L’hydrogène vert rapproche Alger et Berlin

L’Algérie et l’Allemagne ont recentré leur coopération économique sur l’hydrogène vert lors d’une rencontre stratégique tenue à Alger. Selon Just-InfoDZ, cette réunion a rassemblé des représentants du ministère algérien de l’Énergie et des Mines, de la société nationale Sonatrach, et des délégations allemandes menées par le ministère fédéral de l’Économie et de la Protection du climat (BMWK). L’objectif : accélérer les projets pilotes et les investissements dans la production d’hydrogène vert, une filière jugée prioritaire par les deux pays.

Les discussions ont porté sur trois axes concrets. D’abord, la mise en place d’un cadre juridique et fiscal incitatif pour les investisseurs étrangers. Le gouvernement algérien a évoqué des exonérations douanières sur les équipements importés pour la production d’énergies renouvelables, ainsi qu’un tarif préférentiel pour l’électricité destinée aux électrolyseurs. Ensuite, les partenaires ont abordé le financement : la KfW, banque publique allemande de développement, a proposé un prêt de 200 millions d’euros pour cofinancer des projets algériens d’hydrogène vert. Enfin, un accord de principe a été trouvé pour créer un consortium algéro-allemand chargé de développer une usine pilote de 100 MW dans la région d’Adrar, où l’ensoleillement dépasse 2 500 kWh/m² par an.

Pour les entrepreneurs algériens, cette dynamique ouvre des opportunités précises. Les start-up spécialisées dans les énergies renouvelables, comme celles fabriquant des panneaux solaires ou des systèmes de stockage, pourraient devenir des sous-traitants privilégiés des projets allemands. Par ailleurs, les PME locales dans les secteurs de la maintenance industrielle, de la logistique ou de la formation technique auront un rôle à jouer. Selon une étude de l’Agence nationale pour la promotion de la recherche (ANPR), citée par Just-InfoDZ, chaque mégawatt installé dans l’hydrogène vert génère entre 5 et 7 emplois directs et indirects en Algérie.

L’Allemagne, qui vise une production annuelle de 10 millions de tonnes d’hydrogène vert d’ici 2030, cherche des partenaires fiables pour sécuriser ses approvisionnements. L’Algérie, avec ses 3 000 heures d’ensoleillement par an et ses réserves de gaz naturel – utilisable pour produire de l’hydrogène bleu en transition –, figure parmi les candidats sérieux. Berlin a déjà signé des mémorandums similaires avec le Maroc et la Namibie, mais l’Algérie présente l’avantage d’une infrastructure gazière existante et d’une main-d’œuvre qualifiée.

Les défis restent cependant nombreux. Le coût de production de l’hydrogène vert en Algérie, estimé entre 3 et 4 dollars par kilogramme, reste supérieur à celui des énergies fossiles. Pour le rendre compétitif, les autorités algériennes misent sur des subventions ciblées et des partenariats technologiques avec l’Allemagne. Autre obstacle : la lenteur des procédures administratives. Un entrepreneur algérien du secteur des énergies renouvelables, qui a requis l’anonymat, a confié à Just-InfoDZ que « les délais pour obtenir les autorisations environnementales peuvent dépasser 18 mois, ce qui décourage les investisseurs étrangers ».

Sur le plan géopolitique, cette coopération s’inscrit dans une stratégie plus large de diversification des partenariats économiques de l’Algérie. Après des années de dépendance aux hydrocarbures, le pays cherche à attirer des investissements dans les secteurs à haute valeur ajoutée. L’hydrogène vert, couplé aux projets de dessalement d’eau de mer et d’agriculture saharienne, pourrait redessiner l’économie nationale. Pour l’Allemagne, il s’agit aussi de réduire sa dépendance au gaz russe, une priorité depuis la guerre en Ukraine.

Les prochaines étapes sont déjà fixées. Une délégation allemande se rendra à Alger en octobre 2025 pour finaliser les détails du consortium. En parallèle, Sonatrach et le BMWK organiseront un forum d’affaires à Berlin en novembre, réunissant des entreprises allemandes comme Siemens Energy et Thyssenkrupp, et des acteurs algériens comme Sonelgaz et le groupe Condor.

À retenir pour les entrepreneurs
L’hydrogène vert représente une filière émergente avec des besoins en sous-traitance locale : maintenance, logistique, formation. Les PME algériennes doivent se positionner dès maintenant sur les appels d’offres des projets pilotes. Les exonérations douanières sur les équipements renouvelables réduisent les coûts d’investissement, un avantage à exploiter.

💡 Vous créez votre entreprise en Algérie ? Retrouvez les démarches, les coûts réels et les conseils pratiques sur GlobalStart — et le Pack 10 Fiches Business pour la diaspora.

Laisser un commentaire