Cette semaine, l’Algérie a pris la tête du tourisme au Maghreb, selon une analyse publiée par le média panafricain Afrik. L’étude, relayée par des experts du secteur voyage, place le pays devant le Maroc et la Tunisie en termes d’attractivité et de fréquentation touristique. Une performance qui marque un tournant pour un secteur longtemps considéré comme en retrait face à ses voisins.
Un classement qui surprend les observateurs
Les experts cités par Afrik attribuent cette progression à plusieurs facteurs. D’abord, la stabilité politique et sécuritaire du pays, renforcée depuis l’élection du président Abdelmadjid Tebboune en 2019. Ensuite, les efforts du ministère du Tourisme et de l’Artisanat, dirigé par Yacine Walid, pour moderniser l’offre et faciliter l’obtention des visas. Enfin, la diversification des destinations algériennes, avec une montée en puissance des sites sahariens et des villes côtières comme Béjaïa ou Skikda.
Le Sahara algérien, nouvel eldorado touristique
Djanet, en particulier, est devenue une destination prisée en hiver, comme le rapportait Visas & Voyages Algérie en décembre 2021. La ville, classée au patrimoine mondial de l’UNESCO pour ses gravures rupestres du Tassili n’Ajjer, a vu son nombre de touristes étrangers doubler entre 2022 et 2024. Les agences locales proposent désormais des circuits combinant randonnées chamelières, visites archéologiques et nuits en bivouac sous les étoiles.
Une infrastructure hôtelière en pleine expansion
Le gouvernement algérien a par ailleurs lancé un plan de rénovation des hôtels publics, gérés par l’Entreprise Nationale de Gestion Touristique (ENGTO). Plusieurs unités, comme l’hôtel El Aurassi à Alger ou le Cirta à Constantine, ont bénéficié de travaux pour améliorer leur confort et leur connectivité. Ces efforts s’accompagnent d’une campagne de promotion à l’étranger, avec la participation de l’Office National du Tourisme Algérien (ONTA) à des salons internationaux comme l’ITB Berlin ou le World Travel Market de Londres.
Des défis persistants
Autre point faible : la formation des professionnels du tourisme. Les écoles hôtelières algériennes, comme l’Institut National de Formation en Hôtellerie et Tourisme (INFHT) d’Alger, peinent à répondre à la demande croissante en personnel qualifié. Les agences de voyage locales manquent souvent d’expertise pour organiser des circuits haut de gamme, ce qui limite l’attractivité du pays pour une clientèle exigeante.
Une dynamique à confirmer
Enfin, le ministère du Tourisme travaille sur un projet de « passeport culturel », qui permettrait aux visiteurs de bénéficier d’un accès privilégié aux sites historiques et aux événements culturels. Une initiative qui s’inscrit dans la stratégie de diversification économique du pays, où le tourisme est désormais considéré comme un secteur prioritaire.
Si cette tendance se confirme, l’Algérie pourrait bien devenir, d’ici 2030, la première destination touristique du Maghreb. Une perspective qui dépendra de la capacité du pays à maintenir ses efforts en matière d’infrastructures, de sécurité et de promotion internationale.