À Constantine, le Parti des Travailleurs (PT) fait face à une révolution silencieuse. Récemment, plusieurs candidates ont été désignées pour les prochaines élections locales, brisant le plafond de verre qui entourait traditionnellement l’institution. Selon horizons.dz, cette initiative marque un tournant dans l’histoire du parti, fondé en 1990 par feu Louisa Hanoune, et pourrait avoir des répercussions bien au-delà de la wilaya.
Constantine : un laboratoire politique
La wilaya de Constantine, souvent perçue comme un bastion conservateur, devient le théâtre d’un changement de paradigme. Les candidates sélectionnées par le PT pour les élections locales incluent des profils variés, allant de militantes associatives à des entrepreneures locales. Parmi elles, Amina Boudjemaa, cheffe d’entreprise dans le numérique, et Fatima Zohra Selmi, ingénieure en agroalimentaire, représentent une nouvelle génération de femmes engagées.
Le parti, dirigé aujourd’hui par Abdelkader Yekou, semble opter pour une stratégie de renouvellement. Selon horizons.dz, cette démarche s’inscrit dans une volonté de rajeunir son image et de s’adresser à un électorat féminin de plus en plus actif économiquement. En Algérie, les femmes représentent 49 % de la population active, selon les dernières données de l’ONS, mais restent sous-représentées dans les instances politiques.
Économie et politique : un lien indissociable
Cette ouverture du PT s’inscrit dans un contexte où l’économie algérienne, malgré ses défis, offre des opportunités croissantes pour les femmes entrepreneures. Constantine, avec son écosystème en développement autour des technologies et de l’agroalimentaire, est un exemple pertinent. Les candidates mises en avant par le parti, comme Amina Boudjemaa avec son entreprise de solutions digitales pour les PME, illustrent cette dynamique.
Le PT, historiquement ancré dans les luttes sociales, semble désormais conscient que la représentation féminine peut aussi être un levier économique. En Algérie, les entreprises dirigées par des femmes affichent une rentabilité supérieure de 20 % en moyenne, selon une étude de la Banque mondiale. Une donnée qui n’échappe pas aux partis politiques, en quête de crédibilité auprès des jeunes et des femmes.
Diaspora algérienne : un écho inattendu
L’impact de cette initiative dépasse les frontières nationales. La diaspora algérienne, souvent engagée dans l’entrepreneuriat et l’innovation, pourrait y voir un signe encourageant. Des réseaux comme celui de l’Association des Entrepreneurs Algériens à l’Étranger (AEAE) suivent de près ces évolutions, espérant des retombées positives sur les investissements locaux.
Pourtant, des défis persistent. Le taux de féminisation des conseils d’administration en Algérie reste inférieur à 15 %, selon la Confédération algérienne du patronat. Le PT, en misant sur des profils entrepreneuriaux féminins, pourrait contribuer à inverser cette tendance.
Un pari risqué ou une stratégie gagnante ?
Le choix du PT de présenter des femmes candidates n’est pas anodin. La wilaya de Constantine, avec ses 900 000 habitants, est un enjeu électoral clé. En 2021, le parti avait obtenu près de 20 % des voix dans la région, mais sa base militante vieillit. L’intégration de ces nouvelles figures pourrait lui permettre de capter une partie de l’électorat féminin, traditionnellement moins mobilisé.
Les premières réactions au sein du parti sont mitigées. Certains cadres historiques, comme Kamel Belkacem, membre du bureau politique, soulignent que « la compétence prime sur le genre ». D’autres, comme la militante Karima Boumediene, y voient une avancée nécessaire pour moderniser l’image du PT.
À retenir pour les entrepreneurs
Les femmes entrepreneures en Algérie représentent un potentiel économique sous-exploité, avec une rentabilité moyenne supérieure de 20 %. Le PT de Constantine mise sur cette dynamique pour renouveler son image et séduire un électorat féminin actif. Une stratégie qui pourrait inspirer d’autres partis dans un pays où les femmes représentent près de la moitié de la population active.
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