Le Sahara algérien cultive 500 000 hectares de terres

Le désert algérien, longtemps perçu comme une étendue stérile, se transforme en un vaste champ agricole. Selon Issues.fr, près de 500 000 hectares de terres sont désormais cultivés dans le Sahara, un exploit rendu possible par des investissements publics et des techniques innovantes. Ce développement marque un tournant pour l’autosuffisance alimentaire du pays et redéfinit les possibilités économiques de la région.

Une révolution verte dans le Grand Sud

La wilaya d’Adrar, située au cœur du Sahara, est l’un des épicentres de cette dynamique. Des coopératives locales, soutenues par des subventions étatiques, y produisent des dattes de variété Deglet Nour, exportées vers l’Europe et le Moyen-Orient. À Tindouf et Béchar, des fermes pilotes testent des techniques d’irrigation goutte-à-goutte pour optimiser l’utilisation de l’eau, une ressource rare dans ces zones arides.

L’eau, enjeu central de la durabilité

Les experts soulignent également l’importance de diversifier les cultures pour éviter la monoculture, qui épuise les sols. Des projets de recherche, menés en collaboration avec l’Institut national de la recherche agronomique d’Algérie (INRAA), explorent des variétés résistantes à la sécheresse, comme le sorgho ou le mil, qui nécessitent moins d’eau que les céréales traditionnelles.

Un levier économique pour les populations locales

Les coopératives féminines jouent un rôle clé dans cette mutation. À Ghardaïa, des femmes gèrent des exploitations de plantes aromatiques et médicinales, comme le romarin ou la lavande, qui trouvent des débouchés sur les marchés internationaux. Ces initiatives, souvent soutenues par des programmes de microcrédit, renforcent l’autonomie financière des femmes dans des sociétés traditionnellement patriarcales.

Défis logistiques et dépendance aux subventions

Par ailleurs, l’agriculture saharienne dépend fortement des subventions publiques. Les intrants, comme les semences ou les engrais, sont souvent importés et subventionnés par l’État, ce qui fragilise la rentabilité des exploitations à long terme. Certains agriculteurs appellent à une plus grande autonomie dans la gestion des ressources, notamment via des partenariats public-privé pour réduire la dépendance aux aides étatiques.

Un modèle à exporter ?

Pour l’Algérie, cette expansion agricole représente une opportunité stratégique. Elle réduit la dépendance aux importations alimentaires, qui pesaient lourdement sur la balance commerciale, et offre une alternative à l’économie pétrolière. Si les défis environnementaux et économiques persistent, le Sahara algérien prouve qu’un désert peut devenir un grenier, à condition d’innover et de gérer durablement ses ressources.

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