La Bourse des valeurs mobilières d’Alger (BVMA) cherche à redynamiser ses activités après une période de ralentissement marqué. Selon horizons.dz, les autorités financières et les acteurs du marché multiplient les initiatives pour attirer de nouveaux investisseurs et élargir la base des entreprises cotées. Cette relance s’inscrit dans une stratégie plus large de modernisation du secteur financier algérien, alors que le pays mise sur la diversification économique pour réduire sa dépendance aux hydrocarbures.
Un marché en quête de liquidités
Pour inverser cette tendance, la Commission d’organisation et de surveillance des opérations de bourse (COSOB) a récemment annoncé des mesures visant à simplifier les procédures d’introduction en bourse. Parmi elles, une réduction des coûts d’entrée pour les petites et moyennes entreprises (PME) et une accélération des délais d’approbation des dossiers. Ces ajustements s’accompagnent d’une campagne de sensibilisation auprès des entreprises publiques et privées, souvent réticentes à ouvrir leur capital.
Des secteurs clés en ligne de mire
Le secteur bancaire, bien que peu représenté en bourse, suscite également un intérêt croissant. La Banque extérieure d’Algérie (BEA) et la Banque nationale d’Algérie (BNA) figurent parmi les candidats potentiels à une introduction, selon des sources proches du dossier. Leur cotation pourrait apporter une bouffée d’oxygène au marché, en attirant des investisseurs institutionnels et en renforçant la transparence financière.
Les défis structurels persistent
Un autre défi est réglementaire. Le cadre juridique actuel, bien que modernisé en 2020, reste complexe pour les entreprises souhaitant se coter. Les exigences en matière de transparence financière et de gouvernance dissuadent certaines sociétés, notamment les PME, qui craignent une perte de contrôle ou des coûts de conformité trop élevés. La COSOB travaille actuellement à un assouplissement de ces règles, mais les progrès sont lents.
Enfin, la concurrence des marchés régionaux, comme ceux de Casablanca ou de Tunis, limite l’attractivité de la BVMA. Ces places financières, plus liquides et mieux régulées, attirent une partie des capitaux algériens, notamment ceux des investisseurs institutionnels. Pour contrer cette fuite, les autorités algériennes misent sur l’intégration progressive du marché local dans des réseaux régionaux, comme la Bourse des valeurs mobilières d’Afrique du Nord (BVMA-N).
Des signaux encourageants
Par ailleurs, le gouvernement a lancé un plan de privatisation partielle de certaines entreprises publiques, qui pourraient être introduites en bourse. Parmi les candidates figurent des sociétés comme Air Algérie ou Algérie Télécom, dont la cotation pourrait dynamiser le marché. Ces opérations s’inscrivent dans le cadre de la loi de finances 2023, qui prévoit une ouverture accrue du capital des entreprises publiques pour attirer des investissements privés.
Un enjeu économique national
De plus, une bourse plus active contribuerait à améliorer la gouvernance des entreprises, en les soumettant aux exigences de transparence et de performance propres aux marchés financiers. Cela pourrait, à terme, renforcer la confiance des investisseurs internationaux et attirer des capitaux étrangers, essentiels pour le développement des infrastructures et des secteurs innovants.
Pour y parvenir, les autorités devront accélérer les réformes structurelles, notamment en simplifiant les procédures d’introduction en bourse et en renforçant l’éducation financière des particuliers. La réussite de cette relance dépendra aussi de la capacité des entreprises algériennes à s’adapter aux standards internationaux, tout en préservant leur ancrage local. Dans un contexte économique marqué par l’incertitude, la BVMA a l’opportunité de devenir un levier de croissance, à condition de surmonter ses défis actuels.