Revue de presse : Technologie Algérie, Irrigation Algérie, Entrepreneuriat Algérie…

**L’Algérie en équilibre instable : une modernité sous tension**

L’Algérie de 2025 se débat dans une contradiction fondatrice : celle d’un pays riche de ses ressources, de son histoire et de son potentiel humain, mais entravé par des logiques de pouvoir qui oscillent entre verrouillage et ouverture sélective. Les actualités récentes dessinent une carte où se superposent des dynamiques antagonistes – innovation et répression, coopération régionale et repli identitaire, transition énergétique et dépendance aux rentes fossiles. Ce kaléidoscope révèle moins une absence de stratégie qu’une stratégie de l’ambivalence, où chaque avancée semble compensée par un recul, chaque promesse par une menace.

À l’ère des bifurcations climatiques et géopolitiques, l’Algérie joue sa partition dans un orchestre mondial désaccordé. Mais là où certains pays africains misent sur l’audace (le Kenya et ses « Silicon Savannah », le Rwanda et son hub technologique), l’Algérie avance par à-coups, comme si son élite politique et économique hésitait encore entre le modèle rentier du XXe siècle et les défis du XXIe. Cette revue de presse n’est pas un simple inventaire : c’est une radiographie des forces en présence, des lignes de fracture et des possibles qui s’ouvrent – ou se ferment.

**1. La technologie comme champ de bataille : entre censure et révolution silencieuse**

L’Algérie vient de rejoindre le club très restreint des pays interdisant les cryptomonnaies, aux côtés de la Chine, de l’Égypte ou du Qatar. Une décision qui en dit long sur la méfiance du pouvoir envers les outils de décentralisation financière. Pourtant, cette criminalisation contraste violemment avec deux réalités :

L’Afrique, continent crypto, où les stablecoins (monnaies indexées sur des actifs stables comme le dollar) explosent, notamment au Nigeria, au Kenya et en Afrique du Sud. L’Algérie, en se fermant, se prive d’un levier d’inclusion financière pour sa jeunesse connectée et d’un outil de contournement de la dépendance au dinar.
L’essor des start-up algériennes, porté par des figures comme Rahabi Anis, nouveau directeur du Fonds algérien des start-up. Le baromètre 2025 du capital-risque place l’IA comme « accélérateur de particules » – une métaphore révélatrice : l’Algérie pourrait-elle devenir un hub technologique régional ? Rien n’est moins sûr, tant que la Banque d’Algérie maintient un contrôle strict des changes et que les entrepreneurs doivent composer avec un écosystème bancaire réticent.

Contradiction majeure : L’État algérien veut à la fois moderniser son économie et garder la main sur les flux financiers. Résultat ? Une schizophrénie institutionnelle où l’on encourage les chambres froides pour les surplus agricoles (une mesure salutaire, mais tardive) tout en interdisant les outils qui permettraient aux agriculteurs de sécuriser leurs revenus via des contrats intelligents ou des financements décentralisés.

**2. L’eau, ou l’autre guerre invisible du Maghreb**

Le manque d’eau au Maghreb n’est pas une menace future : c’est une réalité qui frappe déjà à la porte. Les rapports récents soulignent une urgence absolue, alors que les nappes phréatiques s’épuisent et que les barrages algériens affichent des taux de remplissage alarmants. Pourtant, la gestion de cette crise révèle deux approches radicalement opposées :

La coopération régionale, illustrée par les accords Algérie-Tunisie (sept conventions signées en 2024, échanges dépassant 2,3 milliards de dollars). Les deux pays discutent même d’une zone de libre-échange, un pas vers une intégration maghrébine qui semblait improbable il y a encore cinq ans. Mais cette coopération bute sur un obstacle : la Tunisie, en crise économique profonde, voit dans l’Algérie un partenaire et un rival pour les investissements étrangers.
L’inaction structurelle, malgré les alertes. Les projets de dessalement d’eau de mer, pourtant prometteurs, avancent au rythme d’un escargot bureaucratique. Pendant ce temps, les agriculteurs algériens – déjà frappés par la sécheresse – doivent composer avec des crédits gratuits pour les chambres froides… alors que l’eau vient à manquer pour irriguer leurs récoltes.

Fils rouges avec d’autres domaines :
Sécurité alimentaire : Le scandale Findus (intermédiaires opaques, non-traçabilité) montre que la crise de l’eau aggrave les risques de pénuries et de fraudes. Comment garantir la qualité des produits quand les ressources hydriques sont contaminées ou insuffisantes ?
Énergie solaire : Les projets solaires pourraient alimenter des usines de dessalement… mais leur développement reste lent, faute d’investissements étrangers massifs (voir partie 5).

**3. L’artisanat et le tourisme : un patrimoine en quête de modèle économique**

Le Sahara algérien a attiré 47 000 touristes étrangers en 2024-2025 – un chiffre modeste, mais en hausse. Pourtant, cette timide embellie cache une réalité plus sombre : l’Algérie peine à valoriser son patrimoine immatériel, alors que le Maroc mise sur le caftan pour conquérir l’UNESCO.

