Tendances de la semaine
Fiscalité et conformité : nouvelles règles pour les entreprises et les non-résidents
La Loi de finances 2026 introduit un avantage fiscal dans le secteur automobile, pointé par Moez Belkhiria, président de la Fédération algérienne des concessionnaires automobiles. Le dispositif crée un déséquilibre concurrentiel entre les acteurs locaux et les importateurs. Aucune précision n’a été donnée sur la nature de l’avantage ni son montant.
Pour les non-résidents, l’administration fiscale algérienne clarifie les obligations déclaratives pour 2024 :
– Déclaration des revenus : Les non-résidents doivent déclarer les revenus de source algérienne (loyers, dividendes, plus-values) via le formulaire G N° 50. Les revenus étrangers ne sont pas imposables en Algérie, sauf si transférés sur un compte local.
– Double imposition : Les dividendes perçus à l’étranger sont soumis à un prélèvement libératoire de 10 % en Algérie, sous réserve des conventions fiscales bilatérales. L’Algérie a signé 47 conventions, dont celles avec la France, l’Espagne et les Émirats arabes unis.
– Comptes bancaires : Les freelances et entrepreneurs non-résidents peuvent ouvrir un compte en dinars convertibles (DZD) ou en devises, avec des restrictions sur les transferts sortants (plafond de 10 000 €/an pour les comptes en devises).
Le Registre du commerce impose depuis mai 2024 la déclaration des bénéficiaires effectifs pour toutes les entreprises. Un formulaire obligatoire, disponible sur le site du Centre national du registre du commerce (CNRC), doit être renseigné sous peine de sanctions. Les entreprises de production sont également tenues de fournir un rapport semestriel sur leurs activités, incluant volumes de production, effectifs et investissements.
Financement des PME : le capital-risque et le crowdfunding en première ligne
La Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (Cosob) a délivré le premier agrément pour un fonds de capital-risque en Algérie. Le fonds, dont le nom n’a pas été communiqué, cible les startups et PME innovantes, avec un objectif de levée de 5 milliards de dinars (environ 33 millions d’euros). Les secteurs prioritaires incluent les technologies vertes, l’agritech et les solutions numériques.
Le financement participatif (crowdfunding) est présenté comme une alternative aux prêts bancaires. Aucune plateforme locale n’est encore opérationnelle, mais des discussions sont en cours avec des acteurs internationaux pour adapter le modèle au cadre réglementaire algérien. Les projets éligibles devront respecter un plafond de financement de 20 millions de dinars (130 000 €) et une durée maximale de collecte de 90 jours.
L’ANGEM (Agence nationale de gestion du microcrédit) poursuit son rôle de facilitateur pour les très petites entreprises (TPE). En 2023, l’agence a distribué 120 000 microcrédits, pour un montant total de 45 milliards de dinars (300 millions d’euros). Le taux d’intérêt moyen est de 3 %, avec une durée de remboursement maximale de 5 ans.
Partenariats Algérie-Chine : sidérurgie et zones industrielles en négociation
Une délégation du groupe chinois Baowu, premier producteur mondial d’acier, a rencontré le ministre de l’Industrie, Ahmed Adjal, pour discuter de partenariats dans la sidérurgie bas carbone. Baowu propose d’investir dans la modernisation des complexes sidérurgiques algériens, notamment celui d’El Hadjar (Annaba), en échange d’un accès privilégié aux matières premières locales. Le projet inclut la construction d’une unité de production d’acier vert, avec une capacité initiale de 2 millions de tonnes par an.
L’ANGEM et des investisseurs chinois étudient également la création de zones industrielles intégrées dans les wilayas frontalières (Tlemcen, Tébessa, Illizi). L’objectif est d’attirer des entreprises manufacturières chinoises pour des productions destinées à l’export vers l’Afrique et l’Europe. Les incitations incluent :
– Exonération fiscale de 10 ans pour les investissements supérieurs à 1 milliard de dinars (6,6 millions d’euros).
– Accès à des terrains à prix symbolique (1 dinar/m² pour les 5 premières années).
