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**L’Algérie, laboratoire des tensions modernes**
Ces actualités dessinent une Algérie qui oscille entre deux mouvements : un repli défensif (sur le dinar, la langue, les traditions) et une projection ambitieuse (solaire, start-up, coopération internationale). Mais derrière cette apparente dichotomie se cache une question plus profonde : l’Algérie est-elle en train de négocier une nouvelle forme de souveraineté, ou de reproduire, sous des habits neufs, les dépendances d’hier ?
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**1. La souveraineté énergétique : le solaire comme alibi ou comme révolution ?**
Le portrait de Karim Essemiani, fondateur de Gwenneg, est révélateur. Son parcours – un Algérien devenu entrepreneur en Bretagne – illustre la circulation des compétences entre l’Algérie et l’Europe, mais aussi l’exil des talents. Combien d’ingénieurs algériens, formés dans les universités du pays, finissent par travailler pour des groupes étrangers parce que le tissu industriel local ne leur offre pas de débouchés ? La centrale de Taleb Larbi crée des emplois, certes, mais combien de ces emplois sont durables, et combien sont précaires, dépendants des financements internationaux ?
Par ailleurs, la fermeture de Fessenheim en France pose une question cruciale : l’Algérie peut-elle devenir un fournisseur d’énergie verte pour l’Europe, ou restera-t-elle cantonnée au rôle de réservoir de gaz ? La réponse dépendra de sa capacité à maîtriser la chaîne de valeur – de la fabrication des panneaux solaires à la gestion des réseaux intelligents. Or, aujourd’hui, l’Algérie importe encore une grande partie de ses équipements. Le solaire est-il une révolution ou un simple greenwashing énergétique ?
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**2. L’économie informelle et la dépréciation du dinar : la fin du mythe de la stabilité monétaire**
Cette crise monétaire révèle une vérité cruelle : l’Algérie reste prisonnière d’un modèle rentier. Les recettes pétrolières et gazières, bien que toujours substantielles, ne suffisent plus à financer les importations massives de biens de consommation (voitures, médicaments, électronique). Résultat : le dinar s’effondre, le pouvoir d’achat s’érode, et les inégalités explosent.
Pourtant, des solutions existent. La finance islamique, en plein essor (Wifak Bank affiche une croissance record), pourrait offrir une alternative au système bancaire traditionnel, trop dépendant des liquidités en devises. Mais pourra-t-elle se développer sans une réforme structurelle du secteur financier ? Aujourd’hui, les banques algériennes restent sous le contrôle de l’État, et leur gouvernance est souvent opaque. La finance islamique est-elle une solution ou un simple produit marketing pour attirer les capitaux du Golfe ?
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**3. La santé et la gériatrie : quand la coopération franco-algérienne révèle les failles du système**
L’article d’Abdeslam Seddiki sur la construction de l’identité professionnelle des médecins algériens est éclairant. Former un médecin, ce n’est pas seulement lui apprendre des techniques, c’est lui donner les moyens de rester dans son pays. Or, aujourd’hui, des milliers de médecins algériens quittent le pays chaque année, attirés par des salaires plus élevés en Europe ou dans les pays du Golfe. La coopération franco-algérienne est-elle une solution ou un pansement sur une hémorragie ?
Par ailleurs, cette coopération pose une question politique : pourquoi l’Algérie, qui dépense des milliards dans des mégaprojets (autoroutes, mosquées, stades), ne parvient-elle pas à former et retenir ses médecins ? La réponse tient en partie à la bureaucratie et à la corruption, qui étouffent l’initiative locale. Les hôpitaux publics algériens manquent cruellement de moyens, tandis que les cliniques privées, réservées à une élite, prospèrent.
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**4. Langue, littérature et identité : le français, langue de la domination ou outil de résistance ?**
Cette tension linguistique reflète une crise identitaire plus large. L’Algérie est un pays où trois langues coexistent (arabe, berbère, français), mais où aucune n’est pleinement maîtrisée par tous. Le français, héritage colonial, reste la langue des élites et des affaires. L’arabe, langue officielle, est souvent mal enseigné. Le berbère, enfin, peine à trouver sa place dans l’espace public.
Pourtant, la littérature algérienne en français (de Kateb Yacine à Kamel Daoud) a produit des œuvres majeures, transformant la langue de l’oppresseur en outil de résistance. Mais aujourd’hui, cette dynamique est menacée par l’instrumentalisation politique des langues. Certains voient dans le français un vestige du colonialisme, d’autres dans l’arabe une langue imposée par le pouvoir. Comment construire une identité algérienne apaisée dans un tel contexte ?
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**5. Les femmes et l’avortement : quand l’Algérie regarde (sans voir) les combats de ses voisines**
L’avortement y est légal… mais seulement en cas de viol, de malformation fœtale ou de danger pour la mère. Dans les faits, les femmes algériennes avortent clandestinement par milliers, au péril de leur vie. Pourtant, le sujet reste tabou. Les féministes algériennes, comme celles du collectif Femmes Algériennes pour un Changement vers l’Égalité (FACE), se battent pour une libéralisation de la loi, mais elles se heurtent à une société profondément patriarcale et à un État qui instrumentalise la religion.
Le parallèle avec le Kenya est frappant : quand un pays africain progresse sur les droits des femmes, l’Algérie, elle, stagne. Pire : elle regarde ailleurs, comme si ces combats ne la concernaient pas. Pourtant, les Algériennes sont de plus en plus nombreuses à exiger leurs droits, notamment via les réseaux sociaux. Combien de temps encore le pouvoir pourra-t-il ignorer cette lame de fond ?
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**6. Technologie et cyberdéfense : l’Algérie, future puissance numérique ou simple client des GAFAM ?**
Les cyberattaques contre Naval Group et Orange Cyberdefense rappellent une réalité brutale : dans le cyberespace, la guerre est permanente. L’Algérie, qui a subi plusieurs attaques majeures ces dernières années (notamment contre Sonatrach), doit construire ses propres capacités de défense. Mais pour cela, il lui faut former des experts, développer des logiciels locaux et résister à la tentation de l’externalisation.
Le vrai défi, cependant, est politique. L’Algérie a longtemps censuré Internet (blocage de Facebook, Twitter, YouTube), avant de se raviser sous la pression des jeunes. Aujourd’hui, le pouvoir tente de contrôler le numérique sans étouffer l’innovation. Mais peut-on concilier surveillance et liberté ? La réponse déterminera si l’Algérie deviendra une cyberpuissance ou un simple marché pour les multinationales.
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**7. Traditions et modernité : les zaouïas, dernier rempart contre l’uniformisation ?**
Dans un pays où l