Le secteur des technologies de l’information en Algérie connaît un ralentissement marqué des embauches de cadres, selon une récente analyse publiée par ITforBusiness.fr. Ce repli, observé récemment, touche particulièrement les profils qualifiés dans les domaines du développement logiciel, de la cybersécurité et de l’intelligence artificielle, pourtant considérés comme stratégiques pour la diversification économique du pays.
Un marché en mutation
Plusieurs facteurs expliquent ce phénomène. D’abord, un ajustement des budgets alloués aux ressources humaines dans le numérique, en partie lié aux incertitudes économiques mondiales. Ensuite, une saturation relative du marché pour certains profils, comme les développeurs full-stack ou les experts en cloud, dont les compétences étaient jusqu’ici très recherchées. Enfin, les retards dans la mise en œuvre de projets structurants, tels que les smart cities ou la modernisation des administrations, ont freiné les recrutements.
Les profils les plus touchés
Les start-up, qui avaient joué un rôle clé dans l’absorption des jeunes talents ces dernières années, réduisent également leurs effectifs. Plusieurs d’entre elles, confrontées à des difficultés de financement ou à une concurrence accrue, ont gelé leurs recrutements. « Nous avions prévu d’embaucher cinq développeurs cette année, mais nous avons dû revoir nos plans à la baisse », confie le fondateur d’une jeune pousse algérienne active dans les fintechs.
Réactions des acteurs institutionnels
De son côté, l’Agence nationale de promotion de l’emploi (ANEM) a lancé une campagne ciblant les jeunes diplômés en informatique, avec des ateliers de reconversion vers des métiers moins saturés, comme l’administration de bases de données ou la maintenance des systèmes industriels. « Il ne s’agit pas d’un abandon du numérique, mais d’une diversification des parcours », précise un responsable de l’agence.
Enjeux pour les jeunes diplômés
Les experts soulignent la nécessité de renforcer les liens entre le monde académique et les entreprises. « Il faut multiplier les stages obligatoires, les projets collaboratifs et les certifications reconnues à l’international », recommande un consultant en ressources humaines spécialisé dans le numérique. Par ailleurs, certains appellent à une meilleure régulation des formations privées, dont la qualité est parfois jugée inégale.
Vers une adaptation du secteur ?
Par ailleurs, les grands groupes publics, comme Sonatrach ou Sonelgaz, poursuivent leurs recrutements dans le numérique, mais avec des critères plus sélectifs. « Nous cherchons des profils capables de travailler sur des projets complexes, comme la digitalisation des processus industriels », indique un responsable des ressources humaines de Sonatrach.
Un signal à ne pas négliger
Pour inverser la tendance, les acteurs publics et privés devront agir de concert. Cela passe par une accélération des réformes structurelles, un soutien accru aux start-up et une meilleure anticipation des besoins en compétences. Sans ces ajustements, l’Algérie pourrait voir s’éloigner l’objectif d’une économie numérique compétitive, au moment où d’autres pays de la région, comme le Maroc ou la Tunisie, renforcent leur attractivité dans ce domaine.