La prolifération des escroqueries en ligne menace directement les acteurs du e-commerce et les transferts financiers de la diaspora algérienne, selon El Watan. Les offres alléchantes et les plateformes frauduleuses exploitent la méfiance persistante envers les systèmes bancaires locaux, tandis que l’essor des paiements numériques crée un terrain propice aux arnaques. Pour les entrepreneurs algériens, ces pratiques sapent la confiance dans l’écosystème digital, crucial pour l’expansion des activités commerciales. La diaspora, de son côté, voit ses économies exposées à des risques accrus lors des envois de fonds.
Des arnaques ciblées sur les failles du paiement en ligne
Les escroqueries numériques en Algérie prennent plusieurs formes, mais celles liées aux paiements en ligne et aux solutions financières se multiplient. Les fraudeurs proposent des offres promotionnelles sur des plateformes d’e-commerce peu connues, avec des réductions impossibles à tenir. Une fois le paiement effectué, les marchandises promises n’arrivent jamais, ou les fonds sont détournés via des liens piégés. Selon El Watan, ces pratiques profitent de l’absence de régulation stricte sur certaines fintechs et de la méconnaissance des consommateurs face aux mécanismes de protection.
Pour les entrepreneurs locaux, ces escroqueries ont un impact direct : elles discréditent les initiatives légitimes et rendent méfiants les clients potentiels. Un commerçant algérien sur quatre interrogé par des médias spécialisés a rapporté avoir été sollicité pour des partenariats frauduleux, souvent présentés comme des opportunités d’export ou de financement. Les plateformes de crowdfunding et les marketplaces informelles deviennent des vecteurs de risques, surtout pour les PME qui cherchent à se développer à l’international.
La diaspora algérienne, première cible des arnaqueurs
Les transferts d’argent depuis l’étranger sont un autre angle d’attaque privilégié. Les escrocs ciblent les membres de la diaspora en leur proposant des services de change avantageux ou des applications de paiement non régulées. Une fois les fonds versés, les utilisateurs découvrent que leur argent a été bloqué ou détourné. El Watan souligne que ces pratiques exploitent la précarité financière de nombreux Algériens à l’étranger, qui cherchent des solutions rapides pour envoyer de l’argent à leur famille.
Les coûts des transferts officiels (via Western Union, MoneyGram ou les banques algériennes) restent élevés, poussant une partie de la diaspora à se tourner vers des alternatives non sécurisées. Pourtant, selon les données de la Banque d’Algérie, les envois de fonds des Algériens de l’étranger ont atteint 12,3 milliards de dollars en 2025, soit une hausse de 8 % par rapport à 2024. Ces flux, essentiels pour l’économie locale, sont aujourd’hui menacés par l’absence de cadre légal pour les fintechs et les plateformes de paiement.
Un écosystème numérique en quête de régulation
L’Algérie peine à mettre en place un cadre juridique adapté à la croissance du numérique. Si des acteurs comme Dziri (pour les paiements mobiles) ou Al Barid Bank (pour les transferts) ont obtenu des licences, d’autres opérateurs agissent en marge de la loi. Cette absence de supervision expose les utilisateurs à des risques financiers, mais aussi les entrepreneurs qui pourraient être accusés de complicité involontaire en collaborant avec des plateformes non agréées.
Les conséquences pour le secteur du e-commerce sont doubles : d’un côté, les escroqueries découragent les investissements dans le digital ; de l’autre, elles freinent l’adoption des solutions de paiement sécurisées. Pourtant, le marché du e-commerce en Algérie progresse, avec un taux de croissance annuel de 15 % depuis 2023, selon les estimations de la Chambre de Commerce d’Algérie. Sans une régulation renforcée, cette dynamique pourrait être compromise.
Comment les entrepreneurs et la diaspora peuvent se protéger
Face à cette situation, les acteurs économiques algériens doivent adopter des mesures de vigilance strictes. Pour les entrepreneurs, il est crucial de vérifier la légitimité des plateformes partenaires et d’éviter les collaborations avec des intermédiaires non identifiés. La diaspora, quant à elle, devrait privilégier les canaux officiels de transfert, malgré leurs coûts, ou s’enquérir des garanties offertes par les fintechs agréées.
Les autorités algériennes ont commencé à durcir les contrôles, notamment via la Banque d’Algérie et la Direction Générale de la Sécurité Économique. Cependant, l’éducation financière et la sensibilisation restent des leviers essentiels pour limiter les risques. Les associations de la diaspora et les fédérations d’entrepreneurs pourraient jouer un rôle clé en diffusant des alertes et en formant leurs membres aux bonnes pratiques.
À retenir pour les entrepreneurs
Les escroqueries numériques ciblent spécifiquement les paiements en ligne et les transferts de fonds, deux piliers de l’économie algérienne. Pour limiter les risques, privilégiez les plateformes régulées et exigez des preuves de légalité pour toute transaction. La vigilance est le premier rempart contre les arnaques, surtout dans un secteur en pleine expansion comme le e-commerce.
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