Cette semaine, l’Algérie a été écartée des tractations internationales visant à résoudre la crise libyenne, au profit du Maroc. Selon Le360, Rabat a pris les « avant-postes » des discussions, tandis qu’Alger se retrouve marginalisée dans un dossier qu’elle considère comme stratégique pour sa sécurité nationale. Ce revirement intervient après des mois d’efforts diplomatiques algériens pour s’imposer comme médiateur crédible entre les factions libyennes.
Une diplomatie algérienne en retrait
Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Attaf, a réagi en déclarant que l’Algérie « continuera à œuvrer pour la paix en Libye », sans pour autant préciser comment. Une position qui contraste avec l’activisme marocain, illustré par la récente rencontre entre le chef du gouvernement libyen Abdul Hamid Dbeibah et des responsables marocains à Rabat.
Le Maroc capitalise sur les divisions régionales
Cette dynamique a été renforcée par le soutien discret de la France et des États-Unis, qui voient dans le Maroc un partenaire plus stable et moins idéologique qu’Alger. « L’Algérie est perçue comme trop alignée sur la Turquie et le Qatar, ce qui complique son rôle de médiateur », explique un analyste cité par Yabiladi.com. En décembre 2024, l’armée algérienne a pourtant tenté de réaffirmer son influence en organisant une rencontre à Tripoli avec des représentants du Front Polisario, un geste interprété comme une réponse à la montée en puissance de Rabat.
Les conséquences pour Alger
Pour tenter de reprendre l’initiative, l’Algérie mise sur deux leviers. Le premier est son rôle au sein de l’Union africaine, où elle a récemment obtenu la présidence du Comité des chefs d’État sur la Libye. Le second est son partenariat avec la Russie, qui pourrait servir de contrepoids aux influences occidentales et émiraties. Cependant, ces efforts restent fragiles face à la dynamique marocaine.
Une rivalité qui dépasse la Libye
Cette rivalité risque de s’aggraver si l’Algérie ne parvient pas à retrouver une place centrale dans les négociations libyennes. Pour l’instant, les signes d’une reprise en main sont minces. Les prochains mois seront décisifs, notamment avec la tenue prévue d’élections en Libye, où le rôle des médiateurs internationaux sera crucial. Sans une stratégie claire, Alger pourrait voir son influence régionale s’éroder durablement.