Tebboune nomme Chems-Eddine Hafiz à la Grande Mosquée d’Alger

Le président algérien Abdelmadjid Tebboune a récemment désigné Chems-Eddine Hafiz comme nouveau recteur de la Grande Mosquée d’Alger, l’un des plus hauts lieux de culte du pays. Cette nomination, rapportée par Jeune Afrique, intervient dans un contexte où l’institution religieuse joue un rôle croissant dans les débats nationaux, notamment sur les questions économiques et sociales.

Un parcours entre droit et religion

La Grande Mosquée d’Alger, inaugurée en 2019, est un symbole à la fois architectural et spirituel. Avec sa capacité d’accueil de 120 000 fidèles et son minaret de 265 mètres, elle incarne l’ambition algérienne de se positionner comme un acteur majeur du monde musulman. Son recteur supervise non seulement les activités cultuelles, mais aussi les projets culturels et éducatifs associés à l’institution.

Un rôle clé dans la finance islamique

L’Algérie a lancé en 2020 ses premières banques islamiques, mais leur expansion reste limitée par des défis réglementaires et une méconnaissance des mécanismes de la finance participative. Le nouveau recteur pourrait contribuer à clarifier les positions religieuses sur des questions comme les sukuk (obligations islamiques) ou les contrats de mourabaha (vente à profit), en s’appuyant sur l’autorité morale de la mosquée.

Défis et attentes

Son expérience en France, où il a travaillé sur des questions d’intégration et de laïcité, pourrait être un atout pour aborder ces enjeux avec pragmatisme. Cependant, son profil d’avocat plutôt que de théologien traditionnel pourrait susciter des réserves parmi les courants conservateurs.

Une nomination stratégique

Pour l’Algérie, le développement de la finance islamique est aussi une question économique. Avec une population majoritairement musulmane et un secteur bancaire traditionnel peu accessible aux petits épargnants, les produits islamiques pourraient mobiliser des ressources inexploitées. Le nouveau recteur aura ainsi un rôle à jouer dans la promotion de ces outils, en garantissant leur conformité religieuse et leur attractivité.

La nomination de Chems-Eddine Hafiz est donc bien plus qu’un changement de responsable. Elle reflète une volonté de moderniser l’institution religieuse tout en l’utilisant comme un outil de soft power et de développement économique. Reste à voir comment il parviendra à concilier ces différentes missions dans un environnement complexe.

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