La commune de Baraki, située à la périphérie sud-est d’Alger, connaît une transformation urbaine sans précédent. Les projets de développement annoncés récemment par les autorités locales et nationales visent à désengorger la capitale tout en offrant des solutions concrètes aux problèmes de logement et d’infrastructures. Selon Algerie360, qui a publié un point détaillé sur ces initiatives en février 2025, cette modernisation pourrait redéfinir le paysage immobilier de la wilaya d’Alger.
Le plan directeur de Baraki prévoit la construction de 15 000 logements neufs d’ici 2027, répartis entre programmes sociaux et projets privés. Le ministre de l’Habitat, Mohamed Tarek Belaribi, a confirmé lors d’une visite sur site que 40 % de ces unités seront réservées aux bénéficiaires du logement social locatif aidé (LSP). « Baraki deviendra un modèle d’urbanisme intégré, avec des espaces verts, des écoles et des centres de santé à moins de 500 mètres de chaque résidence », a-t-il déclaré. Les promoteurs privés, comme le groupe ETRHB Haddad et Cosider, ont déjà obtenu des permis pour 6 000 logements haut standing, ciblant une clientèle de classes moyennes et supérieures.
La rénovation des infrastructures existantes constitue un autre volet clé du projet. La route nationale 5, qui traverse Baraki, sera élargie à quatre voies sur 8 km, avec un échangeur moderne à la hauteur de la cité 8 Mai 1945. La Société des transports algériens (SNTF) a également annoncé l’extension de la ligne 1 du métro d’Alger jusqu’à Baraki, avec une station prévue près du nouveau centre administratif. « Cette extension, prévue pour 2026, réduira le temps de trajet vers le centre-ville à 20 minutes », a précisé le directeur général de la SNTF, Chafik Smaïl.
Les investisseurs immobiliers réagissent positivement à ces annonces. Selon une étude du cabinet immobilier Dar El Beïda, les prix au mètre carré à Baraki ont augmenté de 25 % depuis le début de l’année 2025, atteignant 120 000 dinars pour les logements neufs. « Les acquéreurs anticipent une plus-value à moyen terme, surtout avec l’arrivée du métro », explique un agent immobilier local. Cependant, certains habitants craignent une gentrification accélérée. « Les loyers ont déjà augmenté de 30 % en un an. Beaucoup de familles modestes ne pourront plus se loger ici », témoigne Fatima, commerçante dans le quartier de Sidi Moussa.
Le projet inclut aussi la réhabilitation des bidonvilles, un problème récurrent dans la commune. Le programme « Villes sans bidonvilles », lancé par le ministère de l’Habitat, prévoit la démolition de 1 200 habitations précaires et leur remplacement par des logements sociaux. « Nous travaillons en étroite collaboration avec les associations locales pour reloger les familles dans les meilleures conditions », assure le wali d’Alger, Brahim Merad. Un centre d’accueil temporaire a été ouvert en janvier 2025 pour héberger les familles pendant les travaux.
Les défis logistiques restent importants. La commune manque d’eau potable et d’assainissement, des problèmes que le projet compte résoudre avec la construction d’une nouvelle station d’épuration et l’extension du réseau d’adduction d’eau. La Société des eaux et de l’assainissement d’Alger (SEAAL) a annoncé un investissement de 5 milliards de dinars pour ces infrastructures. « Les travaux débuteront en juin 2025 et devraient s’achever fin 2026 », indique le directeur général de la SEAAL, Rachid Harchaoui.
L’impact économique de cette modernisation est déjà visible. Plusieurs entreprises de BTP ont ouvert des agences à Baraki, créant plus de 3 000 emplois directs. « Nous recrutons des maçons, des électriciens et des ingénieurs pour répondre à la demande », confirme le directeur d’une entreprise de construction locale. Le secteur des services suit cette dynamique, avec l’ouverture de deux centres commerciaux et de cinq agences bancaires depuis le début de l’année.
Les autorités misent aussi sur l’attractivité de Baraki pour attirer les investisseurs étrangers. Lors d’une rencontre avec des hommes d’affaires turcs en décembre 2024, le Premier ministre Nadir Larbaoui a présenté Baraki comme « une opportunité unique pour les partenariats public-privé ». Un accord a été signé avec le groupe turc Rönesans Holding pour la construction d’un complexe résidentiel et commercial de 500 logements, avec un investissement estimé à 200 millions de dollars.
Les critiques ne manquent pas. Certains urbanistes soulignent le manque de concertation avec les habitants. « Les projets sont décidés en haut lieu, sans tenir compte des besoins réels des Barakéens », déplore un architecte indépendant. Le collectif citoyen « Baraki Demain » a organisé plusieurs manifestations en 2024 pour réclamer plus de transparence. « Nous voulons être associés aux décisions qui concernent notre ville », affirme son porte-parole, Karim Benali.
Malgré ces tensions, la modernisation de Baraki semble irréversible. Les premiers logements sociaux seront livrés en septembre 2025, et les travaux d’infrastructures avancent à un rythme soutenu. Si le projet tient ses promesses, Baraki pourrait devenir un exemple de développement urbain en Algérie, combinant mixité sociale, infrastructures modernes et attractivité économique. Pour les Algérois en quête de logement, cette commune représente désormais une alternative crédible à la saturation du centre-ville.