), vise à structurer une offre nationale cohérente, jusqu’ici fragmentée entre réseaux internationaux et petites structures indépendantes.
Le choix de Tlemcen n’est pas anodin. La wilaya, riche en patrimoine historique (Mechouar, mausolée de Sidi Boumediene, citadelle de Mansourah), incarne un modèle de diversification touristique. « Cette marque doit devenir une référence, comme les chaînes internationales, mais avec une identité algérienne forte », a souligné la ministre. Pour y parvenir, le ministère mise sur la formation du personnel et l’unification des standards de service, deux leviers critiques pour attirer une clientèle exigeante.
Un marché hôtelier algérien en quête de cohérence
Avec plus de 2 000 établissements hôteliers en Algérie (dont 15% classés 4 ou 5 étoiles), le secteur peine à se positionner face à la concurrence régionale (Maroc, Tunisie). Les investisseurs locaux, souvent confrontés à des coûts élevés (énergie, main-d’œuvre) et à des délais administratifs longs, se tournent vers des partenariats étrangers pour garantir la qualité. Alcazar Collection pourrait inverser cette tendance en proposant une marque locale, mais aux normes internationales.
Le projet s’inscrit dans une dynamique plus large : la régularisation des guides touristiques (200 cartes professionnelles déjà délivrées à Illizi cette année) et le développement de projets hôteliers structurants, comme l’hôtel en construction à Illizi (70% achevé, livrable début 2027). Ces initiatives répondent à un besoin urgent : professionnaliser une filière encore dominée par l’informel. Selon la Direction du tourisme et de l’artisanat (DTA) d’Illizi, la régularisation des guides « constituera une valeur ajoutée pour l’attractivité touristique », notamment dans les zones désertiques où le tourisme culturel et écologique se développe.
Un signal fort pour les entrepreneurs et la diaspora
Pour les porteurs de projets algériens, Alcazar Collection envoie un message clair : l’État mise sur des marques nationales pour concurrencer les géants étrangers. Les entrepreneurs du secteur hôtelier et de la restauration peuvent s’en inspirer pour créer des enseignes locales différenciantes, comme le font déjà des acteurs comme Les Palmiers d’El Biar (Alger) ou Dar El Djenane (Oran). La clé ? Standardiser la qualité sans sacrifier l’authenticité.
La diaspora algérienne, souvent impliquée dans le tourisme (investissements, gestion d’hébergements), voit aussi une opportunité. Les Algériens de l’étranger représentent un vivier de compétences en gestion hôtelière, et des programmes comme celui d’Illizi pourraient les inciter à revenir investir. « Une marque algérienne forte attire les clients, mais aussi les talents », explique un expert du secteur contacté par Algérie Éco.
À retenir pour les entrepreneurs
Alcazar Collection prouve qu’une marque nationale peut rivaliser avec les chaînes internationales si elle combine qualité, formation et identité locale. Pour les créateurs d’entreprise, le modèle montre l’importance d’un positionnement clair et d’une logistique maîtrisée — deux défis majeurs pour les PME algériennes du tourisme.
Sources
algerie-eco.com
lematindalgerie.com
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