L’Algérie lance le traitement des déchets amiantés

L’Algérie a engagé récemment une opération de grande envergure pour traiter les déchets amiantés, un problème environnemental et sanitaire longtemps négligé. Selon El Moudjahid, les autorités ont initié un processus de gestion et d’élimination de ces matériaux dangereux, présents dans de nombreux bâtiments publics et privés construits avant l’interdiction de l’amiante en 2006. Cette initiative marque un tournant dans la politique environnementale du pays, où les risques liés à l’amiante restent mal maîtrisés.

Un héritage toxique à éliminer

Le ministère de l’Environnement et des Énergies renouvelables a annoncé la mise en place d’un plan national pour identifier, collecter et traiter ces déchets. Des centres spécialisés, comme celui de Boumerdès, sont en cours d’aménagement pour recevoir et neutraliser ces matériaux. « Nous travaillons en collaboration avec les wilayas pour recenser les sites contaminés et organiser des campagnes de désamiantage », a déclaré un responsable du ministère à l’APS.

Des défis logistiques et financiers

Pour pallier ces lacunes, le gouvernement a sollicité l’appui d’experts internationaux. Des partenariats avec des entreprises européennes spécialisées, comme la française Inertam ou la belge Eternit, sont en discussion. « L’objectif est de transférer les technologies nécessaires pour que l’Algérie puisse gérer elle-même ces déchets à long terme », explique un cadre de l’Agence nationale des déchets (AND).

Une réglementation à renforcer

Le ministère de l’Environnement travaille sur un projet de décret pour renforcer les obligations des entreprises et des collectivités locales. « Il faut imposer des normes strictes pour le transport, le stockage et le traitement de ces déchets, sous peine de sanctions lourdes », souligne un juriste spécialisé dans le droit de l’environnement, cité par TSA.

Des risques sanitaires sous-estimés

Les syndicats du secteur, comme l’Union générale des travailleurs algériens (UGTA), réclament des mesures urgentes pour protéger les ouvriers. « Beaucoup de nos membres ignorent les dangers de l’amiante et travaillent sans équipement de protection », déplore un responsable syndical. Le ministère du Travail a annoncé la mise en place de formations obligatoires pour les entreprises manipulant des matériaux amiantés.

Vers une solution durable

Des projets pilotes sont déjà en cours dans plusieurs wilayas. À Oran, une opération de désamiantage a été menée dans un ancien complexe industriel, avec l’appui d’experts espagnols. « Cette expérience servira de modèle pour les autres régions », assure un responsable de la wilaya d’Oran.

Un enjeu régional

La Banque mondiale a déjà exprimé son intérêt pour soutenir des projets environnementaux dans la région, à condition que les pays concernés présentent des plans concrets et transparents. « L’Algérie a une opportunité unique de devenir un leader régional dans la gestion des déchets dangereux », estime un expert de la Banque mondiale.

Un pas vers une économie circulaire

Cette approche pourrait générer des emplois et réduire la dépendance aux importations de matériaux de construction. Des entreprises algériennes, comme Cosider, ont déjà manifesté leur intérêt pour développer des filières de recyclage.

Les citoyens appelés à jouer un rôle

Des campagnes de sensibilisation sont également prévues dans les médias et les écoles pour informer la population sur les dangers de l’amiante et les bonnes pratiques à adopter. « Il est crucial que les Algériens comprennent que l’amiante n’est pas un problème du passé, mais une menace actuelle », souligne un médecin du CHU de Constantine.

Un défi de longue haleine

Pour les Algériens, cette initiative représente un espoir de voir enfin disparaître un héritage toxique qui pèse sur leur santé et leur environnement. Reste à savoir si les promesses seront suivies d’actions concrètes et durables.

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