Les sanctions imposées par les pays occidentaux à la Russie depuis 2022 ont produit des effets inattendus sur les relations économiques entre Moscou et l’Afrique, selon une récente analyse de l’Institut français des relations internationales (IFRI). Si ces mesures visaient à isoler l’économie russe, elles ont paradoxalement accéléré les partenariats entre la Russie et plusieurs pays africains, dont l’Algérie, en ouvrant de nouvelles opportunités commerciales et financières.
Une réorientation des flux commerciaux
Cette dynamique s’explique par la volonté algérienne de réduire sa dépendance aux fournisseurs traditionnels, notamment européens. Les sanctions ont aussi permis à l’Algérie de négocier des contrats plus avantageux, avec des prix compétitifs et des facilités de paiement en monnaies locales, évitant ainsi les circuits financiers occidentaux.
Les limites d’une coopération sous contraintes
L’IFRI souligne également les défis logistiques liés aux sanctions. Les échanges entre la Russie et l’Afrique sont souvent ralentis par les difficultés d’accès aux assurances maritimes et aux ports européens, traditionnellement utilisés pour le transit des marchandises. Ces obstacles pourraient freiner l’expansion des partenariats, notamment dans les secteurs nécessitant des investissements lourds, comme les infrastructures ou l’énergie.
L’Algérie entre opportunités et risques
Les experts de l’IFRI estiment que l’Algérie pourrait jouer un rôle de médiateur entre Moscou et les pays africains, en facilitant les échanges et en proposant des solutions alternatives aux sanctions. Cependant, cette stratégie nécessite une approche équilibrée pour éviter de s’exposer à des mesures de rétorsion.
Un modèle économique à réinventer
L’IFRI conclut que les effets des sanctions sont ambivalents : elles ont accéléré les échanges russo-africains, mais ont aussi créé de nouvelles contraintes. Pour l’Algérie, l’enjeu est désormais de tirer profit de ces opportunités tout en préservant ses relations avec l’Occident, dans un équilibre délicat entre souveraineté économique et réalisme géopolitique.