Madar Pro Team domine le cyclisme africain

L’équipe cycliste algérienne Madar Pro Team s’impose comme la référence du continent. Depuis sa création en 2020, la formation a accumulé les victoires sur les courses africaines, confirmant son statut de leader. En 2025, elle a remporté le classement général du Tour du Faso, du Tour de Côte d’Ivoire et du Grand Prix Chantal Biya, trois épreuves majeures du calendrier UCI Africa Tour. Selon Le Courrier d’Algérie, ces résultats placent l’Algérie en tête du classement par nations de l’Union cycliste internationale (UCI) pour la zone Afrique, devant l’Érythrée et le Maroc.

Aziz Yakoub, directeur sportif de Madar Pro Team, attribue cette réussite à une stratégie claire : « Nous misons sur la formation des jeunes talents algériens et sur une approche scientifique de l’entraînement. Nos coureurs bénéficient d’un suivi médical et technique de haut niveau, avec des partenariats solides comme celui avec l’Institut national de la jeunesse et des sports (INJS) d’Alger. » L’équipe compte aujourd’hui 18 coureurs, dont 12 Algériens, et dispose d’un budget annuel de 1,2 milliard de dinars, financé en partie par Sonelgaz et l’Entreprise nationale des travaux aux puits (ENTP).

Les performances de Madar Pro Team ont aussi un impact sur le cyclisme local. La Fédération algérienne de cyclisme (FAC) a enregistré une hausse de 30 % des licenciés depuis 2022, selon des données internes. « Les victoires de l’équipe inspirent les jeunes. Nous voyons de plus en plus de clubs se créer à Tlemcen, Constantine ou Sétif, » explique Mohamed Benali, président de la FAC. Le ministère de la Jeunesse et des Sports a d’ailleurs lancé en 2024 un programme de détection de talents dans les wilayas, avec pour objectif d’intégrer 50 nouveaux coureurs dans les centres de formation d’ici 2026.

Sur le plan international, Madar Pro Team prépare ses coureurs pour les Jeux Olympiques de Los Angeles en 2028. Yacine Hamza, champion d’Afrique du contre-la-montre en 2023, est considéré comme le principal espoir algérien. « Notre objectif est de qualifier au moins deux coureurs pour les JO. Hamza a le niveau, mais il faut encore travailler sa régularité sur les courses européennes, » précise Yakoub. L’équipe a d’ailleurs signé un partenariat avec l’équipe continentale française Saint-Michel-Mavic-Auber93 pour permettre à ses coureurs de s’aguerrir sur des épreuves plus relevées.

Les défis restent néanmoins nombreux. Le cyclisme algérien souffre d’un manque d’infrastructures adaptées. « Nous avons besoin de vélodromes couverts et de circuits sécurisés pour les entraînements. Les routes algériennes ne sont pas toujours adaptées aux longues distances, » souligne Benali. Le projet de vélodrome à Boumerdès, annoncé en 2021, n’a toujours pas vu le jour. Par ailleurs, la concurrence africaine se renforce, avec des équipes érythréennes et marocaines qui investissent massivement dans la formation.

Malgré ces obstacles, Madar Pro Team continue de progresser. En septembre 2025, l’équipe a participé pour la première fois au Tour de Slovaquie, une course de l’UCI Europe Tour. Bien que les résultats n’aient pas été au rendez-vous, cette expérience a permis aux coureurs algériens de se mesurer à des adversaires européens. « C’est une étape nécessaire pour élever notre niveau. Nous visons une participation au Tour de l’Avenir d’ici 2027, » affirme Yakoub.

Les sponsors algériens jouent un rôle clé dans cette dynamique. Sonelgaz et l’ENTP ont renouvelé leur engagement jusqu’en 2028, tandis que des entreprises comme Air Algérie et Algérie Télécom ont rejoint le projet en 2024. « Le cyclisme est un sport médiatique. Les victoires de Madar Pro Team offrent une visibilité importante à nos marques, » explique un responsable marketing de Sonelgaz.

L’équipe algérienne a aussi marqué les esprits lors du Championnat d’Afrique de cyclisme 2025, organisé à Alger. Madar Pro Team a remporté quatre médailles d’or, dont celle du contre-la-montre par équipes. « C’était un moment historique. Voir notre drapeau hissé à quatre reprises sur le podium a ému tout le pays, » se souvient Benali. Ces performances ont valu à l’Algérie d’être désignée pour organiser les Championnats d’Afrique 2027, une première depuis 2013.

Pour consolider cette position, la FAC mise sur la formation des entraîneurs. Un partenariat avec l’Union cycliste internationale (UCI) a permis la création d’une académie de formation à Alger, où 20 techniciens algériens ont été certifiés en 2024. « Nous voulons professionnaliser tous les maillons de la chaîne, des coureurs aux staffs techniques, » indique Benali.

Madar Pro Team incarne aujourd’hui l’excellence sportive algérienne. Ses succès redonnent confiance à une discipline longtemps en retrait sur la scène continentale. Si les défis persistent, l’ambition est claire : faire de l’Algérie une puissance cycliste reconnue, capable de rivaliser avec les meilleures nations africaines et européennes. Les prochains mois seront décisifs, avec des objectifs comme les Jeux Africains de 2027 et les qualifications pour les Jeux Olympiques.

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