La récente adoption d’une nouvelle loi par le gouvernement algérien marque une étape dans la prise en charge des personnes en situation de handicap. Selon L’Algérie Aujourd’hui, ce texte, promulgué en février 2025, impose des mesures concrètes pour améliorer leur intégration, notamment dans les domaines du logement, des transports et de l’emploi. Les détails du projet révèlent des obligations précises pour les acteurs publics et privés, avec des échéances et des sanctions en cas de non-respect.
Des normes strictes pour les logements neufs
Le ministère de l’Habitat et de l’Urbanisme a précisé que les logements sociaux, prioritaires dans la politique nationale, seront les premiers concernés. Une enveloppe budgétaire supplémentaire a été allouée pour financer les adaptations nécessaires, notamment dans les wilayas où les besoins sont les plus pressants, comme Alger, Oran et Constantine. Les promoteurs qui ne se conformeront pas aux nouvelles règles s’exposent à des amendes pouvant atteindre 5 millions de dinars, voire à l’annulation de leur permis de construire.
Transports et espaces publics sous surveillance
Les mairies sont tenues de revoir l’aménagement des trottoirs, des passages piétons et des parkings pour les rendre praticables. Un fonds spécial, alimenté par une taxe sur les grands projets immobiliers, sera créé pour financer ces travaux. Selon le ministère des Travaux publics, une première phase de diagnostic a déjà été lancée dans 12 wilayas pilotes, dont Blida et Sétif, pour évaluer les besoins prioritaires.
Emploi et éducation : des quotas renforcés
Dans le domaine de l’éducation, la loi prévoit la généralisation des classes inclusives dans les écoles primaires et secondaires. Les établissements scolaires devront être équipés de matériel pédagogique adapté, et les enseignants recevront une formation spécifique. Le ministère de l’Éducation nationale a annoncé la création de 500 postes d’auxiliaires de vie scolaire d’ici la rentrée 2025, avec un accent mis sur les zones rurales où l’accès à l’éducation reste limité.
Un cadre juridique encore perfectible
Autre point de critique : le délai de mise en conformité jugé trop long pour les infrastructures existantes. Les bâtiments publics construits avant 2025 bénéficient d’un délai de cinq ans pour se mettre aux normes, ce qui pourrait retarder l’accès des handicapés à des services essentiels. Le gouvernement a répondu en annonçant un plan d’urgence pour les hôpitaux et les écoles, avec des travaux prioritaires dès cette année.
Un tournant pour la société algérienne
Les enjeux sont multiples : réduire les inégalités d’accès aux services, favoriser l’autonomie des personnes concernées et changer le regard de la société sur le handicap. Pour les familles, ces mesures représentent un soulagement, mais aussi un défi logistique. « Mon fils a 15 ans et n’a jamais pu prendre le bus seul. Avec cette loi, j’espère qu’il pourra enfin se déplacer comme les autres », confie une mère d’enfant handicapé à Alger.
Reste à voir si les wilayas et les entreprises joueront le jeu. Les prochains mois seront décisifs pour évaluer l’impact réel de cette réforme, qui pourrait servir de modèle pour d’autres pays de la région.