Revue de presse : Logement Algérie, Algériens à l’étranger, 5G Algérie…

**Le grand théâtre des promesses : quand l’État algérien joue à cache-cache avec son peuple**

L’Algérie contemporaine ressemble à un palimpseste où s’entremêlent les couches d’un récit officiel, les cicatrices d’un passé colonial toujours présent, et les aspirations d’une jeunesse en quête d’horizons. Les actualités des dix derniers jours dessinent une carte des tensions qui structurent le pays : entre volonté de contrôle et velléités de rupture, entre héritage postcolonial et tentation néolibérale, entre souveraineté affichée et dépendances masquées. Ce qui frappe, c’est l’absence de cohérence apparente entre ces domaines, comme si l’État algérien, tel un funambule, avançait sur plusieurs fils à la fois sans jamais tomber – ou du moins, sans le laisser paraître.

Pourtant, derrière le rideau des annonces spectaculaires (2 millions de logements, lancement de la 5G, forum sur la finance islamique), se joue une partie bien plus subtile : celle de la légitimité d’un système qui cherche à se réinventer sans jamais remettre en cause ses fondements. L’Algérie est-elle en train de négocier un virage historique, ou simplement de reproduire, sous de nouvelles formes, les mêmes logiques de pouvoir et d’exclusion ?

**La machine à rêves : logement, 5G et finance islamique, ou l’art de gouverner par l’économie**

**Le logement, opium du peuple ?**

La question de l’or, évoquée en marge, est révélatrice. Dans un contexte d’inflation et de dépréciation du dinar, l’or devient une valeur refuge – non seulement pour les citoyens, mais aussi pour l’État, qui en stocke des réserves colossales. Le logement et l’or : deux faces d’une même stratégie de stabilisation par l’économie, où l’on achète la paix sociale à crédit, en espérant que les générations futures paieront la facture.

**La 5G, ou comment vendre la modernité sans démocratiser le pouvoir**

Le paradoxe est saisissant : l’Algérie investit dans les infrastructures de la modernité tout en muselant les espaces de liberté qui devraient l’accompagner. La 5G sans liberté d’expression, c’est comme un moteur sans carburant – ça fait du bruit, mais ça ne mène nulle part.

**La finance islamique, cache-sexe du néolibéralisme ?**

Le problème ? Cette finance, aussi « islamique » soit-elle, reste soumise aux mêmes logiques de profit et de spéculation que le système qu’elle prétend remplacer. L’agence de l’auto-entrepreneur, créée en parallèle, en est la preuve : on encourage l’initiative individuelle, mais sans toucher aux monopoles d’État ni aux réseaux de clientélisme qui étouffent toute véritable innovation.

**L’exil comme soupape : quand la jeunesse algérienne vote avec ses pieds**

**Le Canada, nouvel eldorado ?**

Cette hémorragie des cerveaux n’est pas nouvelle, mais elle prend une dimension dramatique. L’Algérie forme des ingénieurs, des médecins, des informaticiens, pour les voir s’envoler vers Montréal, Paris ou Dubaï. Le pays investit dans la formation professionnelle (comme en témoigne la rentrée 2026 sous le signe de la « transformation »), mais ces efforts sont vains si les jeunes n’ont aucune raison de rester.

**L’éducation, variable d’ajustement**

La « transformation » promise pour la formation professionnelle est un leurre tant qu’elle ne s’accompagne pas d’une refonte en profondeur des programmes, d’une autonomie réelle des établissements, et d’un lien concret avec les besoins du marché. Aujourd’hui, un jeune Algérien peut sortir d’une école de commerce sans savoir monter un business plan, ou d’un institut technique sans maîtriser les outils numériques. Le résultat ? Une jeunesse surdiplômée et sous-employée, condamnée à l’exil ou au secteur informel.

**Démocratie en carton-pâte : élections, ingérences et isolement diplomatique**

**Les municipales 2026, ou le théâtre de l’absurde**

Que la Russie ou la Chine cherchent à peser sur les municipales algériennes en dit long sur l’importance stratégique du pays. Mais cela révèle aussi l’incapacité du régime à organiser des scrutins crédibles. Les municipales 2026, comme toutes les élections avant elles, seront une mascarade – une façon de donner l’illusion d’un processus démocratique, alors que le pouvoir reste verrouillé par une caste militaire et bureaucratique.

**L’isolement diplomatique, ou l’art de se tirer une balle dans le pied**

Le comble ? Alors que l’Algérie se présente comme un champion de la décolonisation, elle reproduit les mêmes schémas de domination dans ses relations avec ses voisins. La question de l’eau, évoquée dans le dossier Algérie-Maroc, est emblématique : alors que les deux pays se disputent les ressources hydriques, les populations des quartiers précaires, des deux côtés de la frontière, crèvent de soif. La « démocratie de l’eau », promise mais jamais réalisée, est un miroir grossissant des échecs du système.

**Mémoire et résistance : quand le passé refuse de mourir**

**La spoliation coloniale, une blessure toujours ouverte**

Le colloque sur les prisons coloniales à Tlemcen, ou les travaux sur la spoliation des richesses matérielles et immatérielles, sont des pas dans la bonne direction. Mais tant que ces questions restent cantonnées à des cercles académiques ou à des discours officiels, elles ne serviront qu’à alimenter le ressentiment sans apporter de solutions concrètes.

**Le cinéma algérien, entre mémoire et résistance**

Le film « Alger », présenté comme un thriller entre identité et mémoire, est un exemple de cette tension. Comment raconter l’Algérie d’aujourd’hui sans tomber dans le piège du manichéisme ? Comment concilier mémoire et modernité, sans sacrifier l’une à l’autre ? Ces questions, que le cinéma algérien pose avec une acuité particulière, sont au cœur des défis du pays.

**Droits humains : le silence comme politique d’État**

**#MeToo en Algérie, ou l’impossible prise de parole**

Laisser un commentaire