La semaine a été marquée par des avancées réglementaires ciblées, des ajustements fiscaux pour les entreprises et une intensification des dynamiques entrepreneuriales, notamment dans l’e-commerce et la diaspora. Les décisions sur l’hydrogène vert et le tourisme de bien-être confirment une orientation sectorielle distincte. Les entrepreneurs locaux et internationaux doivent composer avec des cadrages fiscaux précis et des opportunités sectorielles en évolution.
Réglementation et fiscalités : ajustements ciblés pour les entreprises
Le ministère des Finances a publié des clarifications sur la retenue à la source pour les dépenses engagées par des filiales étrangères non refacturées. Les entreprises concernées doivent désormais justifier ces dépenses sous peine de redressement, avec un taux de retenue de 10 % appliqué par défaut en l’absence de preuve. Cette mesure s’inscrit dans le cadre de la lutte contre l’optimisation fiscale agressive, un sujet récurrent depuis 2023.
Pour les non-résidents, la déclaration d’impôt pour 2024 impose un formulaire simplifié (N° 2024-IM) disponible en ligne, avec un délai de dépôt jusqu’au 15 septembre. Le seuil d’exonération reste fixé à 500 000 DZD de revenus annuels. Les dividendes étrangers, eux, sont désormais soumis à un prélèvement forfaitaire unique de 15 %, sauf convention de double imposition.
Côté EURL, la liste des métiers en tension pour 2026 a été publiée par wilaya. Les secteurs les plus demandés incluent :
– BTP : 12 000 postes en Oranie, 8 500 à Alger.
– Santé : 3 200 infirmiers et 1 800 médecins généralistes.
– Tech : 2 100 développeurs et 1 500 spécialistes cybersécurité.
Les solutions proposées par l’État misent sur :
1. Formation accélérée : 15 programmes certifiants en partenariat avec l’ANSEJ.
2. Incitations à l’embauche : exonération partielle des cotisations patronales pendant 12 mois pour les jeunes diplômés (<30 ans).
Un alignement avec les besoins du marché intérieur et des projets d’infrastructure est visible.
E-commerce et freelance : digitalisation accélérée et nouveaux modèles
L’e-commerce algérien voit émerger les influenceurs comme leviers commerciaux. En 2026, les produits tendance identifiés par les plateformes incluent :
– Textile : robes en lin (hausse de 40 % des recherches).
– Électronique : chargeurs solaires portables (demande +25 % en été).
– Alimentaire : épices bio et produits halal traçables.
Les méthodes pour générer des revenus sur Facebook en 2026 ciblent :
1. Vente directe via Marketplace : 1,2 million de comptes actifs en Algérien.
2. Publicités ciblées : coût moyen de 150 DZD par 1 000 impressions.
3. Abonnements groupes privés : 21 % des influenceurs monétisent via des communautés payantes (tarif moyen : 500 DZD/mois).
Pour les freelances, l’ouverture de comptes bancaires non-résidents se démocratise :
– Banques en ligne : 4 options disponibles (Al Baraka, BNA, CNEP, BDL).
– Conditions : dépôt minimum de 5 000 USD ou équivalent en devise.
– Frais : virement incoming gratuit (plafond 10 000 USD/mois).
Diaspora entrepreneuriale : opportunités et contraintes logistiques
Le ministre des Startups, Yacine Oualid, a réaffirmé l’objectif de 5 000 startups créées par la diaspora d’ici 2027, avec un budget de 1,2 milliard DZD alloué aux appels à projets. Les secteurs prioritaires :
– Agrotech : 300 millions DZD pour l’irrigation intelligente.
– Fintech : 200 millions pour les solutions de paiement mobile.
– Énergies renouvelables : 150 millions pour les micro-réseaux solaires.
Air Algérie a lancé un dispositif spécial pour l’été 2024 :
– Capacité augmentée : +18 % de vols vers la France et +22 % vers l’Espagne.
– Tarifs promotionnels : billets à partir de 25 000 DZD (Paris-Alger, classe économique).
Cependant, les transferts de capitaux pour investissements à l’étranger restent encadrés :
– Plafond : 100 000 USD/an par personne physique.
