Le président de la République, Abdelmadjid Tebboune, a présenté récemment une vision stratégique visant à assurer la sécurité hydrique de l’Algérie tout en ancrant cette démarche dans une logique de développement durable. Selon aps.dz, cette approche s’appuie sur une planification intégrée, combinant infrastructures, gestion des ressources et adaptation aux changements climatiques. Une orientation qui place l’eau au cœur des priorités nationales, alors que le pays fait face à des pressions croissantes sur ses réserves.
Une stratégie multidimensionnelle
Ensuite, la gestion durable des ressources en eau figure parmi les axes prioritaires. Tebboune a insisté sur la nécessité de moderniser les réseaux de distribution pour réduire les pertes, estimées à près de 30 % selon les données du ministère des Ressources en eau. Des investissements sont également prévus pour la réhabilitation des barrages et la construction de nouveaux ouvrages, comme le barrage de Koudiat Acerdoune, dont les travaux avancent dans la wilaya de Bouira.
L’adaptation au changement climatique
Par ailleurs, la diversification des sources d’approvisionnement s’impose comme une nécessité. Outre le dessalement, l’Algérie mise sur la réutilisation des eaux usées traitées, un domaine encore sous-exploité. Les stations d’épuration, comme celle de Staoueli près d’Alger, pourraient jouer un rôle clé dans l’irrigation des espaces verts ou des cultures non alimentaires. Une piste qui reste toutefois limitée par les contraintes techniques et les réticences culturelles.
Un cadre institutionnel renforcé
La réglementation joue également un rôle central. Le gouvernement travaille sur une refonte du cadre juridique pour encadrer l’utilisation de l’eau, notamment dans l’industrie et l’agriculture. Des sanctions plus sévères sont envisagées contre les gaspillages, tandis que des incitations fiscales pourraient être introduites pour les entreprises adoptant des technologies sobres.
Des défis persistants
La sensibilisation des citoyens constitue un autre enjeu. Les campagnes de communication sur les économies d’eau, bien que multipliées, peinent à modifier les comportements. Dans certaines régions, les pratiques de gaspillage persistent, comme l’arrosage excessif des jardins ou le lavage des voitures à grande eau. Les autorités misent sur l’éducation et les médias pour faire évoluer les mentalités.
L’eau, levier de développement
L’Algérie n’est pas seule face à ces défis. Les pays du Maghreb partagent des problématiques similaires, et des partenariats régionaux pourraient émerger, notamment dans le domaine du dessalement ou de la recherche sur les technologies hydrauliques. Le président a d’ailleurs évoqué la possibilité de coopérations avec des pays comme le Maroc ou la Tunisie, malgré les tensions politiques récurrentes.
Cette vision prospective, si elle est mise en œuvre avec rigueur, pourrait positionner l’Algérie comme un modèle en matière de gestion de l’eau dans la région. Reste à transformer ces orientations en actions concrètes, dans un contexte marqué par l’urgence climatique et les contraintes budgétaires.