L’Algérie maintient l’hydroxychloroquine malgré les controverses

L’Algérie persiste dans l’utilisation de l’hydroxychloroquine comme traitement contre le Covid-19, malgré les débats internationaux sur son efficacité et ses risques. Selon Le Monde.fr, les autorités sanitaires algériennes n’envisagent pas d’abandonner ce médicament, largement prescrit dans le pays depuis le début de la pandémie. Cette position s’appuie sur des protocoles nationaux et des observations cliniques locales, bien que les études mondiales aient remis en cause son utilité.

Un traitement ancré dans la stratégie sanitaire

Le professeur Ryad Mahyaoui, membre du Comité scientifique, a défendu cette approche lors d’une conférence de presse récente. Il a souligné que les résultats observés en Algérie différaient de ceux des essais cliniques internationaux, comme l’étude britannique Recovery ou l’essai français Discovery. « Nos données montrent une amélioration chez les patients traités précocement, avec une diminution des formes graves », a-t-il déclaré. Ces observations, bien que non publiées dans des revues scientifiques à comité de lecture, ont convaincu les autorités de maintenir le traitement.

Des divergences avec la communauté scientifique internationale

Pourtant, l’Algérie n’a pas suivi cette tendance. Le professeur Mahyaoui a critiqué la méthodologie de certaines études, estimant qu’elles ne reflétaient pas les réalités locales. « Les protocoles occidentaux ne tiennent pas compte des spécificités épidémiologiques de notre population, comme les comorbidités ou l’accès aux soins », a-t-il argumenté. Cette défiance envers les données internationales s’inscrit dans une tradition de méfiance vis-à-vis des recommandations extérieures, perçues comme parfois déconnectées des contextes africains.

Enjeux économiques et logistiques

Le ministère de la Santé a également mis en avant la simplicité d’administration de l’hydroxychloroquine, qui peut être prise par voie orale, contrairement à d’autres traitements nécessitant une hospitalisation. Dans un pays où les capacités hospitalières sont inégalement réparties, cette facilité d’accès constitue un argument de poids. « Nous ne pouvons pas nous permettre de priver les patients d’un traitement accessible, surtout dans les régions éloignées », a expliqué une source au sein du ministère.

Une stratégie sous surveillance

Le Comité scientifique algérien a toutefois annoncé qu’il réévaluerait régulièrement son protocole en fonction des nouvelles données. Une étude nationale, menée en collaboration avec l’Institut Pasteur, est en cours pour évaluer l’impact réel de l’hydroxychloroquine sur la mortalité et les hospitalisations. Ses résultats, attendus d’ici la fin de l’année, pourraient influencer la position du pays.

Un débat qui dépasse la science

Cette adhésion populaire complique toute remise en question. « Les patients demandent souvent ce traitement, convaincus de son efficacité », explique un médecin généraliste de Blida. Changer de stratégie pourrait donc être perçu comme un aveu d’échec ou une soumission aux pressions étrangères, un risque que les autorités semblent peu enclines à prendre.

Vers une approche plus nuancée ?

Cette approche hybride illustre la difficulté de concilier les réalités locales avec les standards internationaux. Pour l’Algérie, le défi consiste à trouver un équilibre entre l’urgence sanitaire, les contraintes économiques et les attentes d’une population habituée à ce traitement. Dans un contexte où les certitudes scientifiques évoluent rapidement, la prudence semble primer sur les dogmes, qu’ils viennent de l’intérieur ou de l’extérieur.

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