Moez Belkhiria, président de l’Association des concessionnaires automobiles algériens (ACAA), a récemment tiré la sonnette d’alarme sur une disposition de la Loi de finances 2026 (LF 2026) qu’il juge discriminatoire pour le secteur. Selon Réalités Magazine, cette mesure fiscale accorde un avantage compétitif à certains acteurs du marché, créant un déséquilibre préjudiciable aux concessionnaires locaux. Une situation qui soulève des questions sur l’équité économique et les stratégies industrielles du pays.
Un avantage fiscal qui fausse la concurrence
Pour les entrepreneurs du secteur, cette inégalité fiscale se traduit par une pression accrue sur les marges. Les concessionnaires privés, déjà confrontés à des coûts logistiques élevés et à une demande volatile, voient leur compétitivité affaiblie face à des concurrents subventionnés indirectement par l’État. Un déséquilibre qui pourrait, à terme, décourager les investissements privés dans un secteur clé pour l’emploi et la croissance.
Un secteur automobile en quête de stabilité
La LF 2026 s’inscrit dans une série de mesures récentes visant à rationaliser les dépenses publiques et à encourager les partenariats public-privé. Cependant, pour Belkhiria, cette approche sélective risque de saper la confiance des investisseurs. « Les entrepreneurs ont besoin de visibilité et d’équité. Si l’État favorise certains acteurs, il envoie un signal négatif aux autres », souligne-t-il.
Les répercussions pour les créateurs d’entreprise
La diaspora algérienne, souvent sollicitée pour investir dans des secteurs porteurs, pourrait aussi être découragée. « Les Algériens de l’étranger cherchent des opportunités stables. Si les règles du jeu changent sans concertation, ils préféreront placer leur argent ailleurs », explique un consultant en investissement basé à Montréal.
Quelles solutions pour rétablir l’équilibre ?
Certains experts plaident pour une approche progressive, avec des incitations fiscales ciblées pour les projets créateurs d’emplois ou innovants. « Plutôt que de subventionner des importations, l’État pourrait soutenir les start-up spécialisées dans la mobilité durable ou les services après-vente », suggère un économiste algérien.
Un enjeu au-delà de l’automobile
Dans un contexte où l’Algérie cherche à diversifier son économie et à attirer les investissements, la cohérence des politiques publiques devient un impératif. Les mesures fiscales, en particulier, doivent être conçues pour stimuler la concurrence saine, et non pour la fausser.
À retenir pour les entrepreneurs
La LF 2026 introduit une exonération partielle de TVA pour certains importateurs automobiles, créant un désavantage pour les concessionnaires privés. Cette mesure souligne l’importance de la stabilité fiscale et de l’équité concurrentielle pour attirer les investissements. Les porteurs de projets dans le secteur doivent anticiper ces distorsions et diversifier leurs modèles économiques pour limiter les risques.
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