Le ministre de l’Agriculture explique la flambée des prix de la viande

La hausse des prix de la viande en Algérie continue de préoccuper les ménages, alors que le ministre de l’Agriculture et du Développement rural, Youcef Cherfa, a récemment apporté des éclaircissements sur les causes de cette situation. Selon Algerie360, le responsable gouvernemental a pointé du doigt plusieurs facteurs structurels et conjoncturels, tout en détaillant les mesures envisagées pour atténuer la pression sur le pouvoir d’achat.

Une dépendance aux importations qui pèse sur les coûts

Cette dépendance se répercute directement sur le prix de revient de la viande. Youcef Cherfa a expliqué que les éleveurs algériens, confrontés à des coûts d’alimentation en hausse, répercutent ces charges sur les prix de vente. « Un kilogramme de viande bovine coûte aujourd’hui entre 1 800 et 2 200 dinars, contre 1 200 dinars il y a deux ans », a-t-il rappelé, illustrant l’ampleur de la hausse.

Des contraintes locales qui aggravent la situation

Youcef Cherfa a également pointé du doigt les problèmes de distribution. « Les circuits de commercialisation sont souvent longs et peu transparents, ce qui favorise les intermédiaires et maintient les prix élevés », a-t-il déclaré. Les marchés informels, où une partie de la viande est écoulée sans contrôle, contribuent à cette opacité, selon lui.

Les solutions avancées par le gouvernement

Le gouvernement mise aussi sur le développement de la production locale d’aliments pour le bétail. « Nous encourageons les investissements dans les unités de transformation de sous-produits agricoles, comme les résidus de dattes ou les tourteaux de tournesol », a expliqué Youcef Cherfa. Ces initiatives visent à réduire la dépendance aux importations et à créer une filière plus résiliente.

Enfin, le ministre a évoqué la modernisation des abattoirs et l’amélioration des circuits de distribution. « Nous allons renforcer les contrôles sur les marchés et promouvoir les coopératives d’éleveurs pour court-circuiter les intermédiaires », a-t-il promis. Ces mesures s’inscrivent dans une stratégie plus large de relance du secteur agricole, présentée récemment par le président Abdelmadjid Tebboune.

Un enjeu social et économique majeur

Cependant, les défis restent immenses. Les experts estiment que la transition vers une production plus autonome prendra des années, d’autant que les investissements nécessaires sont colossaux. « Il faut des infrastructures, des formations pour les éleveurs et une meilleure organisation de la filière », souligne un analyste agricole cité par Algerie360.

Pour les consommateurs, l’attente est longue. « On ne peut plus se permettre d’acheter de la viande régulièrement », témoigne un habitant d’Alger, contacté par le site. « Même les morceaux les moins chers, comme le foie ou les abats, ont vu leurs prix doubler. »

La réponse du gouvernement sera scrutée de près, alors que la question alimentaire s’impose comme un enjeu central pour les années à venir. Entre dépendance aux importations, contraintes climatiques et défis logistiques, l’Algérie devra trouver un équilibre pour garantir à la fois la stabilité des prix et la sécurité alimentaire.

Laisser un commentaire