Revue de presse : Partis politiques Algérie, Formation professionnelle Algérie, Archéologie Algérie…

**Le théâtre des apparences : quand l’Algérie joue sur tous les tableaux**

Ce qui frappe, c’est l’absence de cohérence organique entre ces différents champs. L’Algérie avance par à-coups, comme un navire dont les machines tourneraient à des rythmes différents. D’un côté, une archéologie célébrée comme patrimoine national, de l’autre, des hôpitaux en crise et des médias muselés. D’un côté, une formation professionnelle vantée comme levier de développement, de l’autre, un marché du travail verrouillé par les réseaux de clientélisme. Ces dissonances ne sont pas des accidents, mais les symptômes d’un modèle qui refuse de choisir entre l’ouverture et le repli.

**L’État profond et ses masques : la politique comme théâtre d’ombres**

Pourtant, cette façade se lézarde. Le scandale du colonel Belazzoug, révélé par les médias, expose une guerre des clans au sommet de l’État, où la corruption n’est pas une dérive mais un mode de gouvernance. Le cas tunisien des faux diplômes à Tunisair, bien que voisin, résonne comme un miroir : dans les deux pays, les élites se protègent en verrouillant les institutions, tandis que la jeunesse est sommée de se contenter de miettes. François Asselineau, ce candidat français « nostalgique » qui se présente en Algérie, n’est qu’un épiphénomène – la vraie nostalgie, ici, est celle d’un système qui refuse de mourir, malgré son obsolescence.

Le fil rouge ? Une classe dirigeante qui parle de « capitalisme solidaire » (comme l’affirme Mohamed Skander) tout en maintenant un contrôle étatique sur l’économie, où les PME ne peuvent prospérer qu’en s’alliant aux cercles du pouvoir. La microfinance, présentée comme une solution pour les entrepreneurs, reste un outil de dépendance plutôt que d’émancipation. L’Algérie est un pays où l’on forme des experts en cybersécurité (via l’ANSSI) tout en censurant les médias – une schizophrénie assumée.

**L’Afrique comme miroir : entre soft power et dépendances énergétiques**

Pourtant, l’Algérie tente de diversifier son influence. Les programmes comme AFAWA (financement des femmes entrepreneures) ou les initiatives du PNUD en Afrique subsaharienne visent à positionner le pays comme un acteur du développement continental. Mais ces efforts butent sur une réalité : l’Algérie reste prisonnière de son modèle rentier. Son « soft power » africain est limité par son incapacité à exporter autre chose que du gaz et des discours. Les infrastructures portuaires et aéroportuaires, protégées par des systèmes de cybersécurité présentés comme « top 7 mondial », ne servent qu’à sécuriser les flux de matières premières – pas à développer une économie de la connaissance.

Le paradoxe est cruel : l’Algérie forme des ingénieurs en cybersécurité (via E-Campus) et des archéologues pour valoriser des sites comme Siga ou Tipasa, mais ces compétences sont soit sous-employées, soit détournées vers des projets sans lendemain. Le pays a les moyens de devenir un hub technologique régional, mais il préfère jouer les intermédiaires énergétiques – un rôle confortable, mais condamnable à terme.

**La jeunesse sacrifiée : sport, formation et désillusions**

La formation en cybersécurité gratuite, lancée avec tambours et trompettes, est symptomatique. Elle répond à une demande réelle (le pays a besoin de compétences numériques), mais elle ne s’inscrit dans aucune stratégie industrielle. Les diplômés seront-ils embauchés ? Ou rejoindront-ils les rangs des chômeurs qualifiés, condamnés à émigrer ou à travailler dans l’informel ? L’Algérie forme des experts, mais elle ne crée pas les conditions pour les retenir.

Même schéma dans l’archéologie : les sites comme Siga ou Tipasa sont « valorisés », mais pour qui ? Les touristes étrangers, bien sûr – mais aussi, et surtout, pour alimenter un récit national qui peine à trouver sa place dans le monde contemporain. L’Algérie célèbre son passé romain ou berbère, mais elle refuse de regarder en face les défis du présent : une économie en stagnation, une jeunesse désenchantée, une classe moyenne laminée par l’inflation.

**Les femmes, entre empowerment officiel et réalité des rapports de force**

Pourtant, les femmes algériennes résistent. Elles investissent les secteurs informels, créent des réseaux d’entraide, et utilisent les plateformes numériques (comme E-Campus) pour contourner les obstacles. Mais ces initiatives se heurtent à un plafond de verre : celui d’un système où les postes clés, dans les médias comme dans les hôpitaux, restent réservés aux hommes – ou aux femmes dociles, cooptées par le régime.

Le cas des hôpitaux est emblématique. Le nouvel établissement de Touggourt, inauguré en grande pompe, ne doit pas faire oublier le classement désastreux du Maroc (qui sert ici de repoussoir) : en Algérie, le système de santé est à deux vitesses. Les hôpitaux publics, sous-équipés, sont réservés aux classes populaires, tandis que les élites se soignent à l’étranger. La cybersécurité, vantée pour protéger les infrastructures critiques, ne sert qu’à sécuriser les intérêts des clans au pouvoir – pas à améliorer le quotidien des citoyens.

**Médias et vérité : le régime face à son propre miroir**

Cette schizophrénie se retrouve dans la formation professionnelle. On forme des experts en cybersécurité, mais on censure les lanceurs d’alerte. On valorise l’archéologie, mais on étouffe les débats sur l’histoire coloniale. On parle d’innovation, mais on maintient un contrôle étatique sur l’économie. L’Algérie est un pays où l’on peut discuter des « réseaux de centres d’appui à la technologie » (OMPI) tout en emprisonnant des journalistes pour un tweet.

Les médias algériens, qu’ils soient officiels ou indépendants, sont pris dans ce piège. Ils oscillent entre la propagande et l’autocensure, entre la célébration des succès sportifs et le silence sur les dysfonctionnements structurels. Le résultat ? Une société où l’information circule mal, où les rumeurs remplacent l’analyse, et où les citoyens sont réduits à des spectateurs – ou à des sujets.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

L’autre option est plus risquée, mais nécessaire : une refonte en profondeur du système. Cela passerait par :
1. Une libéralisation contrôlée de l’économie, où les PME pourraient enfin prospérer sans dépendre des réseaux du pouvoir.
2. Une réforme de l’État, pour briser les clans et instaurer une méritocratie réelle – y compris dans les médias et les hôpitaux.
3. Une diplomatie africaine ambitieuse, qui ne se limite pas à vendre du gaz, mais qui mise sur l’innovation et les compétences alg

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