L’enlèvement du militant Slimane Bouhafs en 2021 refait surface sur la scène internationale. L’organisation non gouvernementale MENA Rights Group a saisi récemment le Haut-Commissariat des Nations unies aux droits de l’homme (HCDH) pour exiger une enquête sur cette disparition forcée, restée impunie selon ses déclarations. L’affaire, qui avait suscité une vague de condamnations en Algérie et à l’étranger, prend une nouvelle dimension avec cette interpellation officielle.
Un dossier toujours ouvert
MENA Rights Group, basée à Genève, a transmis au HCDH un dossier détaillant les circonstances de l’enlèvement et les violations présumées des conventions internationales ratifiées par l’Algérie. Dans un communiqué publié début avril 2026, l’ONG souligne que « l’absence d’enquête transparente et indépendante sur cette affaire constitue une entrave grave au droit à la justice ». Elle demande notamment que les responsables de cette opération soient identifiés et traduits en justice.
Réactions algériennes et internationales
Du côté des défenseurs des droits humains, la démarche de MENA Rights Group est saluée comme une étape nécessaire. Amnesty International Algérie avait déjà alerté en 2022 sur les risques de « normalisation des disparitions forcées » en Algérie, citant plusieurs cas similaires. L’avocat de Bouhafs, Me Mustapha Bouchachi, a déclaré à Radio des sans voix que cette saisine « pourrait enfin faire la lumière sur les méthodes utilisées contre les opposants, y compris à l’étranger ».
Un précédent inquiétant
En 2023, le rapporteur spécial de l’ONU sur la liberté de réunion pacifique, Clément Voule, avait exprimé ses « inquiétudes » concernant les arrestations arbitraires en Algérie, appelant les autorités à « mettre fin aux poursuites contre les défenseurs des droits humains ». Son rapport pointait notamment le cas de Bouhafs, parmi d’autres.
Quelles suites possibles ?
Pour les proches de Slimane Bouhafs, cette initiative représente un espoir de justice. Sa sœur, Fatima Bouhafs, a confié à TSA que « cette affaire ne doit pas être enterrée. Slimane a été enlevé, jugé dans des conditions opaques, et aujourd’hui, il vit dans la peur ». Elle appelle les autorités à « ouvrir une enquête sérieuse » et à « cesser de harceler les familles des victimes ».
Un test pour la diplomatie algérienne
Le président Abdelmadjid Tebboune a récemment déclaré que l’Algérie « respectait scrupuleusement les droits humains », tout en dénonçant les « ingérences étrangères » dans ses affaires intérieures. Pourtant, les rapports d’ONG comme Human Rights Watch ou Reporters sans frontières continuent de documenter des cas de répression contre les voix dissidentes.
Un enjeu pour la société civile
Pour l’instant, aucune date n’a été fixée pour une éventuelle réponse de l’ONU. Mais une chose est sûre : l’affaire Bouhafs n’a pas fini de faire parler d’elle.