La Tunisie ambitionne de moderniser son réseau ferroviaire avec un projet de train à grande vitesse (TGV) reliant Tunis à Sfax, mais son lancement reste suspendu à un financement encore incertain. Selon webdo, ce chantier, estimé à plusieurs milliards de dinars, illustre les défis économiques et logistiques auxquels fait face le pays, tout en offrant une opportunité pour l’Algérie de repenser ses propres infrastructures.
Un corridor stratégique en suspens
Pourtant, malgré son potentiel, le projet peine à trouver les financements nécessaires. Les discussions avec des partenaires internationaux, dont des banques européennes et des investisseurs du Golfe, n’ont pas encore abouti. Le ministère tunisien des Transports a récemment reconnu que les négociations étaient « en phase avancée », sans pour autant annoncer de signature imminente. Cette situation reflète les contraintes budgétaires de la Tunisie, déjà engagée dans un programme de réformes économiques sous l’égide du Fonds monétaire international (FMI).
Des retombées régionales à anticiper
Les experts soulignent que les deux pays partagent des défis similaires : des infrastructures vieillissantes, une dépendance aux financements extérieurs et la nécessité de concilier développement ferroviaire et contraintes environnementales. En Tunisie, le projet de TGV s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation des transports, incluant la rénovation des lignes existantes et l’électrification de certains axes. En Algérie, la SNTF mise sur des projets comme le métro d’Alger ou le tramway d’Oran pour améliorer la mobilité urbaine, mais les liaisons interurbaines restent en retard.
Un test pour les partenariats internationaux
Pour l’Algérie, cette situation rappelle les obstacles rencontrés lors du lancement du tramway d’Alger ou de la ligne à grande vitesse Alger-Oran, dont les études préliminaires ont été lancées il y a plus de dix ans. Les retards répétés dans ces projets montrent que les défis ne sont pas seulement techniques, mais aussi politiques et financiers. La Tunisie, en cherchant à diversifier ses sources de financement, pourrait ouvrir une voie pour son voisin maghrébin.
Des alternatives à explorer
En Algérie, la SNTF pourrait s’inspirer de cette approche progressive. Plutôt que de viser immédiatement des lignes à grande vitesse, le pays pourrait accélérer la modernisation des axes les plus fréquentés, comme Alger-Constantine ou Oran-Béchar, en utilisant des technologies éprouvées et des financements étalés. Cette stratégie permettrait de réduire les délais et les risques financiers, tout en préparant le terrain pour des projets plus ambitieux.
Un enjeu au-delà des frontières
Les deux pays pourraient également explorer des synergies, notamment en matière de formation des ingénieurs ou de partage d’expertise sur les normes techniques. Un projet comme le TGV tunisien, s’il aboutit, pourrait servir de catalyseur pour une coopération maghrébine plus poussée dans les transports, un secteur clé pour le développement économique et la réduction des inégalités territoriales.