L’Algérie et le Mali ont annoncé récemment leur intention de créer une zone franche commune, une première dans la région sahélienne. Selon Bamada.net, cette initiative s’inscrit dans une stratégie plus large de développement économique et de diversification des partenariats commerciaux de l’Algérie au-delà de ses frontières traditionnelles. Le projet, encore en phase d’étude, vise à faciliter les échanges entre les deux pays en supprimant les barrières douanières et en offrant des incitations fiscales aux entreprises qui s’y installeront.
Un levier pour les exportateurs algériens
Le ministre du Commerce, Tayeb Zitouni, a souligné lors d’une récente intervention que cette initiative s’accompagnerait d’investissements dans les infrastructures logistiques. L’Algérie prévoit notamment d’améliorer les axes routiers reliant Tamanrasset à Gao, au Mali, et de moderniser les postes frontaliers pour fluidifier les échanges. Ces infrastructures pourraient réduire les coûts de transport, un frein majeur pour les PME algériennes souhaitant exporter vers l’Afrique.
Opportunités pour les investisseurs et la diaspora
La diaspora, qui représente un potentiel financier estimé à plus de 2 milliards de dollars par an en transferts, pourrait jouer un rôle clé dans ce projet. Des mécanismes de financement participatif ou de partenariats public-privé (PPP) sont envisagés pour encourager les entrepreneurs de la diaspora à s’impliquer. « C’est une occasion pour les Algériens de l’étranger de contribuer au développement du pays tout en diversifiant leurs investissements », explique un économiste algérien basé à Paris.
Risques et défis à anticiper
Un autre défi concerne la main-d’œuvre. La zone franche nécessitera une main-d’œuvre qualifiée, notamment dans les secteurs de la construction, de l’agroalimentaire et des services. L’Algérie devra former des travailleurs locaux ou attirer des compétences maliennes, ce qui pourrait nécessiter des accords bilatéraux sur la mobilité professionnelle.
Un signal pour l’intégration africaine
Le projet s’aligne également sur les objectifs de la Zone de libre-échange continentale africaine (ZLECAf), dont l’Algérie est signataire. En facilitant les échanges intra-africains, cette zone franche pourrait contribuer à la réalisation des ambitions de la ZLECAf, qui vise à augmenter le commerce intra-africain de 52 % d’ici 2025.
À retenir pour les entrepreneurs
La création d’une zone franche algéro-malienne ouvre des opportunités pour les exportateurs algériens et les investisseurs de la diaspora. Les secteurs porteurs incluent l’agroalimentaire, les matériaux de construction et les services logistiques. Les entreprises intéressées devront surveiller les annonces officielles sur les incitations fiscales et les garanties juridiques avant de s’engager.
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