Washington menace Alger après l’achat de Su-57 russes

L’Algérie se retrouve au cœur d’une crise diplomatique et militaire après l’annonce récente de son intention d’acquérir des chasseurs russes Su-57. Les États-Unis, par la voix du département d’État, ont évoqué la possibilité de sanctions économiques et technologiques contre Alger, invoquant la loi CAATSA (Countering America’s Adversaries Through Sanctions Act). Cette loi, adoptée en 2017, vise à punir les pays qui concluent des contrats militaires majeurs avec la Russie, l’Iran ou la Corée du Nord.

Une décision stratégique sous pression

Pour Alger, cette acquisition s’inscrit dans une logique de modernisation de ses forces armées, entamée depuis plus d’une décennie. Le général Saïd Chengriha, chef d’état-major de l’Armée nationale populaire (ANP), a souligné à plusieurs reprises la nécessité de renforcer les capacités de dissuasion face aux « menaces régionales croissantes ». Une référence à peine voilée aux tensions avec le Maroc, qui a lui-même renforcé son arsenal avec des drones turcs et israéliens, ainsi que des systèmes de défense américains.

Les États-Unis brandissent la menace CAATSA

Cette menace intervient dans un contexte déjà tendu entre Alger et Washington. Les relations bilatérales se sont dégradées depuis 2023, notamment en raison du soutien américain au plan d’autonomie marocain pour le Sahara occidental, que l’Algérie considère comme une violation du droit international. En réponse, Alger a diversifié ses partenariats, se rapprochant de Moscou, Pékin et Ankara.

L’Algérie entre deux feux

Pourtant, les conséquences économiques pourraient être lourdes. L’Algérie, déjà fragilisée par la chute des prix du pétrole en 2024, dépend encore largement des technologies occidentales pour ses secteurs pétrolier et gazier. Une exclusion des marchés financiers américains ou un embargo sur les pièces détachées pour les équipements militaires existants (comme les hélicoptères américains Bell ou les radars français) affaiblirait considérablement ses capacités.

Moscou et Pékin en embuscade

De son côté, la Chine, via son géant de l’armement Norinco, a multiplié les offres pour des drones, des blindés et des systèmes de défense aérienne. Pékin, qui ne conditionne pas ses ventes à des critères politiques, pourrait devenir un partenaire privilégié si les tensions avec Washington persistent.

Un équilibre précaire

Les prochaines semaines seront cruciales. Si Alger persiste dans son achat de Su-57, les sanctions américaines pourraient être activées dès le printemps 2026. À l’inverse, un revirement affaiblirait la crédibilité de l’Algérie sur la scène internationale, tout en laissant le champ libre au Maroc pour renforcer son avantage militaire.

Une chose est sûre : cette crise illustre les nouvelles dynamiques géopolitiques en Afrique du Nord, où les rivalités entre grandes puissances se jouent désormais sur le terrain des armements et des alliances.

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