– Simplification des procédures douanières pour les intrants.
Diaspora et mobilité : dispositifs pour les entrepreneurs et les voyageurs
La diaspora algérienne en Espagne bénéficie d’un dispositif spécial pour l’opération « Marhaba 2024 », coordonnée par le Port d’Alicante. Les mesures incluent :
– Réduction de 30 % sur les tarifs des ferries pour les véhicules immatriculés à l’étranger.
– Guichets dédiés pour les formalités douanières, avec un temps d’attente moyen de 20 minutes.
– Assistance en ligne via une application mobile pour le suivi des bagages et des véhicules.
Air Algérie a mis en place un dispositif renforcé pour la saison estivale, avec :
– 15 % de capacité supplémentaire sur les vols vers l’Europe (France, Espagne, Allemagne).
– Ouverture de 3 nouvelles lignes : Alger-Barcelone, Oran-Madrid et Constantine-Lyon.
– Tarifs promotionnels à partir de 25 000 dinars (165 €) aller-retour pour les résidents à l’étranger.
La startup Oudda Abbes, basée à Alger, propose une solution de réservation de places de stationnement via une application mobile. Le service couvre 12 wilayas, avec 50 000 places disponibles. Les utilisateurs paient à la minute (0,5 dinar/minute en moyenne) ou via un abonnement mensuel (2 000 dinars). Le modèle repose sur des partenariats avec des gestionnaires de parkings publics et privés.
E-commerce et innovation : influenceurs et tendances 2026
Les influenceurs deviennent des acteurs clés du e-commerce en Algérie. Une étude du cabinet Djazagro estime que 40 % des achats en ligne dans la mode et les cosmétiques sont influencés par des recommandations sur les réseaux sociaux. Les secteurs les plus dynamiques :
– Mode : Vêtements traditionnels (karakou, burnous) et streetwear local.
– Beauté : Produits halal et marques algériennes (comme Nectar ou Zineglob).
– Alimentation : Livraison de plats traditionnels (couscous, chorba) et épicerie fine.
Pour 2026, 20 produits sont identifiés comme tendances à vendre en ligne :
1. Équipements solaires (kits pour particuliers, prix moyen : 150 000 dinars).
2. Vélos électriques (importés de Chine, prix : 80 000 à 200 000 dinars).
3. Produits bio (huile d’olive, dattes, prix : +30 % par rapport aux produits conventionnels).
4. Accessoires tech (casques VR, enceintes connectées).
5. Meubles modulaires (fabriqués localement, prix : 20 000 à 100 000 dinars).
Les EURL (Entreprises unipersonnelles à responsabilité limitée) sont particulièrement adaptées à ces modèles. La liste des métiers en tension 2026, publiée par le ministère du Travail, inclut :
– Développeurs web (pénurie de 5 000 profils).
– Techniciens en énergies renouvelables (besoin de 3 000 postes).
– Logisticiens (manque de 2 500 employés dans le e-commerce).
Les solutions proposées : formations accélérées (6 mois) avec des partenariats publics-privés, et incitations fiscales pour les entreprises qui recrutent dans ces secteurs.
Freelances et non-résidents : solutions bancaires et déclarations
Les freelances algériens travaillant pour des clients étrangers peuvent ouvrir un compte en devises auprès des banques locales (BNA, BADR, CPA). Les conditions :
– Justificatif de revenus étrangers (contrats, factures).
– Plafond de transfert entrant : 50 000 €/an.
– Frais de change : 1 % pour les virements en euros, 1,5 % pour les autres devises.
Pour les non-résidents, les meilleures options bancaires :
1. Compte en dinars convertibles : Permet de recevoir des devises et de les convertir en DZD. Taux de change appliqué : taux officiel + 0,5 %.
2. Compte en devises : Réservé aux revenus étrangers. Les fonds peuvent être transférés vers l’étranger sans restriction, mais avec un plafond de 10 000 €/an pour les retraits en espèces.
3. Cartes prépayées : Proposées par Algeria Post et Satim, utilisables à l’international (frais de 2 % par transaction).
Bilan de la semaine
**À retenir
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