Trois paradoxes :
1. L’artisanat algérien, entre folklore et innovation : Le Salon national de l’artisanat à Sousse (Tunisie) est une vitrine… mais combien de ces artisans algériens exportent-ils réellement ? Le secteur reste prisonnier d’un modèle artisanal peu industrialisé, faute de financements et de formations adaptées (voir partie 4).
2. Le tourisme, parent pauvre de la diversification : L’Algérie dispose d’atouts majeurs (Tassili n’Ajjer, Djanet, les ksour du Sud), mais son offre touristique reste désorganisée. Comparaison cruelle : le Maroc a attiré 14 millions de visiteurs en 2023, l’Algérie peine à dépasser le million.
3. L’archéologie, trésor sous-exploité : L’exposition « Préhistomania » au Musée de l’Homme met en lumière l’art préhistorique algérien – un patrimoine unique au monde. Pourtant, les sites archéologiques du pays (comme Timgad ou Tipasa) souffrent de manque de moyens et de pillages. Comment expliquer ce désintérêt, alors que l’Algérie pourrait devenir une destination phare du tourisme culturel ?

Lien avec la formation professionnelle : Les « Maisons russes » en Afrique, bras armé du soft power de Poutine, rappellent que la formation est un enjeu géopolitique. L’Algérie, elle, mise sur des bourses d’excellence (comme celle de la Chaire UNESCO)… mais ces programmes ciblent une élite, pas les artisans ou les guides touristiques qui pourraient faire vivre le patrimoine local.

**4. La formation professionnelle : le maillon faible de la transition**

Le BTS 2025 et les sujets corrigés des épreuves communes sont des indicateurs révélateurs : le système éducatif algérien reste ancré dans un modèle théorique, peu adapté aux besoins du marché. Trois problèmes majeurs :

1. L’inadéquation formation-emploi : Les start-up algériennes peinent à recruter des profils techniques (développeurs, data scientists), alors que les universités forment massivement des diplômés en sciences humaines. Résultat ? Un chômage des jeunes à 30% (officiellement), bien plus en réalité.
2. Le soft power étranger : Les « Maisons russes » en Afrique (et leurs équivalents chinois, turcs ou européens) proposent des formations ciblées (agriculture, énergie, numérique). L’Algérie, elle, dépend encore largement de ses propres institutions, souvent obsolètes.
3. L’absence de filière professionnelle attractive : Contrairement à l’Allemagne ou à la Corée du Sud, où l’apprentissage est valorisé, l’Algérie n’a pas encore réussi à faire de la formation professionnelle une voie d’excellence. Les crédits pour les chambres froides agricoles sont une bonne mesure… mais qui formera les techniciens capables de les installer et de les entretenir ?

Conséquence : L’Algérie exporte ses talents (les « cerveaux en fuite ») et importe des compétences (via des contrats avec des entreprises étrangères), tout en laissant son système éducatif sclérosé.

**5. Énergie et investissements : l’Algérie face au dilemme de la transition**

L’Algérie est assise sur un paradoxe énergétique : elle possède le 10e potentiel solaire mondial, mais reste dépendante des hydrocarbures (90% de ses exportations). Les actualités récentes montrent une timide prise de conscience, mais aussi les limites d’une transition contrôlée par l’État.

Trois dynamiques contradictoires :
1. Le solaire, parent pauvre de la transition : Les rapports soulignent le potentiel inexploité de l’énergie solaire, mais les projets avancent lentement. Pourquoi ? Parce que Sonatrach et Sonelgaz, géants étatiques, freinent des quatre fers pour ne pas perdre leur monopole. Résultat : l’Algérie rate le coche des énergies renouvelables, alors que le Maroc et l’Égypte attirent des milliards de dollars d’investissements.
2. Les terres rares et l’uranium : la nouvelle ruée vers l’Afrique : L’Inde et le Canada ont signé des accords avec l’Algérie pour exploiter ces ressources stratégiques. Une bonne nouvelle ? Pas si sûr. Ces contrats rappellent ceux des années 1970, où l’Algérie vendait son pétrole à bas prix en échange de promesses de développement. Aujourd’hui, les terres rares pourraient suivre le même chemin : extraites par des multinationales, avec peu de retombées locales.
3. Trump et le Maghreb : une relation purement transactionnelle : Les États-Unis voient l’Algérie comme un fournisseur d’énergie (gaz, hydrogène vert) et un rempart contre l’influence russe et chinoise. Mais cette coopération reste superficielle : pas de transfert de technologie, pas de formation massive, juste des contrats d’achat.

Lien avec la sécurité alimentaire : Les projets solaires pourraient alimenter des usines de dessalement, réduisant la pression sur les ressources en eau. Mais sans investissements massifs et sans réforme du secteur énergétique, cette synergie restera un vœu pieux.

**Synthèse prospective : l’Algérie en 2035, entre effondrement et renaissance**

L’Algérie de 2025 est un pays en suspens. Ses atouts sont immenses : une jeunesse éduquée et connectée, des ressources naturelles colossales, une position géostratégique clé entre l’Afrique et l’Europe. Pourtant, son système politique et économique semble incapable de les exploiter pleinement. Trois scénarios se dessinent pour les

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