La 4ᵉ édition de la Semaine Afrique des Solutions (SAS 2026) a confirmé un fait : la diaspora algérienne ne se contente plus de financer des projets à distance. Elle les construit sur place, avec des moyens concrets. Entre 200 et 300 porteurs de projets, investisseurs et chercheurs ont convergé vers Paris cette semaine pour y présenter des solutions « made in diaspora ». Un signal fort pour les entrepreneurs algériens : l’argent des Algériens de l’étranger ne suffit plus, leur expertise et leurs réseaux deviennent des leviers de transformation économique.
Un événement qui change la donne pour les startups algériennes
Les rencontres de la SAS 2026 ont mis en lumière une tendance lourde : les diasporas africaines, y compris la communauté algérienne, ne se limitent plus aux envois de fonds (les fameuses remittances). Elles investissent dans des secteurs clés comme l’agritech, la fintech et les énergies renouvelables. Selon les organisateurs, près de 40 % des projets présentés cette année ciblaient directement le marché algérien.
Pour un entrepreneur algérien, cela signifie une opportunité : accéder à des financements hybrides. Un exemple ? Une startup algéroise spécialisée dans les solutions agricoles a levé 500 000 euros via un fonds basé à Paris, géré par des investisseurs d’origine algérienne. « Le problème n’est plus le manque de capitaux, mais la capacité à structurer des partenariats avec ces réseaux », explique un participant sous couvert d’anonymat.
L’Algérie peut-elle capitaliser sur ce mouvement ?
Le défi reste celui de la confiance. Beaucoup d’entrepreneurs algériens peinent encore à convaincre des investisseurs de la diaspora, faute de visibilité sur les opportunités locales. Pourtant, les chiffres parlent : les Algériens de l’étranger représentent près de 10 % du PIB national via leurs transferts. Mais cette manne pourrait être bien plus efficace si elle était réinvestie dans des projets locaux plutôt que dans l’immobilier ou les placements financiers classiques.
Cette semaine, plusieurs ateliers ont porté sur les obstacles administratifs en Algérie. « Un entrepreneur sur trois abandonne son projet à cause des lenteurs bureaucratiques », a souligné un intervenant. La SAS 2026 a donc aussi servi de plateforme pour exiger des réformes. Parmi les demandes : un guichet unique pour les investisseurs étrangers, une simplification des visas pour les experts de la diaspora, et une meilleure protection des droits de propriété intellectuelle.
La diaspora algérienne, un atout à exploiter… mais comment ?
Les retours des participants montrent une chose : les Algériens de l’étranger ne veulent plus être des donateurs passifs. Ils veulent être des acteurs. Plusieurs fonds d’investissement ont été lancés récemment, comme Algeria Ventures ou Diaspora Capital, qui ciblent spécifiquement des projets en Algérie. Pour en bénéficier, les entrepreneurs doivent prouver trois choses :
1. Un modèle économique viable : les investisseurs de la diaspora privilégient les secteurs à fort potentiel (tech, énergie, santé).
2. Une équipe locale solide : ils veulent s’assurer que le projet ne dépend pas uniquement de leur réseau à l’étranger.
3. Un ancrage territorial : les projets qui créent des emplois en Algérie sont prioritaires.
« Nous ne finançons pas des idées, mais des réalisations », a déclaré un représentant de Diaspora Capital lors d’une table ronde. Cette approche pourrait accélérer la création d’emplois en Algérie, un enjeu majeur pour le gouvernement.
À retenir pour les entrepreneurs
Les investisseurs de la diaspora algérienne financent désormais des projets concrets, pas seulement des idées. Pour en profiter, un entrepreneur doit montrer un business plan clair, une équipe locale et un impact économique immédiat. Les secteurs porteurs restent l’agritech, la fintech et les énergies vertes, où les fonds sont les plus actifs.
Sources
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