L’Algérie accélère ses projets dans le domaine de l’hydrogène vert, une énergie propre qui pourrait renforcer sa position sur le marché africain et européen. Selon Le Jeune Indépendant, le pays dispose d’atouts majeurs pour devenir un acteur clé de cette filière, notamment grâce à ses ressources solaires et éoliennes. Le ministre de l’Énergie, Mohamed Arkab, a récemment souligné que l’Algérie vise à produire 10 gigawatts d’hydrogène vert d’ici 2030, avec des partenariats ciblant les pays d’Afrique subsaharienne.
Des investissements massifs pour une transition énergétique
L’Algérie a lancé plusieurs initiatives pour développer l’hydrogène vert, dont un projet pilote dans la région d’Adrar, où les conditions climatiques sont idéales pour la production d’énergie solaire. Selon horizons.dz, le gouvernement a alloué des fonds importants pour la recherche et le développement, en collaboration avec des entreprises européennes et africaines. La Sonatrach, en partenariat avec des firmes allemandes et italiennes, travaille sur des infrastructures de production et de transport d’hydrogène vert vers l’Europe.
Cependant, des défis persistent. African Manager rapporte que l’Algérie et la Tunisie restent prudentes face à l’enthousiasme mondial pour l’hydrogène vert, en raison des coûts élevés de production et des incertitudes technologiques. Le ministre Arkab a insisté sur la nécessité de garantir des financements stables et des partenariats équitables pour éviter une dépendance excessive aux technologies étrangères.
Une opportunité pour l’Afrique subsaharienne
L’Algérie ne se contente pas de viser le marché européen. Elle cherche aussi à renforcer sa coopération avec les pays d’Afrique subsaharienne, où la demande en énergie propre est en forte croissance. Selon L’Algérie Aujourd’hui, des discussions sont en cours avec le Niger, le Mali et la Mauritanie pour exporter de l’hydrogène vert et développer des projets communs. Ces pays, riches en ressources solaires mais pauvres en infrastructures énergétiques, pourraient bénéficier de l’expertise algérienne en matière de transition énergétique.
Un accord a été signé récemment entre Sonatrach et la Société nigérienne de l’électricité (NIGELEC) pour étudier la faisabilité d’un projet d’hydrogène vert dans le nord du Niger. Ce partenariat s’inscrit dans le cadre de la stratégie algérienne de diversification de ses exportations énergétiques, au-delà du gaz naturel.
Des défis technologiques et économiques
Malgré ses ambitions, l’Algérie doit surmonter plusieurs obstacles. La production d’hydrogène vert nécessite des électrolyseurs performants et des infrastructures de stockage, des technologies encore coûteuses. Selon Leconomiste Maghrebin, le pays mise sur des partenariats avec des entreprises spécialisées pour acquérir ces compétences. La Sonatrach a d’ailleurs annoncé un appel d’offres pour la construction d’une usine pilote d’hydrogène vert dans le sud du pays.
Un autre défi est la compétitivité de l’hydrogène vert face aux énergies fossiles. Les prix actuels de l’hydrogène vert restent élevés, mais les experts estiment qu’ils pourraient baisser d’ici 2030 grâce aux progrès technologiques et aux économies d’échelle. L’Algérie compte sur ses ressources naturelles et sa position géographique pour réduire ces coûts et attirer des investisseurs.
Une stratégie alignée sur les objectifs climatiques
L’Algérie a réaffirmé son engagement en faveur de la transition énergétique lors de la 28e édition de la Journée de l’énergie, organisée en avril 2024. Selon horizons.dz, les autorités ont plaidé pour un modèle énergétique à 50 % renouvelable d’ici 2035, avec l’hydrogène vert comme pilier. Ce plan s’inscrit dans le cadre des accords internationaux sur le climat, auxquels l’Algérie a adhéré.
Le pays mise également sur l’exportation d’hydrogène vert pour diversifier son économie, trop dépendante des hydrocarbures. Selon El Watan, cette stratégie pourrait générer des milliards de dollars de revenus supplémentaires et créer des milliers d’emplois dans les secteurs des énergies renouvelables et de l’ingénierie.
Des perspectives pour l’Algérie et l’Afrique
L’hydrogène vert représente une opportunité majeure pour l’Algérie, tant sur le plan économique que géopolitique. En devenant un fournisseur clé de cette énergie propre, le pays pourrait renforcer son influence en Afrique et en Europe. Les projets en cours avec les pays subsahariens montrent que l’Algérie entend jouer un rôle central dans la transition énergétique du continent.
Cependant, le succès de cette stratégie dépendra de la capacité du pays à attirer des investissements, à maîtriser les technologies et à garantir des prix compétitifs. Si ces conditions sont remplies, l’hydrogène vert pourrait bien devenir le nouveau pilier de l’économie algérienne.