Revue de presse : Importations Algérie, Algériens à l’étranger, Made in Algeria…

**L’Algérie à l’épreuve du temps : un pays en tension entre deux récits**

Ces fils rouges, souvent invisibles dans le traitement médiatique fragmenté, révèlent une Algérie en quête d’un nouveau paradigme. Lequel ?

**1. L’économie algérienne : entre autarcie proclamée et dépendance assumée**

Contradiction majeure : L’État algérien dépense des milliards pour promouvoir le « Made in Algeria » (comme au Sitev 2024), tout en maintenant un système où les importations restent la variable d’ajustement des pénuries. La question n’est pas tant celle de la volonté politique que celle des structures : comment bâtir une industrie compétitive quand le secteur privé est étouffé par la bureaucratie et que les investissements étrangers sont découragés par un code des investissements restrictif ?

**La diaspora, variable d’ajustement ou levier stratégique ?**

Fait symptomatique : Le président Tebboune reçoit l’ambassadeur de France au moment où l’Algérie durcit sa rhétorique contre « l’ingérence étrangère ». Cette schizophrénie reflète une réalité plus large : l’Algérie a besoin de l’Europe (pour les visas, les investissements, les transferts de technologie), mais ne peut se permettre de le reconnaître publiquement, sous peine de saper son discours souverainiste.

**2. La souveraineté numérique : un leurre ou une révolution en marche ?**

Paradoxe algérien : Le pays forme des « citoyens numériques » tout en maintenant un internet parmi les plus surveillés d’Afrique. La création de « skills centers » et de diplômes de 4e génération répond à une urgence – celle de ne pas rater le train de l’IA et des data centers –, mais sans une réforme profonde de l’enseignement supérieur (toujours marqué par le clientélisme et le manque de moyens), ces initiatives risquent de rester des coquilles vides.

**La presse : entre censure et résistance créative**

Exemple frappant : L’exposition d’arts plastiques à Oran, célébrée comme un symbole de vitalité culturelle, contraste avec l’absence de couverture médiatique sur la répression des artistes critiques (comme le rappeur Soolking, régulièrement censuré). La presse algérienne, comme le numérique, est un champ de bataille où se joue la légitimité du pouvoir.

**3. L’armée : colonne vertébrale d’un État en quête de légitimité**

1. Une armée qui sort de ses casernes : L’annonce de la mort de trois trafiquants marocains près de la frontière (un incident répété deux fois dans les dépêches, signe d’une communication soigneusement orchestrée) s’inscrit dans une logique de durcissement sécuritaire. L’Algérie, qui accuse le Maroc de soutenir le « séparatisme kabyle », utilise ces incidents pour justifier une militarisation accrue – au risque de transformer la région en zone de tensions permanentes.

2. Une armée qui remplace l’État : Dans un pays où les institutions civiles sont affaiblies (justice, éducation, santé), l’armée devient le dernier rempart contre le chaos. Mais cette omniprésence pose une question existentielle : l’Algérie peut-elle se démocratiser si son armée reste le principal acteur politique ?

**La Kabylie : le fantôme qui hante l’État algérien**

Conséquence : Le pouvoir algérien oscille entre deux stratégies – la répression pure (comme en 2021 lors des manifestations du Hirak) et la cooptation (en nommant des Kabyles à des postes clés, comme l’actuel Premier ministre Nadir Larbaoui). Aucune des deux ne résout le problème de fond : celui d’une identité algérienne plurielle, que l’État refuse de reconnaître.

**4. Les femmes et l’énergie : les oubliées de la transition**

1. La dépendance aux hydrocarbures : L’Algérie tire encore 95 % de ses revenus d’exportation du pétrole et du gaz. Les renouvelables, malgré les annonces, ne représentent que 1 % de la production énergétique. Le modèle économique algérien reste ancré dans l’extractivisme – un choix qui hypothèque l’avenir.

2. L’absence des femmes dans les secteurs stratégiques : Les énergies renouvelables, comme le note la tribune sur les « injustices des fossiles », risquent de reproduire les mêmes inégalités. En Algérie, les femmes représentent moins de 20 % des emplois dans les secteurs énergétiques et techniques. Leur exclusion n’est pas seulement une question de justice sociale, mais aussi un gaspillage de compétences – dans un pays où les femmes sont majoritaires à l’université.

**Le transport : miroir des inégalités régionales**

Enjeu caché : Ces déséquilibres régionaux alimentent les frustrations locales – comme en Kabylie, où les revendications autonomistes sont aussi économiques (accès aux ressources, emplois). Le transport, comme l’énergie, est un révélateur des fractures algériennes.

**Synthèse prospective : l’Algérie à la croisée des chemins**

1. Le souverainisme économique (substitution aux importations, promotion du « Made in Algeria ») vs. la dépendance structurelle (aux importations, à la diaspora, aux hydrocarbures).
2. La modernisation numérique (fibre optique, e-paiement) vs. le contrôle autoritaire (censure, surveillance).
3. La puissance militaire (industrie de défense, influence régionale) vs. la fragilité intérieure (mouvements autonomistes, crise de légitimité).
4. Les ambitions vertes (énergies renouvelables) **vs. l’

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