La Tunisie ne participera pas à la Coupe du monde 2026, selon les dernières informations publiées par Ouest-France ce mercredi 29 octobre 2025. Le classement final des éliminatoires de la zone Afrique, dans le groupe comprenant également l’Algérie, a scellé le sort des Aigles de Carthage, relégués à la troisième place derrière les Fennecs et un autre rival régional. Ce résultat marque un tournant dans le football maghrébin, où l’Algérie confirme sa domination récente sur la scène continentale.
Un groupe serré aux enjeux régionaux
Le groupe de qualifications pour la Coupe du monde 2026, qui devait initialement désigner deux équipes africaines pour le tournoi nord-américain, a été particulièrement disputé. L’Algérie, favorite après ses performances en Coupe d’Afrique des nations (CAN) 2023 et 2025, a terminé en tête avec 16 points, devançant de justesse un adversaire surprise, la Libye, qui s’est adjugée la deuxième place qualificative. La Tunisie, malgré une campagne honorable, n’a pu faire mieux qu’une troisième position avec 12 points, synonyme d’élimination.
Les chiffres révèlent une compétition équilibrée : sur les six matchs disputés par chaque équipe, la Tunisie a enregistré trois victoires, trois nuls et aucune défaite, un bilan qui aurait pu suffire dans un autre groupe. Cependant, les Aigles ont été pénalisés par des résultats nuls contre des adversaires théoriquement à leur portée, comme un match nul 1-1 à domicile contre la Libye en juin 2025. À l’inverse, l’Algérie a su capitaliser sur ses victoires, notamment un succès 2-1 en Tunisie en mars 2025, qui s’est avéré décisif pour la première place.
Des choix tactiques et une génération en question
L’élimination tunisienne soulève des interrogations sur la gestion technique de l’équipe. Le sélectionneur, Jalel Kadri, en poste depuis 2022, avait pourtant mené les Aigles à une qualification pour la Coupe du monde 2022 et à une demi-finale de CAN en 2023. Cependant, les dernières performances ont mis en lumière des lacunes défensives et un manque de réalisme offensif, malgré la présence de joueurs expérimentés comme Wahbi Khazri ou Ellyes Skhiri.
Les critiques se sont multipliées après le match nul contre la Libye, où la Tunisie a dominé sans parvenir à concrétiser ses occasions. Certains observateurs pointent du doigt l’absence de renouvellement générationnel, avec une équipe vieillissante et peu de jeunes talents émergents. À l’inverse, l’Algérie a su intégrer des joueurs comme Rayan Aït-Nouri ou Amine Gouiri, qui ont apporté un dynamisme nouveau à l’attaque des Fennecs.
L’Algérie en position de leader régional
Pour l’Algérie, cette qualification confirme une période faste après des années de résultats en dents de scie. Depuis l’arrivée de Vladimir Petković à la tête de la sélection en 2024, les Fennecs ont enchaîné les performances solides, avec une série de dix matchs sans défaite entre 2024 et 2025. Leur victoire contre la Tunisie en mars 2025, dans un stade du 5-Juillet en ébullition, a marqué les esprits et renforcé leur statut de favori dans la région.
Cette dynamique s’inscrit dans un contexte plus large de développement du football algérien. La Ligue 1 professionnelle, malgré des difficultés financières persistantes, a vu émerger des talents locaux capables de rivaliser avec les meilleurs joueurs africains. Des clubs comme l’USM Alger ou le CR Belouizdad ont également brillé sur la scène continentale, offrant une base solide pour la sélection nationale.
Enjeux pour le football maghrébin
L’élimination de la Tunisie intervient alors que le Maroc, déjà qualifié pour la Coupe du monde 2026, continue de dominer le football africain. Les Lions de l’Atlas, finalistes de la CAN 2025, ont confirmé leur statut de meilleure équipe du continent en s’imposant dans leur groupe de qualifications sans perdre un seul match. Cette hiérarchie redessinée place l’Algérie en position de challenger, tandis que la Tunisie doit repenser sa stratégie pour retrouver les sommets.
Pour les supporters tunisiens, cette élimination est d’autant plus douloureuse qu’elle intervient après une décennie marquée par des qualifications régulières pour les grandes compétitions. Les appels à une refonte du système de formation et à une meilleure gestion des clubs se multiplient, dans un pays où le football reste un exutoire social et politique.
Un coup dur pour le sport tunisien
Au-delà du football, cette élimination pourrait avoir des répercussions sur l’ensemble du sport tunisien. La Fédération tunisienne de football (FTF) risque de voir ses subventions réduites, dans un contexte économique déjà difficile. Les sponsors, traditionnellement attirés par les performances des Aigles, pourraient se détourner vers d’autres disciplines ou vers des marchés plus porteurs, comme celui du football algérien.
Pour l’Algérie, en revanche, cette qualification offre une opportunité de rayonnement international. Une bonne performance en 2026 pourrait attirer des investisseurs et renforcer l’attractivité du championnat local. Les autorités sportives algériennes, conscientes de ces enjeux, ont d’ores et déjà annoncé un plan de développement ambitieux, incluant la rénovation des infrastructures et la création de centres de formation de haut niveau.
Un derby maghrébin en suspens
L’un des regrets de cette campagne de qualifications reste l’absence d’un derby maghrébin en phase finale de Coupe du monde. Les confrontations entre l’Algérie et la Tunisie, toujours électriques, auraient pu offrir un spectacle de haut niveau en 2026. Les deux équipes devront désormais se contenter des compétitions continentales, comme la CAN ou les éliminatoires de la Coupe du monde 2030, pour raviver cette rivalité.
En attendant, les Tunisiens devront se tourner vers la CAN 2027, qui se déroulera en Égypte, pour tenter de rebondir. Une compétition où l’Algérie, tenante du titre en 2025, sera une nouvelle fois favorite. Pour les Fennecs, l’objectif sera de confirmer leur statut de meilleure équipe africaine, tandis que les Aigles devront prouver qu’ils peuvent encore jouer les trouble-fêtes.