Revue de presse : Bourse Alger, Transition énergétique Algérie, Armée algérienne…

**L’Algérie à l’épreuve de sa propre métamorphose**

**La bourse d’Alger : le casino de la souveraineté économique**

Pourtant, cette ouverture boursière est un paradoxe. D’un côté, elle répond à une nécessité : l’État ne peut plus seul porter le fardeau des investissements (métro, énergies renouvelables, industrie militaire). De l’autre, elle expose l’Algérie à la volatilité des marchés, alors même que son économie reste dépendante des cours du pétrole. La bourse d’Alger devient ainsi le symbole d’une schizophrénie nationale : comment concilier libéralisation et contrôle, ouverture et souveraineté ?

Le fil rouge ? L’Algérie joue au Monopoly avec des règles qu’elle a elle-même édictées, mais qu’elle peine à appliquer. Les IPO ne sont pas une fin en soi, mais un moyen de détourner l’attention des réformes structurelles qui tardent. Et quand on sait que le pays prépare un Algeria Bid Round 2026 pour attirer les investisseurs étrangers, on comprend que la bourse n’est qu’un maillon d’une stratégie plus large – et plus risquée.

**Énergie : le FMI comme miroir des contradictions algériennes**

Le problème ? L’Algérie veut à la fois garder le contrôle de son pétrole et attirer les investisseurs étrangers. Elle promet des contrats plus attractifs, mais refuse de céder sur la fiscalité ou la propriété des ressources. Résultat : les majors pétrolières hésitent, et le pays reste prisonnier de son modèle rentier. La transition énergétique, annoncée à grand renfort de discours, se heurte à une réalité têtue : sans diversification industrielle, l’Algérie restera un pays mono-exportateur, vulnérable aux chocs externes.

Le lien avec la bourse ? Les deux sont des vitrines. La bourse montre une Algérie ouverte aux capitaux, le secteur énergétique une Algérie maîtresse de son destin. Mais dans les deux cas, le fond reste le même : une économie qui tourne au ralenti, faute de réformes audacieuses.

**L’armée algérienne : le complexe militaro-industriel comme laboratoire de puissance**

Pourtant, cette militarisation de l’économie pose question. L’armée algérienne est-elle en train de devenir un État dans l’État ? Son rôle dans les grands projets (métro, énergies, télécoms) en fait un concurrent des entreprises privées, souvent étouffées par la bureaucratie. Et quand on voit que le Maroc, voisin et rival, collabore avec Thales pour son industrie de défense, on mesure l’urgence pour l’Algérie de ne pas se laisser distancer.

Le fil rouge avec les autres domaines ? L’armée est le dernier rempart d’un système qui peine à se réinventer. Elle incarne la continuité de l’État, là où les institutions civiles (gouvernement, bourse, diplomatie) sont perçues comme fragiles ou corrompues. Mais cette centralisation du pouvoir a un coût : elle étouffe l’innovation et maintient le pays dans une logique de dépendance… aux hydrocarbures, aux contrats publics, et désormais, aux technologies militaires.

**Mobilité et urbanisme : Alger, ville-monde ou ville-saturée ?**

Le projet de gare multimodale à Bab Ezzouar est une réponse partielle à ce défi. Mais derrière les annonces, se pose une question cruciale : l’Algérie est-elle capable de penser la mobilité comme un service public, et non comme un outil de propagande ? Les grands chantiers (métro, tramways, autoroutes) sont souvent présentés comme des victoires politiques, alors qu’ils devraient être des solutions durables.

Le lien avec l’investissement étranger ? L’Algérie a besoin d’argent pour ses infrastructures, mais elle refuse de céder le contrôle. Résultat : les partenariats public-privé (PPP) peinent à décoller, et les projets avancent au rythme des financements publics – c’est-à-dire lentement.

**Investissement étranger : la Chine, le Maroc, et le grand jeu africain**

Pourtant, le pays reste en retard par rapport à ses voisins. La Chine a fait du Maroc un hub entre l’Afrique, l’Europe et l’Asie – une stratégie que l’Algérie pourrait envier, si elle n’était pas si réticente aux partenariats gagnant-gagnant. Pire : alors que le Maroc mise sur les startups et l’innovation (comme en témoigne son ambition de créer des « licornes » dans le jeu vidéo), l’Algérie semble encore hésiter entre protectionnisme et ouverture.

Le paradoxe ? L’Algérie a tout pour devenir un leader africain – ressources, position géostratégique, marché intérieur – mais elle reste prisonnière de ses vieux réflexes. Elle veut attirer les investisseurs sans leur donner de garanties, moderniser son économie sans réformer son administration, et rivaliser avec le Maroc sans adopter ses méthodes.

**Football : l’équipe nationale comme miroir des fractures algériennes**

Pourtant, le football reste un enjeu politique majeur. Il est à la fois un outil de soft power (comme en témoigne l’engouement pour la CAN) et un révélateur des inégalités. Les stades algériens sont pleins, mais les infrastructures sportives restent vétustes. Les joueurs sont adulés, mais le système de formation est défaillant.

Le lien avec la diplomatie ? Le football est une arme. Quand Vanessa Le Moigne, journaliste de beIN Sports, évoque son cousin retrouvé en Algérie grâce à la CAN, elle illustre une réalité : le sport crée des ponts là où la politique échoue. Mais il peut aussi devenir un champ de bataille – comme en témoignent les tensions récurrentes entre l’Algérie et le Maroc dans les compétitions africaines.

**Algérie-Tunisie : une relation sous tension, entre dépendance et rivalité**

Pourtant, les deux pays sont aussi concurrents. L’Algérie voit la Tunisie comme un rival dans la course aux investissements étrangers, et la guerre au Moyen-Orient ne fait qu’accentuer les divergences. La Tunisie, plus proche des pays du Golfe, adopte une position plus modérée sur le conflit israélo-palestinien – ce qui irrite Alger, championne de la cause palestinienne.

Le fil rouge ? L’Algérie veut jouer les médiateurs en Afrique du Nord, mais elle est elle-même en proie à des tensions internes. Sa diplomatie oscille entre fermeté (sur le Sahara occidental) et pragmatisme (avec la France, malgré les tensions). Résultat : elle peine à imposer une vision claire, et ses voisins en profitent.

**Politique : élections sans suspense, démocratie sans illusions**

Les élections algériennes sont un rituel bien huilé. Le pouvoir en place organise des scrutins pour se légitimer, mais refuse toute alternance réelle. Les réseaux sociaux sont surveillés, l’opposition est marginalisée, et les débats se limitent à des questions techniques (participation, transparence) plutôt qu’à des enjeux de fond (réformes économiques, libertés publiques).

Pourtant, quelque chose a changé depuis 2019. Le Hirak a montré que la société algérienne n’est plus dupe. Les jeunes, les entrepreneurs, les classes moyennes urbaines réclament autre chose qu’un simulacre de démocratie. Mais le système résiste, et les élections de 2024 pourraient bien être un

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