Revue de presse : Armée algérienne, Investissement étranger Algérie, Entrepreneuriat Algérie…

**L’Algérie à l’épreuve de ses propres contradictions : un État en tension entre souveraineté et dépendance**

L’Algérie contemporaine se débat dans une dialectique épuisante : celle d’un pays qui, d’un côté, affirme sa souveraineté avec une rhétorique de puissance régionale (armée, énergie, patrimoine), et de l’autre, révèle une vulnérabilité structurelle face aux dynamiques globales (investissements étrangers, crise de la jeunesse, dépendance aux hydrocarbures). Les actualités des dix derniers jours dessinent une carte où se superposent les ambitions modernisatrices et les blocages systémiques, où les réformes économiques côtoient l’immobilisme politique, où la défense du patrimoine national masque mal l’urgence sociale.

Ce qui frappe d’emblée, c’est l’absence de récit unifié. L’Algérie parle en plusieurs langues : celle de l’État stratège, celle des entrepreneurs en quête de financements, celle des jeunes désillusionnés, celle des artistes et archéologues qui tentent de sauver ce qui peut encore l’être. Ces voix ne se répondent pas. Elles coexistent dans un silence assourdissant, celui d’un système qui semble avoir renoncé à articuler une vision collective. Pourtant, derrière cette apparente fragmentation, des fils rouges se tissent : la question de la souveraineté (économique, culturelle, numérique), l’obsession du contrôle (politique, policier, financier), et l’angoisse d’un déclin démographique et social qui menace l’avenir.

**La souveraineté en question : cybersécurité, énergie et soft power**

**L’armée et la police : gardiens d’un ordre numérique**

D’un côté, elle répond à une menace réelle – la cybercriminalité, qui touche particulièrement les économies en transition. De l’autre, elle sert d’outil de surveillance et de répression, comme en témoigne l’interdiction du conseil national du RCD, parti d’opposition. La cybersécurité algérienne est donc à la fois une nécessité et un piège : elle renforce l’État, mais au risque de verrouiller davantage un espace public déjà étouffé.

**Énergie : entre transition solaire et dépendance aux hydrocarbures**

Cette schizophrénie énergétique est symptomatique d’un État qui n’a pas encore choisi entre deux modèles : celui de la rente pétrolière, confortable mais mortifère, et celui de l’indépendance énergétique, risqué mais nécessaire. Le Maroc, cité en exemple pour ses succès solaires, montre la voie – mais l’Algérie, avec ses réserves gazières, hésite encore à sauter le pas.

**Patrimoine : sauver les ruines pour sauver l’âme du pays**

Cette négligence n’est pas anodine. Elle reflète une crise plus profonde : celle d’un État qui, après avoir instrumentalisé l’histoire pour construire une identité nationale, semble aujourd’hui incapable de la préserver. Le patrimoine algérien est à l’image du pays : magnifique, mais fragile, menacé par l’incurie et l’indifférence.

**L’économie algérienne : entre réformes cosmétiques et blocages structurels**

**Investissements étrangers : la danse des faux-semblants**

Le problème n’est pas tant l’absence de réformes que leur inefficacité. L’Algérie souffre d’un mal chronique : une bureaucratie kafkaïenne, une corruption endémique, et une méfiance vis-à-vis de l’étranger qui confine à la paranoïa. Les investisseurs étrangers sont courtisés, mais leurs projets sont souvent bloqués par des procédures interminables ou des exigences impossibles à satisfaire. Résultat : les capitaux fuient vers des cieux plus cléments, comme la Tunisie voisine, où la plus grande station solaire vient d’être inaugurée.

**Entrepreneuriat : le mirage du e-paiement obligatoire**

Pire, cette mesure risque d’étouffer une partie du tissu économique local, déjà asphyxié par les taxes et les tracasseries. Le Fonds national des investissements, qui participe au financement des projets miniers (phosphate, Gara Djebilet), montre bien où vont les priorités : vers les grands projets étatiques, pas vers les PME qui font vivre le pays au quotidien.

**La Bourse d’Alger : le thermomètre d’une économie malade**

Pourtant, des opportunités existent. Le pays dispose d’un potentiel énorme dans les énergies renouvelables, l’agroalimentaire, ou encore le numérique. Mais ces secteurs ne décollent pas, faute d’un écosystème favorable. Les investisseurs étrangers regardent ailleurs, les entrepreneurs locaux manquent de financements, et l’État, lui, continue de privilégier les grands projets pharaoniques, souvent synonymes de gaspillage et de corruption.

**La société algérienne : une jeunesse sacrifiée, une culture en résistance**

**La jeunesse : "des sans-dents" dans un pays sans avenir ?**

Pourtant, cette jeunesse n’est pas résignée. Elle s’exprime à travers les réseaux sociaux, l’art, ou même les mouvements de protestation comme le Hirak. Mais l’État, lui, semble incapable de lui offrir autre chose que de la répression ou des promesses creuses. La psychiatre Lucie Joly évoque le « visage féminin de la dépression » – une métaphore qui pourrait s’étendre à toute une génération, épuisée par l’attente d’un changement qui ne vient pas.

**Les arts : une troisième chaîne pour quoi faire ?**

Pourtant, l’Algérie regorge de talents artistiques. Le cinéma, la musique, la littérature algériens sont reconnus à l’international. Mais ces artistes évoluent souvent en marge des institutions, faute de soutien public. Le Centre Algérien du Cinéma lance un appel d’offres pour la numérisation du patrimoine cinématographique – une initiative louable, mais qui arrive bien tard. Pendant ce temps, les salles de cinéma ferment, les festivals sont annulés, et les jeunes réalisateurs peinent à trouver des financements.

**Les partis politiques : l’opposition muselée, la France en repentance**

Mais ces deux mouvements sont liés. En refusant le débat démocratique, l’État algérien se prive d’un exutoire pour les tensions sociales. Et en instrumentalisant la mémoire de la guerre, il entretient un ressentiment qui empêche toute réconciliation avec la France – et, plus largement, avec l’Occident. Résultat : l’Algérie reste prisonnière de son histoire, incapable de tourner la page.

**Gouvernement algérien : entre solidarité affichée et impuissance réelle**

Les actualités sur l’Association ADN et son action auprès des populations vulnérables du Nord-Ouest, ou sur l’appel de KAY JÈN pour Haïti, dessinent l’image d’un État soucieux de son image humanitaire. Mais cette solidarité affichée contraste avec l’incapacité du gouvernement à résoudre les crises internes.

L’Algérie, pays riche en ressources, compte encore des millions de pauvres. Les inégalités se creusent, les services publics se dégradent, et l’État semble impuissant à inverser la tendance. Pire, il utilise souvent la solidarité internationale (comme avec Haïti

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