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**L’Algérie à l’épreuve de ses propres récits**
Ce qui frappe, c’est l’absence de linéarité. L’Algérie avance par saccades, comme si chaque progrès devait composer avec les fantômes du passé. Les célébrations de Yennayer côtoient les difficultés d’accès aux archives coloniales ; les accords sur les eaux sahariennes voisinent avec les classements peu flatteurs sur la liberté de la presse. Le pays semble tiraillé entre une volonté de contrôle – politique, médiatique, économique – et une aspiration à l’ouverture, portée par une jeunesse connectée, des artistes internationaux et une diaspora influente.
Cette revue de presse n’est pas un simple inventaire. Elle cherche à révéler les fils rouges qui relient ces domaines en apparence disjoints : la question de la souveraineté (économique, culturelle, hydrique), la place de l’Algérie dans le monde (entre France, Chine et Afrique), et surtout, la bataille pour la narration – qui écrit l’histoire, qui la diffuse, qui en profite ?
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**Souveraineté hydrique : le Sahara comme laboratoire géopolitique**
Pourtant, cette coopération cache une réalité plus sombre : l’Algérie, comme ses voisins, puise déjà dans des nappes fossiles non renouvelables. Le discours sur l’ »exploitation équitable » masque une course contre la montre. Les eaux du Sahara sont un miroir grossissant des contradictions algériennes : comment concilier développement économique et durabilité ? Comment éviter que la rente hydrique ne devienne, comme la rente pétrolière, une malédiction ?
Cette question résonne avec d’autres dossiers. Les travaux publics (ligne ferroviaire Alger-Tamanrasset, modernisation du réseau routier) visent à désenclaver le Sud, mais aussi à faciliter l’exploitation des ressources – eau, mines, énergie solaire. L’Algérie construit son avenir sur un pari risqué : celui d’une transition énergétique et hydrique maîtrisée, alors que son modèle économique reste dépendant des hydrocarbures.
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**La France, l’Algérie et la bataille des récits**
1. Le Parlement des écrivaines francophones à l’IFT (Institut Français de Tlemcen) : un espace de dialogue, mais aussi un rappel que la langue française reste un enjeu politique. Pour l’Algérie, le français est à la fois un héritage colonial et un outil de soft power. Le pays en joue, mais sans jamais céder à une francophonie institutionnelle qui pourrait être perçue comme une nouvelle forme de dépendance.
2. Zineb Sedira, mention spéciale du jury à la Biennale de Venise : une artiste franco-algérienne qui représente la France, mais dont le travail interroge les frontières identitaires. Son succès pose une question cruciale : l’Algérie peut-elle exporter sa culture sans passer par les canaux occidentaux ? La réponse est mitigée. L’Institut du Monde Arabe à Paris expose trois générations d’artistes algériens, mais ces initiatives restent dépendantes des institutions françaises.
3. Les archives de la guerre d’Algérie : toujours inaccessibles, malgré les promesses. Ce blocage n’est pas anodin. Il révèle une peur de la réécriture de l’histoire – ou plutôt, de sa dévoilement. L’Algérie officielle a construit son récit national sur une épopée révolutionnaire unifiée, occultant les divisions internes, les violences post-indépendance, les trahisons. Ouvrir les archives, ce serait risquer de fissurer ce mythe fondateur.
Ces trois éléments montrent que la relation franco-algérienne est moins une question de diplomatie que de narrations concurrentes. L’Algérie refuse d’être réduite à son passé colonial, mais elle peine à proposer un récit alternatif qui ne soit pas purement défensif. D’où cette tension permanente : entre rejet de la France et dépendance à son égard (culturelle, économique, migratoire).
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**Liberté de la presse et contrôle politique : le piège de l’autoritarisme mou**
Pourtant, cette répression n’est pas totale. Elle est sélective. Le régime tolère une certaine critique, à condition qu’elle reste marginale et ne menace pas les fondements du système. Les médias indépendants existent, mais ils sont soumis à des pressions administratives, économiques et parfois judiciaires. La liberté de la presse en Algérie ressemble à un jeu de dupes : on laisse quelques espaces de contestation pour mieux contrôler l’ensemble.
Cette logique se retrouve dans d’autres domaines :
– Les partis politiques : officiellement pluralistes, mais en réalité verrouillés par le FLN et ses satellites. Les élections sont des simulacres, et l’opposition est soit cooptée, soit marginalisée.
– Les startups : encouragées par le gouvernement (cf. l’Algeria Start-up Challenge), mais sous étroite surveillance. Yacine Oualid, ministre délégué à l’Économie de la connaissance, parle de « permettre aux talents de réussir en Algérie » – une formule qui sonne comme un aveu : sans cette « permission », les entrepreneurs n’ont pas leur place.
– Le sport : les fédérations sont sommées d’appliquer la parité, mais dans un contexte où le sport féminin reste sous-financé et stigmatisé. La modernisation est imposée d’en haut, sans réelle adhésion populaire.
L’Algérie pratique ce qu’on pourrait appeler un autoritarisme liquide : assez souple pour s’adapter aux pressions extérieures (FMI, UE, Chine), assez rigide pour empêcher toute alternative politique. Le risque ? Que cette stratégie finisse par étouffer les dynamiques internes, comme un corps qui se raidit jusqu’à l’asphyxie.
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**L’économie algérienne : entre diversification forcée et dépendance persistante**
**1. L’industrie automobile : une diversification sous conditions**
**2. Les startups : l’innovation comme alibi ?**
**3. La Chine : un partenaire encombrant**
**4. Le Maroc comme miroir déformant**
Conclusion partielle : L’Algérie tente de diversifier son économie, mais elle le fait avec les outils d’un État rentier – centralisation, méfiance envers le privé, bureaucratie. Le résultat ? Une modernisation en trompe-l’œil, où les annonces spectaculaires (ligne Alger-Tamanrasset, startups) cachent une réalité plus prosaïque : un pays qui peine à sortir de sa dépendance aux hydrocarbures.
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**Archéologie et patrimoine : le passé comme enjeu politique**
1. L’île de Rachgoun : une richesse écologique et archéologique, mais dont l’exploitation touristique est encore balbutiante. L’Algérie a du mal à valoriser ses sites, faute d’infrastructures et de promotion internationale.
2. Les roches gravées de Guadeloupe : une comparaison qui en dit long. Alors que les Antilles françaises mettent en avant leur patrimoine précolombien, l’Algérie, elle, reste focalisée sur son histoire islamique et révolutionnaire. Les sites préhistoriques (Tassili n’Ajjer, gravures rupestres) sont sous-exploités, voire négligés.
3. Sijilmassa : cette cité