Revue de presse : Universités algériennes, Relations Algérie France, Startups Algérie…

**L’Algérie en mouvement : un kaléidoscope de défis et d’opportunités**

L’Algérie contemporaine se présente comme un pays en tension permanente entre deux forces : d’un côté, une volonté affichée de modernisation tous azimuts – numérique, énergétique, entrepreneuriale –, de l’autre, des blocages structurels qui enracinent les contradictions dans le marbre des institutions. Les actualités des dix derniers jours dessinent une carte où se croisent ambitions géopolitiques, urgences socio-économiques et résistances culturelles. Mais au-delà des annonces, c’est la cohérence – ou l’absence de cohérence – de ces dynamiques qui interroge. L’Algérie est-elle en train de construire un modèle original, ou se contente-t-elle de juxtaposer des réformes sans vision d’ensemble ?

Une lecture transversale révèle trois fils rouges : l’obsession du contrôle étatique, la quête d’autonomie stratégique et la persistance des inégalités structurelles. Ces thèmes traversent les domaines comme des lignes de faille, révélant une société en équilibre précaire entre rupture et continuité.

**1. L’État stratège : entre souveraineté et dépendance**

**L’agriculture et l’énergie, ou l’art de la quadrature du cercle**

Parallèlement, le contrat de partenariat pour une centrale hybride solaire-éolienne de 60 MW en Mauritanie – et non en Algérie – pose question. Pourquoi exporter son expertise en énergies renouvelables alors que le pays, doté d’un ensoleillement parmi les plus élevés au monde, peine à atteindre ses objectifs (15 GW de solaire d’ici 2035) ? La réponse tient en un mot : dépendance. L’Algérie reste prisonnière de son modèle rentier, où les hydrocarbures (95 % des exportations) financent les réformes sans en remettre en cause les fondements. La transition énergétique est un impératif économique, mais aussi géopolitique : comment concilier la nécessité de diversifier ses revenus avec la crainte de perdre son levier de puissance ?

**La défense, ou l’équilibrisme régional**

La question n’est pas tant de savoir si l’Algérie peut jouer un rôle stabilisateur – elle en a les moyens militaires et diplomatiques – que de comprendre pourquoi elle hésite à s’affirmer pleinement. La réponse réside peut-être dans son histoire : après la guerre civile des années 1990, le pouvoir a privilégié la stabilité interne à l’influence externe. Aujourd’hui, alors que le Sahel s’embrase, l’Algérie doit choisir entre une posture défensive (fermeture des frontières, renforcement des alliances) et une stratégie proactive (médiation, investissements en Afrique). Le silence relatif sur la crise au Niger en 2023 suggère qu’elle n’a pas encore tranché.

**2. La révolution numérique : entre empowerment et contrôle**

**L’université et les startups, laboratoires de la jeunesse algérienne**

Les universités algériennes, malgré des avancées (partenariats avec l’ESHRA, formation continue), restent prisonnières d’un modèle bureaucratique où l’autonomie des établissements est limitée. La numérisation de la justice, si elle se concrétise, pourrait accélérer les procédures – mais à condition que l’État accepte de lâcher prise sur le contrôle des données. De même, le discours sur les startups, porté par des figures comme Oualid, ministre de l’Économie de la connaissance, se heurte à la réalité d’un écosystème où l’accès au financement reste verrouillé par les banques publiques et les réseaux clientélistes.

Le cas de Zineb Sedira, artiste algérienne primée à la Biennale de Venise pour le Pavillon français, est emblématique. Son travail explore les mémoires coloniales et les migrations, thèmes sensibles en Algérie. Pourtant, c’est sous pavillon étranger qu’elle obtient une reconnaissance internationale. Ce décalage révèle une peur de l’art critique : l’Algérie célèbre ses artistes à l’étranger, mais les censure souvent chez elle. La créativité algérienne, qu’elle soit entrepreneuriale ou artistique, ne peut s’épanouir que si l’État accepte de perdre un peu de son emprise.

**Le tramway et les infrastructures : le visible et l’invisible**

Le plus grand site de visas en Afrique, qui ouvrira à Alger, s’inscrit dans la même logique. L’Algérie veut faciliter les voyages des Algériens (et des touristes), mais sans remettre en cause les restrictions bureaucratiques qui pèsent sur les libertés individuelles. La modernisation est sélective : on numérise les procédures, mais on maintient les contrôles. On construit des tramways, mais on néglige les transports informels, pourtant vitaux pour les classes populaires.

**3. Les femmes et l’environnement : les angles morts de la réforme**

**L’égalité femmes-hommes, ou l’art de la demi-mesure**

Le vrai défi n’est pas économique, mais culturel. L’Algérie a fait des progrès en matière d’éducation des filles (elles représentent 60 % des diplômés universitaires), mais leur insertion professionnelle reste entravée par des normes patriarcales. Les annonces sur la santé (hausse des salaires des médecins) ne suffiront pas à changer la donne si les femmes continuent d’être cantonnées à des rôles subalternes. L’égalité ne se décrète pas, elle se conquiert – et en Algérie, cette conquête passe par un combat contre les mentalités, pas seulement contre les lois.

**L’environnement, parent pauvre des priorités**

Le vrai scandale environnemental, c’est l’inaction face au changement climatique. Les céréales souffrent de la sécheresse, les villes étouffent sous la chaleur, et les énergies renouvelables peinent à décoller. L’Algérie a les moyens de devenir un leader régional (gisements solaires, potentiel éolien), mais elle préfère exporter son expertise (comme en Mauritanie) plutôt que de l’appliquer chez elle. L’écologie est un luxe quand on dépend des hydrocarbures – et tant que le pétrole rapportera des milliards, les réformes resteront cosmétiques.

**4. Le tourisme et la culture : entre soft power et autocensure**

**Les festivals, vitrines d’une Algérie ouverte ?**

Les commissaires des festivals sont souvent nommés par le pouvoir, et les programmations évitent soigneusement les sujets qui fâchent (la répression des années 1990, les mouvements sociaux de 2019, la question berbère). L’Algérie veut attirer les touristes, mais sans leur montrer ses cicatrices. Le tourisme culturel est une industrie, pas une ouverture.

**La relation France-Algérie : entre mémoire et realpolitik**

Pourtant, une dynamique nouvelle émerge : **l’Al

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