– Justificatifs obligatoires : contrat de partenariat ou preuve de création d’entreprise.
Investissements étrangers et hydrogène vert : un retard relatif, mais des signaux
Le Maroc a publié une circulaire sur l’hydrogène vert en juin 2024, proposant :
– Foncier : 5 zones franches dédiées (Agadir, Dakhla).
– Incitations : exonération totale de droits de douane pendant 10 ans.
– Prix garanti : 1,8 USD/kg pour les exportations vers l’Europe.
En Algérie, aucun projet n’a été annoncé cette semaine, mais la plateforme Green H2A (IRESEN, UM6P, OCP) sera opérationnelle d’ici fin 2024. Ses objectifs :
– Production annuelle : 50 000 tonnes d’ici 2027.
– Partenariats : accords en cours avec l’Allemagne et les Pays-Bas.
Le retard marocain, pointé du doigt par des analystes, s’explique par :
– Manque de cadres réglementaires (loi en attente depuis 2022).
– Dépendance aux subventions européennes (70 % des investissements prévus).
Statuts juridiques et industrie : simplification administrative, mais urgences sectorielles
Les porteurs de projets industriels ont jusqu’au 20 août pour déposer leurs programmes prévisionnels d’importation (PPI). Les secteurs concernés :
– Engrais : Fertial annonce un investissement de 40 milliards DZD pour étendre sa capacité de production d’ammoniac.
– Pharmacie : 12 nouveaux PPI déposés pour des médicaments génériques.
La numérisation progresse avec la signature d’une convention entre la CNEP-Banque et Algérie Poste pour :
– Digitalisation des guichets : 200 bureaux de poste équipés de terminaux de paiement d’ici 2025.
– Services en ligne : ouverture de comptes bancaires à distance pour les TPE.
Tourisme et bien-être : un secteur en quête de diversification
Le Sofitel Thalassa Alger Sea & Spa entrera en phase finale d’ici fin 2024, avec :
– Investissement : 8 milliards DZD.
– Capacité : 300 chambres et 12 000 m² de spa.
– Emplois créés : 450 postes directs.
Parallèlement, Starwood Hotels (Marriott) ouvrira Le Méridien Oran en 2025, avec 250 chambres et un centre de congrès de 2 000 places. Ce projet s’inscrit dans la stratégie nationale de 100 000 lits touristiques supplémentaires d’ici 2029.
Création d’entreprise : innovation et compétition internationale
Le Vietnam a lancé un programme d’innovation ouverte avec 500 millions USD alloués aux startups étrangères, dont 120 millions pour l’IA. Cette initiative pourrait attirer des entrepreneurs algériens, notamment dans les niches :
– Agritech : solutions pour la gestion de l’eau.
– Edtech : plateformes de formation en ligne adaptées aux besoins locaux.
Aux États-Unis, Mark Zuckerberg a proposé 1,5 milliard USD à un ex-OpenAI pour un projet de fondation, mais celui-ci a refusé, citant des désaccords stratégiques. Cet épisode illustre la guerre des talents en IA, avec des salaires dépassant 300 000 USD/an pour les profils seniors.
Bilan de la semaine : ce qui change pour les entrepreneurs
1. Fiscalité : durcissement des contrôles sur les dépenses des filiales étrangères et clarification des obligations pour les non-résidents.
2. E-commerce : montée en puissance des influenceurs comme canaux de vente, avec des méthodes de monétisation précises.
3. Diaspora : mesures incitatives pour les entrepreneurs, mais contraintes persistantes sur les transferts de capitaux.
4. Industrie : urgence sur les PPI et opportunités dans l’agrochimie (Fertial).
5. Tourisme : deux projets majeurs en cours (Sofitel, Méridien), confirmant l’orientation vers le haut de gamme.
À retenir pour les entrepreneurs
– Les dépenses engagées par des filiales étrangères non refacturées font l’objet d’une surveillance accrue.
– Les influenceurs algériens générant plus de 50 000 DZD/mois de revenus en ligne doivent s’inscrire au régime des micro-entreprises.
– Les PPI industriels doivent être déposés avant le 20 août, sous peine de perte de priorité pour les appels d’offres publics.
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